lun 1 juin 2009
Louboutin par Peter Lippmann
01 06 2009Aucune silhouette connue, aucun galbe de cuisse bankable ni tops models se disputant la vedette... chez Christian Louboutin, seul le soulier mérite attention et dévotion. À l'occasion de sa dernière campagne de publicité, le chausseur a ainsi confié ses mignardises fétichistes à Peter Lippmann, photographe passé maître dans l’art de sublimer les objets au travers de ses néo natures mortes...

Entre les clichés commerciaux exposant un escarpin dans le seul but de mettre en valeur ses reflets croco et les délires conceptuels publicitaires cannibalisant le sujet même de la campagne, il est rare de se voir confronté à des images sachant allier promotion, esthétique et innovation.
D'ailleurs, ces dernières squattant les 30 premières pages de Vogue et s'invitant régulièrement au coeur du magazine Elle, la lectrice - et consommatrice - devrait être en droit d’exiger en la matière un peu plus qu’une banale photo sur fond de plage paradisiaque.
Or, lorsque Christian Louboutin s’allie à Lippmann (qui n'hésite pas à mettre en scène les divins escarpins à semelle rouge au coeur de natures mortes du 18e siècle), la publicité devient un art à part entière qui mérite que l’on s’y attarde...

Si historiquement les natures mortes étaient à l'origine destinées à mettre en lumière la nature éphémère et vaine de la beauté, du pouvoir et des plaisirs (par la présence de fleurs fanées, de verres ébréchés, de sabliers, etc...), elles perdirent au 18e siècle leur aspect moralisateur, ne conservant que leur dimension esthétique.
C’est dans cette continuité que Peter Lippmann entreprend de mêler les créations vertigineuses de Louboutin aux délices de la vie, entre friandises, agapes de fruits et caviar Beluga. Le rendu final est saisissant, effaçant les anachronismes grâce à l’harmonie des compositions et à la nature commune des objets présentés.
En plus d’être divinement esthétique, cette campagne de publicité emmène celles et ceux qui s’y attardent sur les chemins d’un courant artistique qui, en dépit de prendre la poussière au fin fond des musées, conserve encore aujourd’hui toute sa pertinence.

Cependant, si Peter Lippmann ne cherche pas à mettre en exergue - comme aurait pu le faire un Le Caravage - le caractère nuisible des fastes de l’existence, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle entre la futilité d’un escarpin hors de prix plongé dans un bol d'oeufs d'esturgeon et les richesses outrancières de quelques tables immortalisées par les natures mortes de l’époque. Les fastes d’hier rejoignent alors ceux d’aujourd’hui, ne perdant entre-temps rien de leur indécence...
Ceci dit, sans le luxe de la création, les objets richement ouvragés et les mets d’exception, l'Histoire manquerait cruellement d’éclat. En dépit de tout sens moral, Christian Louboutin nous semble donc finalement aussi utile que n’importe quel RSA...
http://www.peterlippmann.com/louboutin_lookbook2008 Par Coco dans Actualité - Laisser un commentaire - 0

www.firstluxe.com/galerie...
On retrouve tout à fait les vanités de jadis... détournées au service de notre époque, pour nous inciter à réfléchir?
J'admire le travail de Peter Lippman, très beau je trouve, quant aux Louboutins, je reste inconditionnelle!
J'espère que cette campagne fera réfléchir d'autres publicitaires... pour mettre en valeur des objets, de façon intelligente, et sans pour autant jouer sur une séduction exacerbée, le sexe ou tout autre forme de photo aguicheuse...
Très original, pertinent, ludique, ça change.
bref, j'aime bien!
Cela dit, je trouve ça quand même "bizarre" d'associer un verre de vin et une paire de chaussures ... !
Je les adore.
Chères mais tellement uniques....
En revanche d'un point de vue plastique, je serai un peu plus critique et ne trouve pas dans ces natures mortes une vraie justesse esthétique. Ces visuels sont, somme toute, archi classiques dans l'univers des photographies de nature morte. Cela manque selon moi de patte, de justesse, de recherche esthétique, de surprise.
Le premier visuel "gourmandise" est sursaturé me coupant un peu l'appêtit, (tout allant trop dans le même sens et la composition n'étant pas assez à mon goût recherché : réinterprétation d'un univers baroque déjà trop vu et revu).
Le deuxième visuel "caviar" est selon moi toujours trop linéaire (omniprésence du gris qui marque l'absence d'audace stylistique de la composotion). Si la rime ou l'écho visuel est important, le marbre du support par exemple aurait pu être remplacé par une autre matière tout aussi luxueuse, créant ainsi une rupture, une esthétique non attendue dans l'image, signant et signifiant ainsi tout le luxe des créations Louboutin.
Le troisième visuel en revanche me semble bien plus réussi. La magie opère. Les mordorés sont contrastés. Le bois massif s'allie aux ors et aux pelages des animaux.
En un mot Bravo !
Allez voir le site des photos de Peter Lipmann cité en fin d'article. Encore des trésors !
www.peterlippmann.com/lou...
J'en ai vraiment marre de voir toutes ces filles se balader avec des talons hors de prix et qui ne savent même pas marcher avec ! Je trouve qu'elles ne savent pas mettre en valeur ces escarpins qui seuls sont magnifiques, alors finalement je pense que c'est mieux de pouvoir savourer les Louboutins sans parasite féminin aux alentours...
Christian louboutin, ses chaussures sont vraiment vraiment belles, et classes je trouve, oui. dans le coup mais pas trop. ou alors carrément démentes... par contre je trouve dommage que les semelles continuent d'etre rouges quelque soit le modele. je me demande si ça ne décrédibilise pas un peu la marque, car si ça l'a fait connaitre, cela ne la rend t'il pas vulgaire aujourd'hui?
les photos sont très belles, et d'ailleurs le site est dans la meme veine, très décalé et inattendu, c'est très amusant, pas prise de tete du tout. a visiter!