Jean-Charles de Castelbajac

Depuis 1968, le couturier diffuse ses idées pop et pleines d'humour sur la scène de la mode. 40 ans donc, d'existence et de créations « chocs », Jean-Charles de Castelbajac aime surprendre et abolir les frontières entre Art et Mode. D'où les robes sacs confiées aux pinceaux de différents artistes contemporains, les manteaux couvertures en référence à Beuys et les blousons nounours … Les influences se télescopent et créent un style tout en technicolor... Ça méritait bien une expo, non ?
Jean-Charles de Castelbajac

Les deux grandes sources d'inspirations de Mr de Castelbajac sont l'enfance et l'art. L'enfance : Il recherche sans cesse à faire revivre le monde de l'enfance qu'il a quitté trop vite. En effet, son père décède lors de la quinzième année du jeune garçon, ce qui le projette directement dans le mode des adultes. Il part de Casablanca avec sa mère et s'installe à Paris.

L'art : Ses premiers amours sont tournées vers le monde de l'art pur, c'est pourquoi il entre aux Beaux Arts à 16 ans. Dès lors, les bases sont posées. Il ne fera jamais rien comme tout le monde et sera à l'origine de la mode décompartimentée, celle qui permet aux créateurs de s'exprimer dans tous les domaines, design, déco, et aussi mode.

Les années 70 sont riches d'artistes accessibles, de personnages à part entière décidés à faire bouger les choses et à jouer avec la société de consommation, en détournant ses codes... Il fréquente Keith Haring, Malcom McLaren, les Sex Pistols et Andy Warhol... Des rencontres, des amitiés qui ne cesseront de le nourrir et d'alimenter son oeuvre. En 1972, il rejoint le groupe « des créateurs et industriels »

Jean-Charles de Castelbajac

Créatif, il l'est depuis son adolescence : tout le monde connaît la fameuse anecdote du manteau coupé dans la couverture du pensionnat. Ce qui lui restera de cette expérience, qui l'a d'ailleurs rendu célèbre, c'est cet amour du détournement. Il aime tailler des vêtements dans des matières inattendues : velcro, serpillières, tout y passe !

Au-delà de ce recyclage intensif de textiles insolites, sa marque de fabrique est vraiment reconnaissable à ce regard candide et frais qu'il pose sur les femmes et qui le fait les habiller de couleurs, de cartoons et de nounours ! En 1978, il crée sa propre marque, et devient membre de la chambre syndicale de couture. S'en suivent des années fastes, où il est demandé partout pour enseigner dans les grandes écoles de mode, pour des expositions à New York ou à Londres.

Il crée même pour le Pape Jean Paul II et 5000 prêtres, à l'occasion des JMJ de 1997, une nouvelle version de l'étole liturgique. Jean-Charles de Castelbajac, est transversal, il va d'une rubrique à une autre sans aucun problème et même avec brio.

Jean-Charles de Castelbajac

La preuve en 2000, année où cohabitent un défilé happening dans le métro, une présentation intimiste de modèles dans les murs de la société et son premier défilé Haute Couture... Il lui fallait un lieu qui puisse contenir ses idées et présenter son univers, c'est pourquoi il crée plusieurs boutiques dans Paris, des concepts store où seul l'air du temps décide de la sélection des articles à la vente...

En 2001, il recoit le Prix du Design, et en 2004, le groupe anglais Marchpole, lui apporte son soutien financier. « Marchpole est devenu actionnaire majoritaire de la maison et je suis moi-même entré dans le capital du groupe. « Castelbajac » fait maintenant partie d'un groupe de dimension internationale.

C'est une renaissance... » dixit le créateur. En 2006, parallèlement à cet univers de haute couture et de luxe urban street, il se lance dans des créations pour la maison, des accessoires et des parfums. Le Victoria & Albert Museum de Londres lui a consacré une rétrospective ? car il est désormais reconnu à l'échelle internationale en tant qu'artiste.

Jean-Charles de Castelbajac

Désormais, Castelbajac loin de s'asseoir sur ses lauriers a encore une multitude de projets et d'envies... « je dois encore peaufiner les concepts, travailler les détails, les surpiqûres. Je recherche aussi l'accessible.

Si je pouvais retravailler avec Keith Haring, je n'opterais plus pour un modèle unique, je ferais plutôt 10 000 tee-shirts. Aujourd'hui, j'aime propager, j'aime créer pour le système global, je ne veux plus être dans la résistance. » On s'attend donc encore à de belles surprises de sa part... En attendant, rendez-vous au musée Galliera, où il nous invite dans son univers jusqu'au 29 juillet.

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Par Lise Huret, le 07 avril 2007 dans Marques & Créateurs
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8 commentaires
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AnnieIl y a 7 ans
J'ai l'impression que Castelbajac est plus un artiste qu'un couturier. En effet, lorsque l'on rentre dans une de ses boutiques, la déco, les meubles et les gadgets sont limites plus présents que sa ligne de prêt à porter.

Il suffit d'ailleurs de regarder un de ses défilés pour comprendre que le créateur est bien plus dans le show version streetwear que dans le prêt à porter pur et dur. De plus, habitant sur Paris et fréquentant le milieu de la mode, j'ai rarement vu une fille lookée en Castelbajac. A part Yelle, mais c'est une exception...
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PruneIl y a 7 ans
Je l'ai vu dans un Jalouse où il posait en tant que père de la mariée pour une série photo, et je me dis que ce mec essaie par tous les moyens de paraître hype. Il devrait mieux essayer d'habiller plus de gens plutôt que de faire le beau gosse dans un magazine de mode !
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ZeitsuIl y a 6 ans
Ca me fait délirer, je viens de voir que le fils de Jean Charles de Castelbajac était en fait le petit ami de Dita Von Teese ! C'est drôle, ca sert vraiment d'être un "fils de", ce gars n'a a son actif qu'un père plus ou moins connu de la fashion sphère, et il a lancé une ligne de fringue, il sort avec une des filles les plus sexy de la planète et a sa tête dans les pages people de vogue...

Faudrait vraiment qu'on m'explique où se trouve le talent des Castelbajac, parce que moi, entre les défilés vraiment pourris du père et les mondanités du fils, je ne vois pas... désolé !
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leaIl y a 6 ans
Bon article, on en apprends pas mal sur ce créateur un peu particulier, c'est le moins que l'on puisse dire. A noter que j'entends beaucoup dire de lui qu'il est bien intégré dans le milieu branché parisien (comme le dis le commentaire précédent), par contre moi ca me dérange pas, franchement je pense qu'il vaut mieux passer ses soirées dans des lieux branchés plutôt que devant sa télé à regarder la ferme des célébrités... non ?
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ParadizzzIl y a 6 ans
"Faudrait vraiment qu'on m'explique où se trouve le talent des Castelbajac, parce que moi, entre les défilés vraiment pourris du père et les mondanités du fils, je ne vois pas... désolé "

Et qu'est-ce que le talent selon toi Öh méconnue de tout le monde?
C'est un artiste qui ose, détourne (ex: vetements en serpillères et couvertures), utilise les icones et signes qui nous entourent et justement quelqu'un de très ouvert à de nombreux domaines (mode, déco, design,vaisselle,parfum, nombreuses manifestations publiques...)
il veut une mode accessible pour tous, une mode décomplexée pleine d'humour et de couleurs. Et justement il a ce talent de mettre sur podium à côté des créateurs "couture" une nouvelle vague, un nouvel apercu de ce que peut être la mode pas quelque chose de fixe et défini comme tu le sous entend.
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Anne-soph'Il y a 5 ans
Complètement d'accord avec Paradizzz. Jean-Charles de Castelbajac propose une mode pleine d'humour, qui ne se prend pas au sérieux et bourrée de référence à la pop-culture ( hello Kitty, Warhol etc ).
Il faut être aigri pour ne pas au moins reconnaitre qu'il a du talent. Après on aime ou pas. Mais c'est un gars qui reste jeune, qui ne s'endort pas sur ses lauriers, qui ose !


Bon ok son couple avec Mareva Galanter c'est de la com', Jean-Charles de Castelbajac est connu pour aimer les femmes et ne s'en cache pas ( j'ai une copine journaliste qui a fait l'objet de bcp de solicitations de sa part et je pense qu'elle ne doit pas être la seule ) . Mais ca doit leur convenir à tout les deux vu qu'ils continuent à s'afficher ensemble.
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carolineIl y a 4 ans
moi, je ne vois qu une chose, j ai achete d occasion la mini jupe donald que j aime a la folie
a ce jour la derniere meilleure offre que j ai eu d une inconnue etait de 500 euro , et je ne pourrai jamais m en separer , elle et moi ne faisons qu un , et ca c est la plus belle recompense qu un createur puisse obtenir.faire rever et aimer.pour info je l ai paye 60 euro..
depuis ce jour j ai une passion pour les creations de cet etre humain
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MélusineIl y a 4 ans
Je viens d'aller au musée des tissus de Lyon voir une expo consacré à la vierge Marie vue par les créateurs. Jean-Charles de Castelbajac lui a fait une tenue canon, un look camouflage avec des écailles de serpent : il fallait oser. Mais comme souvent avec Jean-Charles de Castelbajac c'est réussi et audacieux !
Si vous passez sur Lyon allez-y ca vaut le coup !
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