ven 24 oct 2008
Christophe Decarnin
24 10 2008Bottes frangées, micro robes jet-set et pantacourt rock (le tout arrosé d’une bonne dose de glitter), telles sont les pièces qui depuis quelques saisons ont propulsé la maison Balmain au summum de la branchitude. Cependant, alors que des mythes se tissent autour des Ghesquière, Theyskens et autres Stella, le DA de Balmain reste dans l’ombre. Néanmoins, Christophe Decarnin est bel et bien le créateur le plus prisé du moment…

Christophe Decarnin est à Balmain ce que Stella fut à Chloé et ce que Ghesquière est à Balenciaga : un esprit créatif fort, capable de redorer le blason d’une maison en perte de vitesse. Ils sont en effet parvenus à mixer références et innovations, composant ainsi des collections prisées des rédactrices de mode, et enclines à remplir les caisses des actionnaires…
Cependant, si les autres jeunes créateurs ont fait de leur personne un argument de vente, Christophe Decarnin reste obstinément dans l’ombre, en dépit du succès de ses collections. On peut d'ailleurs se demander pourquoi son nom n’a éclos dans les journaux qu’en 2006… Avant son apparition chez Balmain, où pouvait bien se cacher celui qui a su réintroduire si rapidement la griffe dans les pages de Vogue ?
Christophe Decarnin, fils unique d’un couple de fonctionnaires, a passé son enfance dans le Nord de la France. Petit garçon, il passe son temps à dessiner, avant d'être intrigué par les vêtements anciens : il commence ainsi très jeune à découper ses vieux habits pour en concevoir de nouveaux. Plus tard, il achète les tissus de son choix et coud pour lui et ses amis.

Le déclic mode se passera lorsque Christophe tombe sur un livre de photographies de Richard Avedon. Celui-ci sera sa bible, sa source d'inspiration, et le mènera petit à petit vers des études de stylisme à Paris. Christophe Decarnin déclarera plus tard que bien plus que les designers eux-mêmes, ce sont les images de mode qui le fascinent et boostent sa créativité.
Il descend alors à Paris, s’inscrit à l'ESMOD et s’installe dans un petit studio dans le quartier des Halles. À part ses camarades de classe, il ne voit pas grand monde : il faut dire que le jeune homme est timide - ou tout du moins pas très loquace - ce qui l’empêche de tisser des liens qui auraient pu dynamiser sa carrière.
À la sortie de ses études, il travaille en freelance, avant d'être embauché (en 1993) chez Paco Rabanne. Sous la houlette du couturier, Decarnin ronge son frein : alors qu'il est persuadé d’avoir la capacité de créer des robes à la fois pointues et commerciales, Paco Rabanne (qui dans les années 90 est plus enclin à prédire la fin du monde qu’à renouveler la mode) ne lui offre pas la possibilité de s’exprimer.

En 2000, Christophe Decarnin reprend sa liberté et choisit de travailler comme consultant pour Apostrophe. Le P.D.G. de la société, Patrick Hazan, apprécie son travail, si bien que lorsque Alain Hivelin (directeur de Balmain) cherche au pied levé un styliste pour concevoir la collection de février 2007, Hazan lui souffle le nom de Decarnin.
À 42 ans, Christophe Decarnin est alors projeté dans l’univers du luxe avec pour mission de créer dans un temps record (45 jours) une collection capable de rebooster Balmain, qui depuis plusieurs années fait figure de belle endormie. Il se plonge ainsi dans les archives de la maison, s’imprègne de la conception que Pierre Balmain a du vêtement et occulte les années Oscar de la Renta, Lagerfeld et autres pour revenir aux composantes premières de Balmain : ne pas se soucier d’être à l’avant-garde ou dans la tendance, et axer sa réflexion sur comment booster l’allure des femmes.
En février, il propose une collection "soir", composée de micros robes ouvragées. Son discours est ouvertement sexy, mais aussi fondamentalement moderne : il traite les toilettes de soirée comme un vêtement de jour, leur insufflant la casualness nécessaire pour dépoussiérer le genre et séduire massivement les jeunes femmes.

Son travail rencontre un succès foudroyant : les it girls sont emballées par ses robes trop courtes et l’esprit rock chic qui s’en dégage, tandis que le clan Vogue (Roitfeld/Alt/Sauvé) tombe amoureux de Balmain. Introduit par Emmanuelle Alt - qui est depuis longtemps son ami - Christophe Decarnin trouve chez Vogue ce qui lui manque de connections et de glamour attitude. Il faut dire que s'il dessine pour des jet-setteuses clubeuses, il ne met jamais les pieds dans leurs soirées…
Dès lors, Carine et Julia Roitfeld portent du Balmain à Cannes, tandis que les pages de Vogue font la part belle aux créations du styliste et que Alt travaille en tant que consultante auprès de Christophe. Cela permet de façonner l’image du couturier et de lui souffler l’équation magique (sexyness/cooliness/rock glitter) donnant naissance aux néo Jane Birkin défilant sur son podium.
En quelques saisons, Balmain a ainsi réussi à remplacer Balenciaga au hit-parade des maisons branchées. Du coup, les jolies lianes du show-business - que ce soient Gwyneth Paltrow ou Charlotte Casiraghi - ne jurent plus que par ses mini longueurs et ses vestes sophistiquées...

Petit à petit, Decarnin développe un prêt-à -porter destiné à briller de jour. Fier du terme "semi-couture" apposé à son style, il conjugue avec brio excellence de la coupe, matières d'exception et énergie glam’rock. Alors que Ghesquière développe la notion de technocouture (au risque de rencontrer l'incompréhension de la clientèle), Christophe Decarnin propose avant tout une mode évidente, capable d’être adoptée immédiatement. Ceci explique certainement l'engouement général suscité par son travail…
Ainsi, que ce soient les modeuses flashant sur la dégaine raffinée de ses modèles glitter, les Zara et consorts qui s'inspirent copieusement de ses collections ou encore les hype girls qui s’affichent régulièrement en Balmain, tous les acteurs de la mode pensent désormais en mode Balmain. En dépit de ne créer que pour un certain type de filles et d’évoluer dans une gamme de prix défiant l’imagination, Christophe Decarnin a su envoûter un public très large avec sa vision moderniste de l’élégance.
Épris de liberté (tout en ayant conscience que l’on ne peut rien faire de bon sans connaître et s'imprégner de ses racines), il est parvenu à redonner à Balmain l’aura des jours de gloire. Là où les grands noms de la mode avaient échoué, celui qui préfère les backstages aux lumières a surpassé les pointures du milieu…
Par Coco dans Les Grands Créateurs - Laisser un commentaire - 0





(Et félicitation à Coco pour cet article merveilleusement bien rédigé)
Le seul truc qui me chagrine est l'influence de Alt qui insuffle parfois un peu de déjà vu. D'ailleurs la collection SS09 laisse un peu à désirer, mais chez Givenchy aussi alors on espere que ce ne sera qu'une passade!!
;)
Je regrette que ces marques en renaissances se copient et courent après le hype!
Je trouve que l'influence de vogue Fr est trop présente dans certaines maisons!!
Givenchy,Balmain,Alexander Wang!On voit bien que le duo alt-roitfeld a une influence de plus en plus forte!
J'avais vu dans Zone Interdite un reportage sur Babeth Djian, patronne du Numero qui avait le privilège comme de nombreuses rédacrtices de voir avant la fin de la confection la collection Lanvin!!!!!!
je trouve que ces rédactrices sont trop présentes!!!ça nuit au travail des créateurs!!!!!
La différence est que chez Givenchy et Balmain ont voit Vogue FR et che Lanvin on voit du Elbaz!!!!!!!
En attendant, j'espère que Decarnin nous surprendra dans 5 mois!!!!
Pour ma part je trouve le "phénomène Balmain" sur-évalué. Ok, du point de vue du style, il y a quelque chose, ce quelque chose que l'on avait en effet trouvé chez Balenciaga, cette dégaine filiforme un poil trash rock n'roll, qui n'est autre que l'empreinte d'Emmanuelle Alt, qui a trouvé un nouveau poulain à qui insuffler son goût des micro-proportions. Quant on regarde les vêtements Balmain de près, en boutique (j'y suis allée, intriguée), il s'agit de vêtements tous simples, avec des imprimés voyants, le léopard rouge franchement on fait plus nouveau même si je suis consciente que commercialement ça marche à fond et que c'est identifiable au 1er coup d'oeil, des broderies assez "bling-bling"(mais authentiquement indiennes, sans prise de distance) juste un peu plus travaillées que celles d'Antik Batik, par exemple. La comparaison avec Balenciage me dérange, car on est loin, très loin, de la virtuosité du travail de coupe, de recherches de matières, bref d'innovation, de Nicolas Ghesquières, qui certes a pris plus d'assurance avec le temps. A suivre, mais attention à l'effet de mode, si prompt à retomber comme un soufflé. néanmoins E Alt a déjà prouvé qu'elle était bonne cuisinière.
Je me souviens de nos après midis stylisme, ou tu tentais de me faire ressembler a Maryline ...
ET puis la robe noire bustier (la 3ème de la 2ème série de photo) est juste sublime !!!!!!!!!
Je la veux !!! lol
(Peut être pas les moyens !!!)
Par contre, je me demande combien de temps le conte de fées va durer, et si une fois la balmainmania terminée, decarnin trouvera encore sa place dans la mode.
Après on aime ou on aime pas, mais bon ce mec a quand même un certain talent !
La famille de ton frère Jean-Pierre suit, de loin, mais avec fierté et affection le chemin que tu parcours avec un succès bien mérité.
Lucas, Marie et Simon, tes petits neveveux que tu ne connais pas sont fiers de toi.
Lucas,16 ans et demi; te ressemble beaucoup.
Pourrai-je te les présenter un jour?
Je t'embrasse trés affectueusement
Christiane DECARNIN
C'est peut être à cause de cette collaboration qu'on voit tant le travail de Christophe Descarnin dans vogue?
Alors je ne sais pas si à Christophe Descarnin ou à Emmanuel Alt qu'on le doit, mais en tout c'est coool que le dernier défilé Bamain ai un peu changé d'orientation cette saison.