Zoom sur les différentes tendances qui créent la mode d'aujourd'hui

jeu 1 mai 2008

Robe Hussein Chalayan

01 05 2008

Transformer les podiums en galeries d'art, les présentations en vernissage et la semaine de la mode en biennale, voilà qui semble insolite. Cependant, par de nombreux aspects les collections printemps-été 2008 ont clairement flirté avec les références arty. Reste à savoir si mode et art font bon ménage…

Robe Hussein Chalayan

Entre peintures à la Pollock pour Dolce et Gabbana, Op'Art pour Givenchy et neo-manga pour Prada, les collections de cet été se sont intensément plongées dans l'histoire de l'art du 20e siècle, renouvelant ainsi imprimés et combinaisons de couleurs qui parfois dans le prêt-à-porter possèdent un léger goût de vu et revu. Certes le tartan n'en finit pas d'être hype, tandis que le liberty est côté au Cac 40, cependant ce ne sont que des réappropriations, des graphismes qui - de par leur saveur vintage prononcée - parviennent à charmer les modeuses en dépit de leur "non-nouveauté" flagrante.

Si la mode est un éternel recommencement, on aime néanmoins quand celle-ci propose, tente, expérimente de nouvelles aventures afin de faire vibrer l'univers qu'elle compose. C'est pourquoi lorsque les créateurs s'inspirent ouvertement du travail des artistes et en transposent une partie sur les catwalks, on ne peut qu'apprécier l'effort.

L'effet est parfois déroutant : les robes Dolce Gabbana couvertes de giclées de peinture en étonnèrent plus d'un, tandis que les figurines Prada mirent un certain temps avant de convaincre de leur génie fashion. Néanmoins, cette abolition momentanée des frontières entre art et mode - effectuée d'une manière bien plus subtile que les premières robes-tableaux de Castelbajac (1982) - est parvenue à sortir ce type de créations de l'anecdotique, en donnant naissance à de véritables tendances qui ont été validées et reprises par la grande distribution.

L'astuce des stylistes fut de lier ces nouveaux graphismes à des coupes absolument désirables. Ainsi, tel un enfant à qui l'on promet des friandises en échange d'une visite à un aïeul ennuyeux, les fashionistas furent appâtées par des modèles ultra seyants, en dépit des motifs novateurs et parfois intimidants les recouvrant… Il en va ainsi pour cette robe Hussein Chalayan. À première vue, cette dernière est parsemée d'un all-over de fleurettes, qui s'intègre fort bien à la déferlante liberty de la saison. Cependant, en s'approchant on découvre que ce foisonnement de couleur est dû non pas à un champ de tulipes, mais bien plus à l'accumulation de canettes vides.

Entre décalage, surprise et citation de l'œuvre d'Arman (artiste français féru d'accumulation de déchets), cette délicieuse robe prend une dimension différente, ultra hype certes mais aussi divinement troublante, nous changeant d'un prêt-à-porter sans histoires ni âme qui, à force d'être "mode" devient répétitif et sans attraits. On espère juste que ce genre de métissage des genres deviendra pérenne, afin de sortir l'art des musées et de renouveler subtilement la mode…

Robe Hussein Chalayan, 812 $ (soit 520 €) chez La Garçonne :

http://www.lagarconne.com/id=284 Par Coco dans Idées Shopping

4 commentaires à Robe Hussein Chalayan

01 05 2008
Alexia :

Wow ! J'aime beaucoup cette robe !

01 05 2008
Mazelle :

J'aime bien l'idée des canettes vides :D

Et j'aime bien aussi la nouvelle forme du site :)

01 05 2008
seul et fabuleux ! :

L'effet "trompe l'oeil" est plutot reussi ! Quand je suis arrivé sur l'article ... je pensais que c'etait des fleurs !
A croire que tout ce qu'entreprend Hussein Chalayan est réussi ! A quand une collection homme ??? lol

03 05 2008
Elie :

SUper le robe !
Et la nouvelle mise en page du site est très agréable !!

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