Défilés printemps été 2008 à Milan

Milan a livré sa version de la mode pour l'été 2008. Si New York se veut urbain, Londres conceptuel, Milan quant à lui est assurément glamour. Certaines des tendances aperçues durant les semaines précédentes y trouvent confirmation, d'autres y voient le jour. On notera que la ceinture est objectivement l'accessoire auquel on ne pourra échapper, que le long revient en force et que les imprimés sont des plus instinctifs.

Milan, avec son cortège de grands noms et de maisons prestigieuses, est le lieu - avec Paris - où se joue l'avenir des tendances. On ne peut nier qu'elles seront plutôt issues d'une compilation Burberry/Cavalli/Prada que Giles/Issa/Erdem... Alors le visionnage de ces shows est à prendre au sérieux si on veut avoir une vison relativement claire du paysage fashion de l'été prochain.


Comme un garçon

Défilés printemps été 2008 à Milan

Le "masculin/féminin" est une notion connue et un brin galvaudée, qui nécessitait une petite rénovation. C'est ce que Milan nous offre, en proposant une nouvelle version du concept. Elle est simple à appliquer : on pique littéralement la veste de son homme, et pour le reste on fait ultra féminin...

  • Chez Anna Molinari, c'est une large veste d'homme qui est mise à l'honneur. Epaules tombantes, coupe sévère, elle sera parfaite pour accompagner une micro jupe minimaliste. La force de ce look réside dans l'opposition entre une pièce masculine sobre et une jupe microscopique qui, grâce à cette association, troque son côté sexy pour un aspect casual neutre.
  • Chez Emporio Armani, le concept est assez proche, mais version Jet Set. Ici ce n'est pas la veste de travail, mais la veste de smoking que l'on emprunte au vestiaire de monsieur. La mini jupe est échangée contre une robe tout aussi courte, mais plus connotée soirée. La veste est traitée ici comme une tenue de gala à part entière, ultra chic mais aussi glamour en diable, elle y perd tout son sérieux et se veut sexy.
  • Max Mara voit les choses de manière un peu plus brute : c'est une veste fatiguée de banquier à la carrure trop large qui compose le nouveau look de la working girl... L'idée de l'oversize au niveau de la veste est à retenir, mais c'est le dress code qu'il faudra changer. On oublie le chemiser sage et le pantalon cigarette et on pense court : short, jupette, micro robe. Sinon on peut l'associer à un slim ou un jodhpur glissé dans des bottes de biker... On casse ainsi le côté "sortie de bureau".


Power flower

Défilés printemps été 2008 à Milan

Celle-ci on l'a vue et revue outre-Atlantique, outre-Manche et maintenant sur le continent... La tendance "fleur" sera donc bel et bien de la partie pour les chaudes journées à venir. Largement hippie, elle flirte également avec des looks plus sérieux qui la traitent en all over faussement sage.

  • Chez D&G, ce sont des Esméralda woodstockiennes qui arpentent le catwalk, traînant dans leur sillage de multiples volants liberty dessinant un patchwork oversize. Ces toilettes aux volumes translucides et printaniers esquissent une silhouette à la fois ingénue et racée, qui évite avec brio l'écueil fleur bleue d'un romantisme aseptisé.
  • Chez Etro, c'est l'esprit sari chatoyant aux motifs hindouistes qui prédomine. Les fleurs se font pétales ou agrémentent une frise bordant le bas de la robe. La soie fluide et fleurie gagne en profondeur grâce à la veste courte, rigide et d'inspiration militaire qui l'accompagne. L'extrême féminité de la robe est ainsi mise en perspective par l'introduction d'une pièce qui lui est à priori antagoniste et qui finalement la révèle.
  • Chez Moschino, on aime la façon décalée dont est abordée la robe de la gentille ménagère Américaine, même si les couleurs et le traitement de la "nature morte" font curieusement penser au défilé Marc Jacobs. On retient que les imprimés fleuris très vieillots, voire ringards, peuvent être réveillés par une coupe un brin décadente.


Belles du désert

Défilés printemps été 2008 à Milan

La djellaba semble avoir inspiré les stylistes... Prendra-t-elle ses quartiers d'été sur les pavés urbains ou restera-t-elle confinée sur les plages d'Ibiza ou de Croatie ? Seul l'avenir nous le dira, mais les propositions diverses et variées qui nous sont présentées pour cet été donnent bien envie de rendre la djellaba citadine.

  • Blumarine recycle à peine le modèle qui nous vient d'Afrique du Nord. Seules les couleurs varient de ce qu'on peut trouver sur un souk tunisien ou égyptien... Mais la simplicité de la coupe, alliée à des teintes vives un brin naïves, confère à cette djellaba une petite touche doucement fashion qui plaira aux adeptes du look casual estival.
  • Pucci par contre revisite complètement le genre et pense aux globes-trotteuses des dance floors en imaginant une longue tunique africanisante aux reflets moirés psychédéliques. Ici les tongs ont cédé la place aux escarpins. L'apparente simplicité de la coupe ne doit tromper personne, cette toilette étant à traiter comme la plus riche des fourrures ou la plus précieuse des parures, avec un chic quelque peu clinquant, mais complètement assumé.
  • C'est chez Just Cavalli que l'on trouvera la plus jolie variation de la saison concernant la djellaba : voluptueuse, aérienne et surtout customisable à souhait. Elle est à porter tel quel sur le sable, mais dès qu'elle atteindra le bitume, on glissera dessous une fine robe tube et on fera blouser au maximum la djellaba grâce à une large ceinture juste posée sur les hanches...


Expression picturale

Défilés printemps été 2008 à Milan

C'est l'une des grandes nouveautés de la saison, caractérisée par un revival tie and dye, une utilisation de la matière comme une toile de maître, une sorte de peinture sur soie fashion. Les imprimés se font quasi uniques - voir autonomes - et habillent un vêtement que l'on connaissait plus sage, plus classique au niveau de ses goûts picturaux...

  • Chez Dolce & Gabbana, on a littéralement l'impression qu'une réincarnation de Pollock s'en est donné à cœur joie sur les toilettes du soir qui semblent avoir été taguées dans le plus pur style Action Painting... Ces robes qui auraient pu être de simples redites du style foisonnant et démesuré d'un Galliano, gagnent en originalité, modernité et dynamisme grâce à cette peinture quasi instinctive qui semble avoir été réalisée sur l'instant.
  • Chez Prada, c'est une peinture sur soie à mi-chemin entre l'imagerie manga et les codes esthétiques Art Déco qui orne ensembles asiatiques et tenues japonisantes. Les lisérés noirs ourlant le vêtement - et par la même occasion l'espace d'expression - confèrent ce qu'il faut de modernité à l'ensemble, en créant avec les dessins un tout novateur et intriguant.
  • Alberta Ferretti mixe teintures tie and dye et impressions mythologiques sur des minis robes d'inspiration antiques, tout en restant contemporaines. On sent que le traitement pictural de ses vêtements permet à la créatrice de leur apporter une dimension supplémentaire qui les place au rang de pièces intemporelles, entre passé et futur.


Entre jodhpur et sarouel

Défilés printemps été 2008 à Milan

Le jodhpur fut au centre de tous les débats de la rentrée : fallait-il l'adopter ou le boycotter ? Il y avait celles qui juraient qu'elles n'y adhéreraient jamais, et celles qui laissaient la porte ouverte... Ce que l'on voit désormais dans la rue, ce sont des filles qui maîtrisent l'art du jodhpur et qui le portent loose juste comme il faut, et les autres qui s'y essaient avec plus ou moins de succès... Quant aux créateurs, ils ont décidé que l'élément "jodhpur" était désormais accepté et qu'ils pouvaient s'en servir de base pour aller vers des modèles quelque peu plus expérimentaux, mixant jodhpur et sarouel. Il n'est pas dit que cette tendance descende dans la rue...

  • Antonio Marras pousse les volumes à leurs extrêmes, de telle sorte que l'on s'y perd un peu pour identifier certains pantalons de sa collection. On y reconnaît les attributs du jodhpur élargis au niveau de la taille, l'entrejambe ultra bas du sarouel et le flouté d'une longue jupe... On a du mal à s'imaginer à l'intérieur, alors que le jodhpur nous on était plutôt pour... Alors inutile de parler de la réaction de celles qui y sont réfractaires face à un tel modèle !
  • Just Cavalli, c'est la griffe qui la saison dernière nous avait fait aimer son jodhpur rock and roll. Pour l'été, il le revisite en jaune canari... Si on l'imagine accessoirisé un peu plus soft que sur le défilé, on se dit que ce jodhpur-là a de beaux jours devant lui !
  • Giorgio Armani tente l'impossible : rendre élégant un sarouel. Il complique même l'équation en transformant ce sarouel en un sarouel bermuda. Surprise : le résultat n'est pas aussi repoussant que l'on pouvait l'imaginer. Le fait de raccourcir la jambe permet de rendre un peu plus subtile la coupe flottante dudit sarouel. Les petits nœuds qui retroussent les bords apportent ce qu'il faut de négligé chic et de désinvolture classieuse, nécessaires pour rehausser la côte du sarouel. À suivre...


Oiseau fashion

Défilés printemps été 2008 à Milan

Si l'hiver avait démocratisé la fourrure en la trempant dans de multiples jus fluo et pepsy, l'été quant à lui réhabilite les plumes en leur proposant de quitter leurs atours nocturnes et de voir le jour dans un esprit citadin chic.

  • DSquared les pense en touches, perdues sur une improbable petite robe noire... L'effet n'est pas des plus réussis, on passe.
  • Just Cavalli imagine une ceinture type parure aborigène toute de plumes sertie. Le concept de la ceinture jupette qui se superpose à une robe chemise est intéressant. Les plumes permettent d'obtenir un subtil jeu de transparence entre plumage et voilage. L'idée est à retenir, car les transparences semblent être l'un des terrains de jeu privilégié des créateurs pour la saison à venir. À nous de trouver les astuces pour dévoiler sans exhiber, dissimuler sans cacher... Les plumes semblent être un bon parti.
  • La Perla revisite l'esprit Inca avec parure de plumes et graphismes aztèques, y ajoute un zeste de casual chic, d'air du temps tie and dye, agite le tout et obtient un nouvel uniforme urbain, dont l'exotisme subtil saupoudre d'un brin de fantaisie maîtrisée cette silhouette néo citadine.

Les plumes ne sont donc plus réservées au boa ou autres joyeusetés. On passera notre été à les apprivoiser à la manière d'un Cavalli ou de La Perla...

On a aussi noté que la ceinture se portait autant taille haute que taille basse, que les couleurs flashys n'avaient pas dit leur dernier mot, que la mousseline était l'une des matières de prédilection pour l'été prochain et que les paillettes et le doré faisaient un brin de résistance...

©photo : Vogue

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Par Lise Huret, le 03 octobre 2007 dans Défilés
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8 commentaires
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seul et fabuleux !Il y a 9 ans
Vous en direz ce que vous voudrez , mais moi je prefere .... Paris ! Quand je regarde les photos du backstage chez Balenciaga , je joue les pessimiste en me disant que je n'ai vraiment pas de chance ! lol
En tout cas tout le beau monde reponds a l'appel a ce que j'ai pu voir .... melle Agnes qui a l'air toutjours aussi "zinzin" ( j'adore ) , j'ai vu aussi Carine roitfeld .... sans oubliez Charlotte Gainsbourg ! hi hi
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Mlle EIl y a 9 ans
Ca me plait bien tout ça...
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annaIl y a 9 ans
Super article!! On sait tout ce qu'on a envie de savoir; Bravo et merci Coco.
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malika59Il y a 9 ans
c trop beau,mais m'était + 2 tof!!!!
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Didi d'AufideniIl y a 8 ans
D'accord avec Seul et fabuleux, Viva Paris! De toute façon g toujours eu du mal avec la mode italienne, ils ont tendance à flirter avec le mauvais goût!
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hasinaIl y a 8 ans
ben !! j'adore la mode et j'aimerai etre un mannequin professionel !! ok 4753
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karlaIl y a 8 ans
magnifique,magnifique,trés feminin,trés sensuel
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desirIl y a 8 ans
C TRES BEAU BRAVO
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