Défilés automne hiver 2008-2009 à Milan

Milan a livré son verdict : si l'on en croit les pythies italiennes, l'hiver prochain sera rétro, expérimentalement chic, et conjuguera la féminité à tous les temps. Qu'elle soit séduite par le tailoring ambiant, subjuguée par les effluves néo bohêmes ou prête à se livrer aux jeux des volumes oversizes, la femme du futur fait rimer élégance avec inventivité maîtrisée et classe intemporelle.

Ultra violet

Défilés Milan

Si la palette de couleurs utilisée est toujours dominée par le noir et le gris, elle s'éclaire néanmoins de teintes satinées, girly et finement racées. C'est ainsi que le violet investit les podiums. Challenger du bleu Klein, il se doit de faire ses preuves.

  • Alberta Ferretti le pense en all over (comme il est désormais de coutume de traiter les teintes fortes). Sur la pièce fétiche de la working girl incognito, le violet sert parfaitement le trench, allié inconditionnel de celles qui rêvent de marier praticité, chic et tendances. La couleur se suffisant à elle-même, le violet se mixe sobrement au noir, de manière à se faire plus chic que chic.
  • Burberry Prorsum opte pour l'aubergine satinée, et choisit également de laisser vivre les pigments en utilisant un volume oversize pour accueillir cette couleur hypnotisante. Faussement écolière, la preppy girl de Christopher Bailey offre au satin une certaine décontraction, ou tout du moins lui permet de sortir de jour en le matchant à la douce matité de la laine.
  • Esprit rock chez Moschino Cheap & Chic, qui traite le violet de manière moins novatrice, en surfant sur sa connotation punko-rebelle. Sobre dans la coupe, la petite robe noire s'encanaille sous les ondes électrisantes d'un imprimé placé un rien fluorescent. Mixant extravagance londonienne et allure italienne, la griffe donne naissance un look hybride, peu facile à adopter.

On préfèrera donc le violet haut de gamme, qui s'acclimate au purple revendicatif sous des tropiques huppés. S'il arbore parfois une certaine décontraction, il se veut néanmoins toujours impeccablement racé, déclinant un minimalisme parfait.


La vie en rose

Défilés Milan

Est-ce le film de Dahan ("La môme") qui infusa les esprits créatifs, leur évoquant l'un des plus grands succès d'Édith Piaf : "La vie en rose" ? Ce qui est certain, c'est que désormais le rose se porte en hiver, se décline en camaïeu et n'a plus rien de racoleur.

  • Versace ne fait pas de compromis, et comme à son habitude opte pour les looks forts. C'est ainsi que le rose sous les doigts de Donatella se pense entier, d'inspiration Barbie, à la fois luxueux et espiègle. Entre fraîcheur et vamp en fourrure, la demoiselle Versace joue les Paris Hilton des bons jours...
  • Tel un macaron savamment coloré, le duo rose layette/framboise - apposé à des volumes classiques et fashionnement cintrés - fait de ce passage Marni un pur instant de gourmandise 100% light. La rigueur du dress code, adoucit par ces teintes issues de l'enfance, parvient ainsi à investir - sans aucune régression - le vestiaire de la trentenaire.
  • Casualwear des grands jours, Missoni abandonne un temps les imprimés pour mettre son sens de la couleur au service d'une sobriété efficace. Silhouette à la fois citadine et d'intérieur, la belle de Missoni distille une grâce matinée de désinvolture maîtrisée. Elle apprivoise le rose grenat, et en fait le point d'orgue d'un look masculin féminin très chic à la Max Mara.

Le rose sera assurément de la partie pour attaquer septembre prochain. Afin de le traiter avec la modernité qui lui est due, on le déclinera du perlé au sorbet framboise sur la même tenue.


Tartan à temps et contre temps

Défilés Milan

S'il fut traité autrefois avec circonspection, le tartan semble désormais libéré de son passé écossais et punk, qui en avait limité l'expression. Désormais, il investit tous les styles et n'est plus à proprement parler une tendance, tant son utilisation semble s'être démocratisée. Le tartan, un basic ?

  • Tellement dans le vent, le tartan assume le melting pot graphique chez D&G, sans peur du fashion faux pas. D'ordinaire, les carreaux ne se mixent pas ensemble ? Qu'à cela ne tienne, la saison est à la transgression, aux mix and match tous azimuts ; il est de bon ton de faire voler en éclats les bonnes manières. Au final, le résultat tartan sur tartan, de la veste aux collants, n'est pas si rédhibitoire que l'on aurait pu penser.
  • Pour DSquared², le kilt sert de point de départ à une jupe taille haute aux accents dominateurs. Classiquement associée à un sage chemisier blanc, cette tenue revisite les codes de l'uniforme british et le dope au glamour.
  • Faye Dunaway (dans le film Puzzle of a Downfall Child) n'a pas fini d'inspirer le petit monde de la mode. En capeline de feutre et blouse baba, Roberto Cavalli pour Just Cavalli décline le style de l'actrice sur un air de baba cool made in US. Les carreaux y perdent définitivement leurs racines anglo-saxonnes et se fondent dans d'un look bobo chic.

Au final, c'est D&G qui remporte la palme du tartan, en le dévergondant tout en restant furieusement esthétique. Risqué - mais non pas voué à l'échec fashion - le look 100% tartan est à étrenner dès l'automne venu.


Fourrure sauvage

Défilés Milan

Cosy, warmy et voluptueuse, la fourrure semble s'être définitivement ancrée au sein de nos dressings. Psychédélique l'hiver dernier, elle s'offre une cure de désintox en 2009. Entre retour aux sources et peaux de bêtes quasiment en l'état, la fourrure se veut sixties, woodstockienne et se souvient de l'ère de Néandertal.

  • Chez Just Cavalli, elle ose encore la couleur, mais sobre, presque trompeuse. On en vient à se demander si les moutons aubergine ne peupleraient pas certaines contrées du globe... Découpe sobrissime, absence de manches, son charme découle du cocon douillet qu'elle forme autour d'une toilette vaporeuse. Elle y perd tous ses liens avec les botoxées de Megève, et se veut plus jeune que jamais.
  • Entre années 70, dégaine déterminée et stricte attitude assumée, la peau de bête lustrée de chez Dolce & Gabbana sert une jeune femme aux allures rétros qui, tout en expérimentant la pudeur des jupes mi-mollet, ne peut s'empêcher d'actualiser l'ensemble par l'opulence de l'oversize.
  • Etro, dont le défilé est une succession de looks passés au kaléidoscope, opte pour une fourrure Highlander disciplinée. C'est en lui apposant une accessoirisation fine et féminine qu'il lui offre une existence citadine.

Plus gilet surdimensionné que manteau de vison, la fourrure de cet hiver se veut cocooning, sans additif ni conservateur. Elle a pour but ultime de réchauffer les mousselines vaporeuses, chantres de la féminité hivernale.


Volume so chic

Défilés Milan

Les volumes s'intensifient, les corps se dissimulent et une élégance un rien austère imprègne les catwalks...

  • Marni crée des silhouettes à étages, véritables mille-feuilles de coupes larges, géométriques et rectangulaires. Consuela Castiglioni casse le côté sérieux - voir anti-féminin - du XXL en total look par un gainage astucieux des extrémités. Ce dernier permet de miser sur les contrastes, qui révèlent ainsi la justesse des volumes.
  • Pour Missoni, c'est l'imprimé qui habille le volume, jouant au trompe l'œil et exagérant les dimensions de la robe, qui se confond avec la doublure du manteau.
  • Si comme chez Gianfranco Ferré, on choisit d'arborer ces pardessus gigantissimes qui mèneront la danse une fois l'hiver venu, on copie rigoureusement le dress code proposé par la maison italienne. C'est donc de mini - voir de micro - que l'on accompagnera les draps de laine oversizes...

Si l'on délaisse le skinny au profit de la pureté des volumes, il faudra maîtriser l'art de la construction et toujours équilibrer les cm3 avec des espaces dédiés à la finesse.


Pour ce qui est des autres tendances, on notera également que :

  • Les longueurs de jupes oscillent entre genou et mi-mollet.
  • Le tailoring fait rage, entre néo-costume stylé patte d'eph' et complet veston, il s'impose dans presque toutes les collections.
  • Les matières et coupes se veulent parfois créatives, donnant naissance à des sculptures en 3 dimensions totalement chic.
  • Les bonnets se posent sur le haut du crâne, à la Burberry.
  • Les foulards perdent leur désinvolture et - comme nous le montrent Dolce Gabbana - se nouent à la british.

©photo : Vogue

Partager l'article
Par Lise Huret, le 27 février 2008 dans Défilés
Inscrivez-vous à la newsletter
OK
13 commentaires
Tous les commentaires
yopIl y a 8 ans
putain j'apprecie tout dans la mode SAUF les fourrures de vrais animaux, vous voulez etre retro mais faut changer cette mentalite de porter des vrais animaux, si je vous dit faux fur vous allez me rire au nez OUI mais si elle est la c'est peut etre parce que c'est moins cher et en l'occurence pas d'animaux tué si vous saviez ce qu'endure ces animaux ils ne sont meme pas mort quand on leur enleve leur peau.

je trouve ce point tres important.
RÉPONDRE
cerise_confiteIl y a 8 ans
yop, d'accord sur ton point de vue...mais par pitié, arrête de torturer ainsi la ponctuation!
RÉPONDRE
RéjaneIl y a 8 ans
Alors,le trench violet d'Alberta Ferreti, j'aime beaucoup,autant je suis pas fan du violet mais en total look ou bien accompagné de noir,ça passe trés bien...
La silhouette de Moschino,je la trouve,comment dire,interressante,mais ce truc sur la tête??
La silhouette de Versace est trés reussie aussi,et le petit pull framboise de Missoni,il est tout simplement sublime!!
Par contre,le tartan,là j'adhère moins...surtout le tartan de base rouge(comme chez D&G)en revanche,la petite tunique de chez Cavalli se marie vraiment bien avec un patte d'eph...
Pour finir,J'aime les fourrures de D&G,et Etro...(A retenir la fourrure ceinturée)
RÉPONDRE
AGIl y a 8 ans
je suis un peu déçue par les photos que je vois là ...
les couleurs, je pensais que les créateurs allaient les laisser de côté ... quoi qu'il est vrai que le trench violet de Ferreti n'est pas si mal ...
Je ne comprends pas ce qu'à fait Marni ..
en tout cas , j'attends les prochains défilé avec impatience !!!!
et la tendance complète de l'hiver prochain !!
RÉPONDRE
LOLIl y a 8 ans
JE me suis amuser a noter toutes les manquins qui defilés a milan et elles ont eu une moyenne de 12 sur 20de nos jours les manqins ne sont pas tres belles mais elles ne savent nimarché ni avoir de classes sauf peut etre pour chanel, dior, versace...
je trouve aussi que les créateurs manque de simplicité et sont dans le futurisme
au resemant qu il y a les plus connus qui ont toutes les qualités du métier
RÉPONDRE
marieIl y a 8 ans
c 'est vrai que les créateurs n'ont pas diversifiés les couleurs mais je dois avouer que le que le thème ultra violet reste ultra cool à contempler .L idée de l'aubergine satinée me plait vraiment .
est ce que je vais oser l'hiver 2009 me faire un petit plaisir avec un petit haut aubergine satinée ?
en tout cas le travail de la fourure est magnifique mais triste au fond...
bref vivement les prochaines photos ....
RÉPONDRE
Rosanna-elleIl y a 8 ans
Oh comme j'aimerais troop aller a la Fashion Week de Milan ou encore de Londres...
(L) (L)
RÉPONDRE
cocoforeverIl y a 8 ans
ETES VOUS déJà allées à un défilé ,si oui comment avez vous fait???!!!
merci de me répondre
RÉPONDRE
cocoforeverIl y a 8 ans
QUESTION pour COCO
Salut , c'est la fashion week de milan mais burburry porsum est vraiment à cet fashion week car ce n'est pas une marque italienne non?
MERCI beaucoup d'avance
RÉPONDRE
lolaIl y a 8 ans
Pitié, plus de vrai fourrure. C'est dégradant pour la mode de se prêter à ça. Pour le reste, tout est super joli.
RÉPONDRE
OhGalerieIl y a 8 ans
J'adore ! Les retours aux basics tant attendus sont enfins la !. Mais je suis un peu déçue par les couleurs. Le noir domine, les couleurs vives manquent un peu. Je ne suis pas d'accord avec Yop , Vive la vraie fourrure ! Je sais, vous pensez que je suis cruelle. Mais la vraie fourrure, c'est pas du tout la même chose que la fausse et c'est plus agréable aussi.
RÉPONDRE
pierrickIl y a 8 ans
merci d'arreter cet appitoiement ridicule et décalé sur les fourrures, qui n'est du qu'a la "mode" ecolo-bobo-spa.
il faut arreter de fumer la moquette a un moment, brigitte bardot a 80 ans bientot, stop deraming!
je n'ai rien contre la fourrure synthetique, il y en a de la tres bien faite, voire meme parfois credible.
lorsqu'un chasseur tue un lapin, le boucher vends sa viande que la menagere consomme, et cela ne choque personne! faudrait il laisser ce lapin pourrir dans un fossé, tué pour rien, plutot que de transformer sa peau en un magnifique vetement qui rechauffera la menagere en question pendant l'hiver?
il a vecu et il est mort. c'est triste. mais c'est notre lot a tous. sera-t-il mort pour rien, pour se decomposer indignement dans les vers et la pourriture? ou pour etre sublimé et voir les podiiums de milan?
je n'ai rien contre l'idée de nee pas vouloir porter de fourrure veritable, je la comprends egalement. mais je trouve déplacé de "militer" contre la fourrure veeritable. faites ce que vous voulez, et foutez la paix au monde.

pierrick
RÉPONDRE
marineIl y a 7 ans
et bien moi que ce n'est pas un appitoiement ridicule, les animaux sont tués dans des conditions atroces, en plus il sont mort pour rien car la mode ca va ca vient.qui dit que le manteau de fourrure ne vas pas rester dans un placard pendant des années.
de plus je ne suis pas persuader que la ménagère a les moyens de s'acheter un vrai manteau de fourrure, réfléchit un peu avant de mettre un commentaire comme ça
RÉPONDRE
Ajoutez votre commentaire
Code anti-spam : veuillez recopiez le code numérique ci-dessus
POSTER
Instagram @tendancesdemode