mer 6 mai 2009
Kate Moss : la robe de l'année
06 05 2009Comme chaque année depuis 46 ans, le Bath Fashion Museum a élu la robe de l’année. Cependant, entre l’arrivée de Peter Copping chez Nina Ricci et l’absence de Naomi Campbell au gala du Met, cette nomination aurait très bien pu passer inaperçue. Oui mais voilà , propulsant sur le devant de la scène une création issue du mass market, le choix insolite du jury a tôt fait d’éclipser les autres actualités...

Venant d’une institution telle que le Bath Fashion Museum, le titre honorifique de "robe de l'année" possède une réelle valeur. Lors des années précédentes, les lauréates n’avaient d'ailleurs jamais prêté à polémique. Nées de l’imagination prolixe d’un Giles Deacon ou d’un John Galliano, elles avaient su briller tant par leur originalité que par leur finesse d'exécution.
C’est pourquoi l’annonce du verdict de 2008 a de quoi laisser sans voix, la robe de l’année étant un modèle d'inspiration seventies dessiné par Kate Moss pour Topshop. Certes, la pièce en elle-même est seyante et plutôt bien pensée, mais de là à la faire monter sur la première marche du podium... Surtout lorsque l'on sait que 2008 a apporté son lot de toilettes sublimissimes (Givenchy, Dior)...
En réalité, si l'on se réfère aux différents commentaires accompagnant cette décision avant-gardiste, le choix du modèle de Kate Moss n’a pas tant été généré par ses qualités intrinsèques que par ce qu’il incarne. Le Bath Fashion Museum semble en effet avoir voulu introduire dans sa collection une robe emblématique d’un changement d’orientation de la mode.
Ainsi, s'il y eut cette année des créations bien plus élaborées que cette petite robe rétro, celle-ci a au moins le mérite de confirmer cette nouvelle tendance voulant qu'un modèle vendu 60 euros puisse désormais susciter autant d’attention qu’un autre shoppé avenue Montaigne. Il semblerait en effet que les grandes maisons aient perdu le monopole de la désirabilité, les modeuses n'éprouvant aucun scrupule à leur préférer de temps à autre des collections davantage grand public - et ce d’autant plus si ces dernières sont estampillées Kate Moss.
Enfin, la conjoncture actuelle - transformant la fashionista en recessionista - à dû également contribuer à la décision du Fashion Museum, qui ne pouvait trouver meilleur symbole de l’air du temps que cette robe accessible au plus grand nombre, tout en étant néanmoins hype.
Au final, il vaut mieux voir cette désignation comme la reconnaissance d’un phénomène de mode amené à se développer plutôt qu'une lubie marketing sans fondement. En tant que musée, le Bath Fashion Museum se devait en effet d’honorer non pas le modèle le plus esthétique, mais celui pouvant potentiellement modifier l’histoire...
Par Coco dans Actualité - Laisser un commentaire - 3

Et même si ca illustre l'air du temps, dans quelques années en voyant quelle robe a été élue on se dira qu'en 2008 ca ne devait pas voler très haut niveau style, et pourtant ce n'est pas le cas !
Il ne faut pas oublier que c'est une robe de Kate..
De nombreuses stars et designers ont fait des robes pour le mass market bien plus desirables que celle-ci!!
Carlotta:Ce n'est pas un concept de petite robe noire, si c'est ce cas là , alors, le prix devait revenir à Alber Elbaz ou Karl ou Pilati ou kokosalaki.......enfin la petite robe noire, il yen a des tonnes tout aussi originales et desirables!!
Je pense qu'après cette annonce, le contrat de kate sera renouveler chez topshop!!
Cette robe n'a sans doute pas été élue pour ses caractéristiques propres, car comme le relève Coco, elle est plutôt commune, mais pour ce en quoi elle se distingue des lauréats habituels: le prix, le nombre de gens touchés, le phénomène médiatique que ça représente, l'aspect icônique de Kate Moss et le quasi-fétichisme que ça peut entraîner...
Bref, un concept en soi, bien distinct de la petite robe noire, mais qui a peut-être davantage d'impact sur l'allure des femmes qu'on croise aujourd'hui dans les rues, qui ont davantage tendance à copier Kate Moss qu'à véritablement acheter Lanvin ou Givenchy...
Cordialement, Eloïse.
Ca me fait penser à Michelle Obama. Elle aussi ose porter des vêtements qui ne sont pas créés par de grands couturiers.
Ca me fait également penser à H&M qui ouvre des magasins dans le XIème, magasins fréquentés par les adolescentes et par leurs mères aussi !
C'est sûrement une tendance de fond : la modeuse ose désormais mélanger des vêtements "fast-fashion" avec des pièces plus "haut de gamme"
Est-ce que cela a à voir avec la crise économique et financière actuelle, il faudra peut-être attendre quelques années pour avoir plus de recul.
Alors moi franchement, je trouve cela vraiment bien qu'ils aient élu la robe suivant le concept, l'originalité, le prix, la référence ....
Donc, je suis assez contente de leur choix !
PS : Même s'il faut l'avouer les filles : franchement, il y avait des robes trois fois plus belle que ça ! =D
En même temps, la mode n'est-elle pas faite pour faire rêver ?