Défilés printemps/été 2009 à Londres

Comme à son habitude, Londres s'est distinguée par son autonomie, par ses jeunes protagonistes à l'univers fort ainsi que par son énergie créative plus axée sur les découvertes esthétiques que sur les embellies commerciales. Si l'on peut difficilement parler de tendance lorsqu'il s'agit de Londres, certaines envies communes s'y sont cependant révélées...


Dentelle

Défilés printemps/été 2009 à Londres

Si elle fut l'invitée-surprise de la saison dernière, la dentelle est véritablement l'alliée de cette féminité à fleur de peau qui s'avère être l'essence du dress code de 2009...

  • Chez Aquascutum elle se veut ainsi sobre et gentiment transparente, assumant la reprise de son motif en broderie et le port de la jupe droite. Elle y gagne en fraîcheur et - en dépit de sa teinte de deuil - en devient estivale, légère et impudique.
  • Chez Erdem, ce sont les réminiscences du passé qui sont au goût du jour. En dépit d'afficher une ligne Edwardienne, celles-ci parviennent à séduire les demoiselles d'aujourd'hui en arborant une franche modernité sous les traits de rubans de satin orange vif. Ce mélange des genres, associant transparence, dentelle, longueur romantique et douceur pastel, compose un ensemble délicatement romanesque et finalement très contemporain.
  • Pour Paul Smith l'été se veut nomade, glanant des bribes d'élégance cosmopolite au gré de ses escapades, afin de les réunir au sein d'un même vestiaire. La dentelle devient alors une composante de certaines de ces tenues fluides et vaporeuses, faisant profiter de ses délicates transparences des toilettes parfois trop sombres pour un été.

La dentelle expérimentale à la Prada est donc bel et bien derrière nous. Dès juin, nous la porterons en toute féminité, la faisant clairement rimer avec subtilité.


Débauche botanique

Défilés printemps/été 2009 à Londres

C'est l'un des points forts de la saison. Remarquée à New York et confirmée à Londres, la présence récurrente de motifs floraux ne peut signifier qu'une chose : elles seront assurément les reines de l'été prochain... Les fleurs en tous genres semblent ainsi avoir pris le pouvoir.

  • Chez Erdem, nous assistons à une véritable ode à l'univers botanique... Moralioglu boude les lieux communs en la matière en décidant d'ériger une robe en 3 dimensions où la technique - quasi Haute Couture - du styliste confère à ses créations le raffinement unique de l'illusion visuelle.
  • Pour Paul Smith, les fleurs - très tapisserie anglaise - semblent s'être diluées dans la torpeur des hammams, infusant ainsi leur teinte "terre de Sienne " aux longues mousselines qui les accompagnent...
  • 100% girly, le liberty de Luella mise sur le patchwork d'imprimés, la construction sexy des modèles et les superpositions de froufrous pour se faire novateur. A cette occasion, les petites fleurs à la Laura Ingalls quittent leur référence "bonne enfant" au profit d'une séduction funky assumée...

Si l'été prochain sera assurément fleuri, nous avons le champ libre quant à son interprétation. En effet, étant donné la diversité florale proposée sur les podiums, nous sommes libres de composer notre propre bouquet sans risquer le fashion faux pas...


Volumes 3D

Défilés printemps/été 2009 à Londres

Cette saison, la matière est au centre des expérimentations british. Le vêtement ne semble être plus qu'un prétexte à maintes tentatives tridimensionnelles qui, en dépit des a priori, s'avèrent dans l'ensemble portables et désirables.

  • Coutumier du genre, Giles Deacon offre à nos cocktails printaniers une toilette excentrique digne d'accompagner le monogramouflage de Vuitton. Sous les doigts du styliste, l'imprimé camouflage (digne d'un soldat de l'OTAN) devient un feuillage dense et sexy qui habille ces petites robes army d'une légèreté vaporeuse.
  • Christopher Kane quant à lui reprend ses expérimentations sur les pois en décidant de les traiter en découpes sixties, formant ainsi des toilettes ruche post-moderne, délicieusement pop, rendant l'extrême fantaisie portable.
  • Louis Goldin poursuit sa quête de modernité, développant au fil de ses collections une certaine vision du futur, qui cette saison se veut géométrique, en néoprène Star Trek. Cependant, l'utilisation d'une palette de teintes pastel associée à des matières diaphanes (contrastant fortement avec la rigidité des pièces phares) permet à son vestiaire d'acquérir un véritable esthétisme.

Si Kane nous séduit, les autres ne font que nous intriguer. C'est pourquoi nous laisserons sûrement ce genre de rêveries délirantes aux catwalks et tapis rouges...


Asymétries en tous genres

Défilés printemps/été 2009 à Londres

Également vues à New York, les constructions asymétriques ont eu la part belle outre-Manche. Elles y ont d'ailleurs gagné en inventivité et en folie conceptuelle...

  • Les fines pastilles de Christopher Kane voient leur ensemble quelque peu massif s'aérer d'une épaule dénudée. Toute référence trop criante à Courrèges ou à Paco Rabanne s'estompe ainsi au profit de la nouvelle obsession du créateur anglais : le dress code de la famille Pierrafeu...
  • Chez Luella, ce sont les petites robes acidulées en provenance directe d'une soirée yankee des années 80' qui voient une partie de leur bustier affriolant se draper chastement. Luella s'amuse à mixer esthétique pom pom girl et BCBG, dévoilant ainsi une autre facette de sa créativité.
  • Armand Basi quant à lui opte pour l'exercice de style - mais manquant légèrement de subtilité - en misant sur la notion de pile ou face. Ses gilets semi-transparents sentent le concept facile, importable et sans réelle pertinence...

Le mot d'ordre est donc clair : nous bannirons la symétrie de nos looks estivaux et bouderons l'effet miroir, en dévoilant régulièrement l'une de nos frêles épaules.


Léopard

Défilés printemps/été 2009 à Londres

L'imprimé animalier - guest star du défilé Balmain de cet hiver - récidive : à en croire les Londoniens, l'été sera léopard ou ne sera pas. Il est vrai que lorsque nous serons assaillies par des débauches d'hortensias, pétunias et autres marguerites (quand ce n'est pas par des kaléidoscopes d'imprimés colorés), il sera sûrement apaisant de se glisser dans un pull-over fauve.

  • Il lui aura fallu quelques saisons, mais le résultat est là : sur le podium de Christopher Kane, le léopard est devenu casual. Sur une petite laine, n'ayant plus rien de provocant, ce dernier devient la pièce sage du look, propice à accompagner des atours beaucoup plus osés...
  • Peter Jensen ose reprendre la version rouge et noir de l'imprimé, qui atteint déjà pourtant la quasi-perfection chez Christophe Decarnin... Ici l'ensemble manque malheureusement de rock and roll attitude et se fait sirupeux. La version néo-classique du léopard selon Jensen n'est guère convaincante...
  • Chez Temperley, l'allure est gentiment colonialiste. Au cœur d'un safari urbain, sa muse opte pour une mousseline tachetée délicatement transparente, en adéquation parfaite avec l'idée de farniente citadin.

La question ne se pose plus : l'imprimé léopard fait désormais partie intégrante de notre vestiaire. Néanmoins, afin d'éviter les pièges encore liés à ce genre de néologisme fashion, on le porte en copiant l'esprit Christopher Kane, à savoir gentiment cool et sobrement stylé.


En bref :

  • Le mix and match des couleurs et imprimés en tous genres est bien parti pour être l'un des points forts de l'été prochain (Luella, Basso & Brooke, Peter Jensen)
  • Les transparences ne cessent de se faire impudiques et sont néanmoins estampillées "fashionnement correct" (Armand Basi, Paul Smith, Louise Goldin)
  • Le rose se décline dans toutes les teintes (Luella, Christopher Kane, Peter Jensen)
  • Les pantalons se pensent ultra larges, fluides et aériens. Adieu skinny... (Roksanda Ilincic, Paul Smith, Armand Basi)

©photo : Vogue
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Par Lise Huret, le 24 septembre 2008 dans Défilés
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10 commentaires
Tous les commentaires
Tendance-ModeuseIl y a 8 ans
J'ai vraiment été déçue par Londres, rien de particulier, de vraiment excitant à se mettre sous la dent..
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Marla'Il y a 8 ans
J'ai adoré Luella et les robes de Paul Smith pour le reste Londre reste un laboratoire qui ne semble pas destiné à produire des collections "portables"...
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PtitevinyIl y a 8 ans
Les deux silouettes Paul Smith sont vraiment jolies, quant au reste je reste assez dubitative et pas grand chose ne restera dans ma mémoire à part peut-ètre le léopard façon Temperley London ,quoique...
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anneIl y a 8 ans
le léopard temperley : yes vraiment beau mais sinon le reste pas du tout portable
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Kiddy94Il y a 8 ans
ARMAND BASI: une horreur!!Je me demande qui porterait cela?Même si les autres robes ne sont pas toutes portable non plus..
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AnaïsIl y a 8 ans
Comme "Tendance-Modeuse", je ne trouve rien de bien captivant à ces futurs tendances...
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kim_lanIl y a 7 ans
Mais d'après quelques pièces montrées ici, faut-il en déduire que les robes longues sont plutôt tendances cette année ?
Et si elles sont liberty aussi ?
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sarahIl y a 7 ans
Déçue,les mecs veulent toujours qu'on s'habille comme ils le souhaitent!C'est vraiment nul tout ça, en particulier ARMAND BASI & CHRISTOPHER KANE ridicul...sauf pour paul smith et luella!
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G.Il y a 7 ans
Pff, par les commentaires au-dessus, on reconnait bien les ptites françaises coincées... Dès qu'un créateur commence à innover, style Kane, elles disent "oh que c'est laid et ridicule", et après elles se scandalisent qu'une marque ne se renouvelle plus.. Où va le monde, ma bonne dame ?
Alors qu'à Londres, en Belgique, à Berlin, à Stockholm,.., là où les créateurs ont pu faire exploser leur créativité, et ils sont désormais réputés pour ça, pendant que le 'luxe" à la française stagne d'année en année.
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JézzIl y a 7 ans
haha !
ilikeyou G.
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