lun 2 mar 2009
Défilés Automne/hiver 2009-2010 à Londres
02 03 2009En quittant la scène londonienne, Gareth Pugh semble avoir emporté avec lui les exubérances stylistiques chères à la fashion week britannique. Cependant, si les shows se firent moins expérimentaux, ils ont au passage gagné en finesse et portabilité, offrant à l’ensemble des défilés une certaine maturité des plus convaincantes...

Alors qu’il est aisé d'extraire les tendances animant les catwalks new-yorkais et milanais, à Londres les individualités sont si fortes qu’il semble abscons d’ériger tel ou tel points communs en mouvance à suivre. Certes, les nineties furent encore au rendez-vous (et même un peu trop), tandis que les total looks charbon eurent la part belle et que les imprimés floraux ne furent pas en reste. Malgré tout, cette semaine anglaise s'analyse plus en terme de shows que de détails transversaux…
On retient tout d'abord le choix de Christopher Kane, qui n'hésite pas à concevoir des toilettes un rien moins expérimentales que par le passé (et ce sans perdre une once de son talent). Chez Luella, les tailleurs acidulés de l’été ont laissé place à des atours army qui ont largement flirté avec les inclinaisons girly de la créatrice. De son côté, le tandem Eley/Kishimoto rendait hommage à l’uniforme des hôtesses de l’air en leur offrant une allure au raffinement rétro très seventies.

Outre ces valeurs sûres, d’autres ont également su tirer joliment leur épingle du jeu. On pense notamment à Giles Deacon qui, sur une bande-son assourdissante, s’est replongé dans ses jeunes années afin de concevoir un show où influences punk, palette gothique, volumes abat-jour, manchons surdimensionnés et pièces chics se télescopent pour composer une des présentations les plus réussies de la saison british.
Charles Anastase quant à lui a substitué une clique de jeunes filles trash à la dégaine roots à ses lolitas estivales aux allures de ballerines. Pour cette collection, le jeune styliste a en effet voulu célébrer les influences 90's de son adolescence, en rendant hommage à Rayanne Graff et autres stars du grunge méconnues. Le résultat a beau s'avérer inégal, quelques silhouettes - telles que celles en denim violet délavé ou celles mixant rose light et atours plus rock - brillent par leurs mix and match esthétiques.

Et si l’on parle d’associations insolites - mais néanmoins réussies - Peter Jensen obtient sans conteste la première place du podium. Ses looks bigarrés en hommage aux pays scandinaves (dont il reprend certains détails de leur folklore) devraient d'ailleurs plaire à la jeune rédactrice de "Style Rookie". En effet, les pièces s'assemblent sans vraiment prendre en compte les imprimés les composant, tandis que leur accessoirisation (mini cape d’organza, cagoule à pompon ou paire de gants en lamé) semble avoir été choisie par une fillette espiègle. L’ensemble se révèle frais, enjoué et inventif, distillant un brin de folie candide des plus délectables.
On terminera avec Richard Nicoll qui, avec sa collection entièrement inspirée du monde de la lingerie, a dessiné un vestiaire ultra chic et architecturé qui aurait très bien pu défiler à Milan...
Enfin, si l’on désire tout de même tirer quelques points forts des shows londoniens, on peut noter que les cuissardes entrevues à New York furent également très présentes sur le sol british, que les patins prennent une nouvelle fois de la hauteur et que les carreaux n’ont pas dit leur dernier mot...
NB : Les néo chapka de Todd Lynn sont déjà à cocher dans notre wishlist, tout comme les écharpes oversizes de chez Topshop Unique.
©photo : Vogue Par Coco dans Les Défilés - Laisser un commentaire - 1

Je crois que Gareth n'a pas enlevé grand chose aux défilés londoniens mais c'est vrai, on a l'impression que ça a changé. J'aime beaucoup la femme scandinave, qui brave l'hiver rude du Västerbotten en Suède,
masi aussi, comme Coco, la jeune fille qui a l'air de s'être levée et d'avoir pris des accoutrements au hasard, avec une combinaison inédite de couleurs et de formes.
Encore bravo, coco ! Tu as l'oeil, et tu repères les défilés qui sortent réellement du lot !
C'était pas mal même si je ne m'en inspirerai pas!
Des pièces percutantes, souvent décevantes et importables mais la mode en a besoin pour évoluer!!
Coup de coeur pour Giles Deacon ... qui reste a mon sens un designer bien de Londres, comme je les aime !