mer 13 juin 2007
Natalia Brilli
13 06 2007Quand sautoirs, bracelets et sacs riment avec poésie et mémoires d'outre-tombe, il est difficile de passer à côté. Natalia Brilli est La créatrice qui monte. De Tokyo à New York en passant par Londres, son univers atypique peuplé de chimères a su séduire plus d’une rédactrice de mode.

Les créateurs mi-artistes mi-designers sont souvent des personnes qui ne sont pas directement liées à la mode. Ils y viennent ensuite, mais sont tout d’abord attirés par une autre forme d’art plus floue, moins connectée avec la réalité. C’est le cas de Natalia Brilli, créatrice belge de 37 ans qui s’est tout d’abord passionnée pour le théâtre et la scénographie.
Cependant, consciemment ou inconsciemment son travail a de plus en plus flirté avec la mode. En tant que scénographe (pendant 5 ans au théâtre national de Belgique), elle associe à son travail de mise en scène de nombreux créateurs, tant pour les décors que pour les costumes.
C’est à leur contact que la jeune femme découvre que son sens créatif demande à s’exprimer autrement que par le visuel éphémère des représentations. Elle reprend donc les études et intègre le temps d’une année le cycle international de création de mode à l’Institut Français de la Mode. Dès sa sortie, elle trouve une place en tant que styliste accessoires chez Rochas.
En parallèle, elle crée sa propre ligne, le talent de la jeune femme ne passe pas inaperçu et Braney’s et Maria Luisa lui passent commande. Il est rare de trouver un travail d’une telle ambivalence où s’entrecroisent avec subtilité les références littéraires quasi philosophiques et l’éloge de la coquetterie.

C’est cela qui fait la force de Natalia Brilli : une grande érudition distillée avec élégance et intelligence au fil de ses créations. On pense à Samuel Beckett et aux vanités lorsqu’on contemple ses sacs « têtes de morts », qui sont loin d’être une énième édition du genre. On retrouve Proust et l’évocation de la fuite du temps dans ces petites horloges montées en sautoirs…
Elle puise son inspiration dans les divagations de Dario Argento et dans les cabinets de curiosités. Elle sait imprimer une touche douce amère, jamais vraiment gratuite à toutes les pièces qui sortent de ses mains expertes.

La délicatesse et la perfection de ses créations les apparentent parfois plus à des sculptures miniatures plutôt qu’à des bijoux. C’est toujours en maniant avec grâce l’art de la citation qu’elle réinterprète colliers de perles et sautoirs en les gainant de cuir d’agneau.
C’est cette technique, qui est la première à s'intégrer réellement au monde l’accessoire, qui va faire la différence. Son univers acide teinté de rock, de féminité et d’élégance baroque, lui vaut le prix de l’ADAM et une généreuse bourse qui lui a permis de développer sa collection actuelle toute de cuir vêtue.
Par Coco dans Les Grands Créateurs








