Mode

sam 7 avr 2007

Jean-Charles de Castelbajac

07 04 2007

Depuis 1968, le couturier diffuse ses idées pop et pleines d’humour sur la scène de la mode. 40 ans donc, d’existence et de créations « chocs », Jean-Charles de Castelbajac aime surprendre et abolir les frontières entre Art et Mode. D’où les robes sacs confiées aux pinceaux de différents artistes contemporains, les manteaux couvertures en référence à Beuys et les blousons nounours … Les influences se télescopent et créent un style tout en technicolor... Ça méritait bien une expo, non ?

Castelbajac

Les deux grandes sources d’inspirations de Mr de Castelbajac sont l’enfance et l’art.

L’enfance : Il recherche sans cesse à faire revivre le monde de l’enfance qu’il a quitté trop vite. En effet, son père décède lors de la quinzième année du jeune garçon, ce qui le projette directement dans le mode des adultes. Il part de Casablanca avec sa mère et s’installe à Paris.

L’art : Ses premiers amours sont tournées vers le monde de l’art pur, c’est pourquoi il entre aux Beaux Arts à 16 ans. Dès lors, les bases sont posées. Il ne fera jamais rien comme tout le monde et sera à l’origine de la mode décompartimentée, celle qui permet aux créateurs de s’exprimer dans tous les domaines, design, déco, et aussi mode.

Castelbajac

Les années 70 sont riches d’artistes accessibles, de personnages à part entière décidés à faire bouger les choses et à jouer avec la société de consommation, en détournant ses codes… Il fréquente Keith Haring, Malcom McLaren, les Sex Pistols et Andy Warhol… Des rencontres, des amitiés qui ne cesseront de le nourrir et d’alimenter son oeuvre. En 1972, il rejoint le groupe « des créateurs et industriels »

Créatif, il l'est depuis son adolescence : tout le monde connaît la fameuse anecdote du manteau coupé dans la couverture du pensionnat. Ce qui lui restera de cette expérience, qui l’a d’ailleurs rendu célèbre, c’est cet amour du détournement. Il aime tailler des vêtements dans des matières inattendues : velcro, serpillières, tout y passe !

Au-delà de ce recyclage intensif de textiles insolites, sa marque de fabrique est vraiment reconnaissable à ce regard candide et frais qu’il pose sur les femmes et qui le fait les habiller de couleurs, de cartoons et de nounours !

Castelbajac

En 1978, il crée sa propre marque, et devient membre de la chambre syndicale de couture. S’en suivent des années fastes, où il est demandé partout pour enseigner dans les grandes écoles de mode, pour des expositions à New York ou à Londres.

Il crée même pour le Pape Jean Paul II et 5000 prêtres, à l’occasion des JMJ de 1997, une nouvelle version de l’étole liturgique. Jean-Charles de Castelbajac, est transversal, il va d’une rubrique à une autre sans aucun problème et même avec brio.

La preuve en 2000, année où cohabitent un défilé happening dans le métro, une présentation intimiste de modèles dans les murs de la société et son premier défilé Haute Couture… Il lui fallait un lieu qui puisse contenir ses idées et présenter son univers, c’est pourquoi il crée plusieurs boutiques dans Paris, des concepts store où seul l’air du temps décide de la sélection des articles à la vente…

Castelbajac

En 2001, il recoit le Prix du Design, et en 2004, le groupe anglais Marchpole, lui apporte son soutien financier. « Marchpole est devenu actionnaire majoritaire de la maison et je suis moi-même entré dans le capital du groupe. « Castelbajac » fait maintenant partie d'un groupe de dimension internationale.

C'est une renaissance… » dixit le créateur. En 2006, parallèlement à cet univers de haute couture et de luxe urban street, il se lance dans des créations pour la maison, des accessoires et des parfums.

Le Victoria & Albert Museum de Londres lui a consacré une rétrospective – car il est désormais reconnu à l’échelle internationale en tant qu’artiste.

Castelbajac

Désormais, Castelbajac loin de s’asseoir sur ses lauriers a encore une multitude de projets et d’envies… « je dois encore peaufiner les concepts, travailler les détails, les surpiqûres. Je recherche aussi l'accessible.

Si je pouvais retravailler avec Keith Haring, je n'opterais plus pour un modèle unique, je ferais plutôt 10 000 tee-shirts. Aujourd'hui, j'aime propager, j'aime créer pour le système global, je ne veux plus être dans la résistance. »

On s’attend donc encore à de belles surprises de sa part… En attendant, rendez-vous au musée Galliera, où il nous invite dans son univers jusqu’au 29 juillet.

Par Coco dans Les Grands Créateurs -

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