lun 21 jan 2008
Le sarouel, version 2008
21 01 2008Le sarouel nous confronte toujours au même dilemme : comment conserver un tant soit peu d'élégance en arborant un pantalon aux connotations pachydermiques ? Placé au ban de la mode par un grand nombre de fashionistas, depuis l'été dernier il tente néanmoins d'intégrer le gotha du style. Grâce au génie d'un Gaultier ou d'un Tisci, il n'a jamais été aussi proche du but.

Car si les interprétations Marc jacobiennes n'avaient pas séduit il y a 6 mois, la version un rien plus portable proposée cette saison risque fort de convertir les plus irréductibles. Le sarouel semble en effet en avoir fini avec les expérimentations, et se présente désormais dans sa forme la plus pure. Long et blousant classique tant soit peu qu'il puisse l'être, il se décline en pièces élégantes variant selon les concepts.
Si l'on plonge dans l'univers d'Hermès, c'est à une esthétique coloniale que nous sommes confrontés, le sarouel immaculé devenant le pendant d'une veste de maharadja. Le look hippie est loin, le drapé du pantalon se rêve racé, huppé et select. Porté ainsi, il s'ouvre les portes des party hype. Jean Paul Gaultier aimerait lui offrir le potentiel d'un néo smoking aux effluves exotiques. À suivre…
Chez Givenchy, Roberto Tisci - qui s'était déjà essayé au sarouel en le croisant avec le legging - continue ses explorations. Pour 2008, il élargit le bas, abaisse l'entrejambe et trouve ainsi une forme pouvant séduire les modeuses. Cependant, au-delà du sarouel en lui-même, c'est la manière dont Tisci le met en scène qui est intéressante : sandales ouvragées haut perchées, veste navy cintrée… Le sarouel, sous ses doigts, devient ultra urbain, entre gothique et chic. Il apparaît pointu et structuré, presque couture…
Contrairement à la saison précédente, la tendance semble d'ores et déjà séduire les Parisiennes… Il faut dire que l'été 2008 annonce un grand nombre de mutations en ce qui concerne le champ lexical du pantalon. Il se roulotte, se porte court sur la cheville, se décline en molleton pyjama chez Isabel Marant, se porte ultra large chez Versace, joue la transparence chez Lowe… Le sarouel en deviendrait presque sage. Le jodhpur de septembre ayant ouvert la voie, les pantalons se risquent au fashionnement incorrect, au risque de parfois s'égarer. Néanmoins, cette diversité offre un panel riche d'inspirations qui ne saurait rester lettre morte.
Quant au sarouel, ne se voulant plus baba cool, il développe une nouvelle nature qui, selon les envies, se colore de glamour woodstokien ou de Yamamoto touch'. S’il n'attend pas le printemps pour flouter nos guibolles, sous le ciel gris de janvier il se pense en total look monochrome…
©photo : Vogue
Par Coco dans Analyse des Tendances - Laisser un commentaire - 0

J'aimais bien la facon dont elle le portait en tout cas !
Quand au jodhpur , j'aime bien celui de Hermes en alligator ( d'ailleurs je doit avouer adorer le shoot par Karl Lagerfeld dans le numero pour homme , avec miss Claudia of course )