Madeleine Vionnet et Sophia Kokosalaki

Dans ses collections, la créatrice Sophia Kokosalaki fait sans cesse référence à ses origines. Née à Athènes en 1972, elle grandit dans un univers riche d'histoire et de mythologie, qu'elle continue d'alimenter avec voracité.
Sophia Kokosalaki

Après avoir étudié la littérature à l'université d'Athènes, Sophia Kokosalaki suit des cours à la Central Saint Martins, dont elle sort en 1998.

Depuis, elle puise son inspiration dans toutes sortes de choses, de la culture de la Crète antique aux robes vaporeuses en soie que portait Barbara Streisand pendant ses vacances à Mykonos dans les années 70.

Maîtrisant parfaitement les tissus, Sophia Kokosalaki démontre un talent artisanal authentique qui apparaît de façon évidente dans son travail, une passion qui lui vient de sa grand-mère, surdouée du macramé.

Sophia Kokosalaki

Aujourd'hui Sophia Kokosalaki utilise un large éventail de techniques anciennes telle que les appliqués, les nervures, les ganses, les tresses, les ruchés et les patchwork pour embellir toute sortes de tissus, notamment son cuir et son jersey de soie si caractéristiques.

C'est en 2006 qu'elle présente pour la première fois son travail durant la semaine des défilés parisiens. Pour cette collection elle avait exploité toutes les possibilités du drapé pour un vestiaire court et fluide, hormis des bustiers nervurés d'aspect rigide.

Ils s'associaient à un short ou une jupe courte et gonflée comme un bloomer. En dépit de ses nombreuses recherches et de son grand savoir-faire, la créatrice réussit tout de même à conférer une extrême simplicité à ses créations en travaillant par intuition.

Sophia Kokosalaki

Ses robes sont si belles, si légères qu'elles en paraîtraient presque perverses : mais Sophia Kokosalaki cherche simplement à créer des vêtements expressifs. En 2004, c'est elle qui s'occupe de la création des costumes pour l'ouverture des JO et notamment de la robe portée par la chanteuse Björk.

Jouant sur les contrastes entre ombre et lumière, féminin masculin, elle a travaillé comme styliste pour Ruffo Research et en tant que consultante pour Fendi.

En 2002, elle a dessiné une ligne pour Topshop. Pour le défilé Eté 2007 à Paris, toute la presse anglo-saxone était présente, en dépit de la pièce exigu où s'est déroulé le show, chacun voulait y assister.

Sophia Kokosalaki

On peut ainsi mesurer la côte exponentielle d'amour de la créatrice grecque basée à Londres. A l'avant-garde de la mode britannique, elle a été la première créatrice a bénéficier d'une bourse de 10 000 livres de la Britain's Arts Foundation.

La grande actualité de la créatrice est la reprise de la direction artistique de la maison de couture de Madeleine Vionnet, qui n'avait plus de section style depuis 1939, date où Madame Vionnet avait présenté sa dernière collection.

Qui de mieux placée que Sophia Kokosalaki, spécialisée dans les drapés et autres plissages, pour reprendre le flambeau de cette griffe qui s'était illustrée pour les même techniques savamment maîtrisées ?

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Par Lise Huret, le 03 mars 2007 dans Marques & Créateurs
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6 commentaires
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SophieIl y a 9 ans
Personne ne pouvait mieux comprendre Madeleine Vionnet, j'en suis la plus heureuse.En mars 2006 j'ai publié "Madeleine Vionnet, créatrice de mode". A travers ce livre je souhaitais ravivée sa mémoire en terre jurassienne, elle était complètement oubliée. Vous comprendrez que je suis d'autant plus ravie de constater la réussite de Sophia Kokosakis, son travail est à l'exemple de Vionnet, plein de souplesse, simplicité, mise en beauté du corps,on retrouve cette sensation unique d'harmonie.
chacune de notre côté nous avons à l'esprit de faire renaître Madeleine Vionnet
Merci Sophia !
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preso1Il y a 8 ans
kokosalaki ne fait pas la mode homme? c'est une marque que jaime bcq.
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CelineIl y a 7 ans
Je trouve ca trop dommage que Sophia Kokosalaki ne travaille plus pour la griffe Madeleine Vionnet. Je pense que c'était la chance qu'avait cette maison de revenir sur le devant de la scène. Heureusement, Sophia Kokosalaki continue sa propre griffe, et j'aime toujours autant les mini robes drappées qu'on y trouve.
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PietriIl y a 7 ans
Je suis d'accord avec le commentaire précédent : Sofia Kokosalaki, avec le talent qu'elle a, a la capacité de booster n'importe quelle griffe ! Je comprends vraiment pas pourquoi ca n'a pas marché avec Vionnet. Il doit avoir la dessous des histoires de gros sous, dont le public n'a pas pu entendre parler.

C'est dommage, ca nous prive de pouvoir plus souvent admirer le travail de cette fille...
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LucioleIl y a 6 ans
Je pense que nous somme nombreux à regretter Sophia Kokosalaki chez Madeleine Vionnet, depuis qu'elle est partie c'est un peu n'importe quoi, il faut bien l'avouer : des designers se succèdent, des collections sans queue ni tête, un rachat dont on ne sait pas trop les conséquences...

Bon sinon à part ca j'ai été voir l'expo Madeleine Vionnet à Paris, et je n'ai pas été décu... je la conseille à tout le monde !
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charlotteIl y a 6 ans
J'ai été visiter l'exposition que les Arts Décoratifs consacraient à Madeleine Vionnet. C'était très instructif : J'ai découvert ses robes drapées, plissées et j'ai mieux compris pourquoi on la cite si souvent comme l'une des couturiers les plus importants du 20 ème siècle.
Par contre c'est dommage que Sophia Kokosalaki ne soit plus directrice artistique de cette maison, le travail qu'elle y faisait respectait à mon avis très bien le style de Madeleine Vionnet et lui donnait un aspect moderne..
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