mer 1 juil 2009
Chanel is watching you
01 07 2009À l'heure où la liberté d'expression des rédactions se voit plus ou moins bridée par leurs contrats publicitaires, Chanel vient de pousser l'ingérence un rien plus loin. La marque suggère ainsi fermement aux journalistes de ne pas utiliser le terme Chanel à tort et à travers, sous peine de poursuites judiciaires...

La polémique commença avec l'envoi d'un billet de la maison Chanel à destination de la sphère journalistique. Après avoir redéfini succinctement l'essence de la griffe (au cas où les professionnels de la mode l'auraient oublié), celui-ci met en garde tous ceux n'hésitant pas à utiliser le mot Chanel comme un nom commun ou s'octroyant la liberté d'en tirer quelques néologismes : chanelissime, chanelisé, etc... Or, connaissant les relations plus qu'ambiguës unissant la presse et les marques, ce genre de lettre équivaut à une sorte de chantage affectif faisant froid dans le dos.
En effet, qu'une griffe se batte bec et ongles pour endiguer la contrefaçon - notamment pour éviter que son image ne se voie galvaudée - est des plus justifiables. Cependant, lorsque celle-ci se permet de dicter aux journalistes la manière dont elle voudrait que l'on parle - ou ne parle pas - d'elle, l'éthique est sérieusement mise à mal.
Les huiles de chez Chanel auront beau grincer des dents, les faits sont là : Coco Chanel fait à tel point partie intégrante du patrimoine que l'on ne peut limiter son évocation aux produits propres à la griffe. N'en déplaise à la maison de la rue Cambon, la petite veste de tailleur conçue par Gabrielle Chanel est une référence incontournable, qu'il semble parfois nécessaire de citer afin de définir un produit s'en inspirant. Ainsi, lorsqu'un défilé Luella se voit émaillé de tailleurs en pied de poule colorful, il nous semble pertinent d'employer le terme "veste chanelissime" (la filiation avec le style Chanel étant bien présente), sans pour autant attenter à la réputation de la maison.
Par ailleurs, s'il est si facile de convertir Chanel en adjectif, il faudrait peut-être que ladite maison s'interroge sur l'aspect parfois un brin caricatural de ses propres collections, où logos et références perpétuelles aux archives ont la part belle. Dès lors, au lieu de tancer la presse et de pinailler pour de soi-disant abus de langage, Chanel devrait mieux se focaliser sur l'évolution de son image afin de renouer avec l'irrévérence et l'innovation propre à sa fondatrice.
Espérons au final que cette envolée coercitive, toute chanelissime qu'elle soit, ne fasse pas courber l'échine aux rédactions. Le cas échéant, ce serait la porte ouverte à mille et une déviance amenant les articles à devenir de vulgaires communiqués de presse...
Le billet de la discorde :
http://thefashioninformer.typepad.com/chanelscan.jpg
Par Coco dans Actualité - Laisser un commentaire - 2

J'espère que les gens vont lire cet article et non passer au dessus. Ca me fait délirer que Chanel se permette de faire ca.
C'est la rançon du succès, de quoi se plaignent ils ? Si on part sur leur idée il faudrait que Proust sorte de sa tombe lorsqu'on ose définir un texte de proustien, que Baudelaire revienne d'entre les morts pour maudire tout ceux ayant l'audace d'utiliser le terme " spleen baudelerien"...
Un peu égocentrique chez Chanel ???
Plus sérieusement, ce que j'en pense: ce genre de comportement craintif est symptomatique d'une marque se sentant menacée. La Crise™ fait mal et rend fébrile. En quand on a de la fièvre, on délire.
Et puis Gabrielle voyait d'un bon oeil la contrefaçon. Elle aimait que sa marqaue, tout en restant haut de gamme, soit populaire. Je suis sûre qu'elle aurait aimé ce que Pinko fait en citant clairement ses sacs, et le défilé Luella. Et puis, avec le numéro consacré à Chanel par Vogue, la marque cherche le bâton pour se faire battre...
Allez pour le plaisir : Chanelisime, chanelisé, chanelmenbon, chanelchic, chanelovore...
Complètement d'accord avec ce qui vient d'être dit plus haut également, et en particulier avec les propos de Vermine (curieux comme pseudo, non ?) : ça sent la crise, tout cela.
Si les griffes commencent à dicter les mots autorisés ou non aux journalistes, on n'est pas près de pouvoir lire un discours plus ou moins vierge d'influence commerciale..
Sinon, c'est du grand n'importe....le probleme avec ce genre de règle, c'est le phénomene de masse!
Evidemment, on pourrait douter d'une telle regele de la part d'autres marques puisque les designers nommés l'ont été par l'influence de Mme Wintour mais quand même, c'est scandaleux!
Je pense que c'est une mauvaise chose pour Chanel!
Depuis l'arrivée de Karl, la marque a sut paraitre accessible bien que très chere et est presque rentrée dans nos vie communes!
C'est vraiment n'importe quoi alors bientot le camelia sera une marque deposée Chanel et passible de poursuite; pour coco, ce sera de même....bref....
Et sans aller jusqu'à dire que Chanel appréciait la contrefaçon (la 'copie' dont elle parle n'avait sans doute pas grand-chose à voir avec la contrefaçon de notre époque), elle était effectivement ravie de l'imitation et de la popularisation de son style.
Par ailleurs, Coco, je me demandais si la mode était soumise à la même législation, quant aux droits d'auteur que le livre, par exemple: ça se lève après soixante-dix ans? Dans ce cas on devrait bientôt pouvoir reproduire du Chanel en toute impunité ;)
On ne va pas se laisser faire!!!
Karl fait des choses extraordinaires!!!
En revanche il ne faudrait pas que la maison Chanel oublie que la haute couture est notamment portée par les médias!!!!
non mais !
Laissez les journalistes faire leur travail ! Chacun à son poste et le monde n'en tournera que mieux.