Défilé Christopher Kane - Printemps-Eté 2008

Son défilé aura donc finalement eu lieu… Les mauvais plaisantins qui avaient subtilisé un tiers de sa collection, quelle que soit la raison de leur acte de vandales, n'ont pu freiner l'ascension du jeune designer écossais. Christopher Kane, loin de se complaire dans l'esthétique neo Versace de ses débuts - avec laquelle il avait subtilisé le cœur des rédactrices de mode - arpente avec conviction un chemin inédit dont il est le seul guide. Au risque d'en perdre certaines en route, Kane ne fait pas de concessions et surprend encore une fois...
Christopher Kane

Pour l'été 2008, pas de micro longueurs, de bandes velcros flashys, de pin-up sexy en diable ou de glamour jet set, Christopher Kane déjoue tous nos pronostics. Difficile de suivre ce créateur qui nous prouve par ce troisième opus que son univers est bien moins stéréotypé que l'on pouvait le supposer. D'un vestiaire A/H 2007-2008 quasiment entièrement constitué de mini-robes, Kane développe ici une autre vison de la femme : moins icône, plus trash, plus réelle, plus jeune aussi.

On note que le travail du styliste s'articule toujours autour d'un ou de deux thèmes, et suit ensuite de multiples variations. Cette saison, ce sont les volants et le motif python qu'ils l'ont inspiré. Des volants qu'il disperse de manière aléatoire, bousculant l'ordre établi d'un jupon et réinterprétant les dessous froufroutants de nos arrières grands-mères. Ces volants romantiques, déchirés ou ajourés impudiquement, perdent de leur naïveté et gagnent en intensité. Mousseline de soie, cuir, lurex, la matière est abondante, féminine et un brin rebelle. Des petites filles trash, mais toujours élégantes, c'est l'alchimie obtenue par Kane qui parvient avec des éléments extrêmement connotés et opposés (tels que le python, le jean effrangé ou le jersey de coton sporty), à créer une harmonie désarmante.

Le défilé à première vue peut dérouter - voire déplaire - mais il est à déguster, à contempler sereinement sans y chercher tendances ou autres choses à dérober instantanément pour les faire siennes. Il faut laisser décanter un minimum ces looks étranges de poupées de cire dévergondées, aux bottines anachroniques et ne pas se laisser rebuter par des détails, des coupes, des associations qui nous semblent à priori déjà vues, obsolètes ou démodées.

Car le génie de Kane se situe justement dans le détail : rien n'est redite ou surfait, chaque bout de silhouette a son importance. Une découpe arrondie, un piqué de volant... et le tout prend une allure contemporaine. Kane joue de subtilité, les volants aussi opulents soient-ils ne sont pas plus épais qu'un voile marial, la finesse de la mousseline est rappelée à l'ordre par des sweats conceptuels ou des chemisiers collés montés rigidement stricts. Pas de féminité guimauve gratuite, Kane est exigeant, précis, ambigu, il ne s'offre pas.

Il pousse la fashionistas à analyser, à pénétrer dans son univers, parfois hermétique lorsqu'il associe jean déchiré et imprimés reptiliens, parfois fascinant lorsqu'il ose aborder le romantisme classique de certaines pièces pour en extraire l'essence intemporelle, parfois désirable lorsqu'il travaille les teintes sombres les rendant séduisantes et énigmatiques. Plus londonien qu'Italien, ce défilé étoffe le personnage Christopher Kane, et nous fait désirer la suite...

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Par Lise Huret, le 18 septembre 2007 dans Défilés
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1 commentaire
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emmanuèleIl y a 8 ans
je recherche les boots en jean avec lebout en métal argent de christopher Kane.Pouvez-vous me dire ou je peux les trouver.

Merci
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