ven 5 mar 2010
Défilé Balenciaga - Automne/hiver 2010-2011
05 03 2010Dans une salle du Crillon recouverte d'un plancher aseptisé, Nicolas Ghesquière s'est une fois de plus laissé aller à ses addictions futuristes. Depuis toujours fasciné par la science-fiction, l'homme a su faire évoluer sa passion d'enfant vers quelque chose de plus construit, où les exploits de la haute technologie servent ses collections parisiennes...

Impossible - hormis la fourrure immaculée - de mettre un nom sur les matières composant les tenues imaginées par Nicolas Ghesquière pour l'automne prochain. Perforées, découpées ou matelassées, celles-ci ne doivent d'ailleurs plus avoir grand-chose à voir avec les matériaux d'origine.
Cette recherche textile particulièrement développée, jouant tour à tour sur des compositions de type monochromes mat/lumineux et sur des puzzles de couleurs en opposition (teintes pastels/vives), permet à Ghesquière d'opérer de multiples variations autour d'une seule et même pièce. On a ainsi pu voir se succéder plusieurs volumes identiques, au sein desquels seule la composition textile et picturale évolua.
Il est vrai que chez Nicolas Ghesquière, l'impact de la texture prime sur toute autre préoccupation. Les 35 modèles de la collection ont d'ailleurs dû paraître bien insuffisants au DA de Balenciaga, tant sa créativité s'avère prolixe lorsqu'il s'agit de composer quelques patchworks futuristes...
Cependant, on aurait tort de croire que Ghesquière soit uniquement tourné vers la performance technique. Aussi pointu et moderne soit son vestiaire, il n'en reste pas moins en étroite relation avec l'image de la Parisienne chic, espiègle et optimiste.

Quant à savoir ce qui inspira au styliste ces vestes de cosmonautes compartimentées, ces ensembles fluides délicatement perforés ainsi que les tenues finales imprimées de textes criards, Nicolas Ghesquière révèle avoir été animé par l'envie d'ennoblir les objets domestiques.
Les vestes sportives constructivistes ont donc bel et bien pour origine une pile de tupperwares, tandis que les minutieuses perforations s'inspirent du moulage de petits gâteaux français et que les textes tronqués des tops zippés font écho à la fois aux notices accompagnant l'électroménager et à l'oeuvre Textorama de son amie l’artiste Dominique Gonzales-Forster. Ce faisant, Nicolas Ghesquière s'inscrit dans la lignée des artistes tentant de transcender la nature banale des objets du quotidien, à l'instar d'un Warhol et de sa soupe Campbell.
Enfin, ceux qui voudront apercevoir un condensé du propos de Ghesquière n'auront qu'à baisser les yeux vers les souliers des mannequins. Ces derniers - alliant clins d'oeil cubistes, pièces de plastique moulées, croco et brides chic - illustrent en effet à eux seuls les envies de décloisonnement esthétique et de fusion contemporaine que Nicolas Ghesquière impose toujours un peu plus à la maison Balenciaga...
Voir toute la collection : http://www.style.com/F2010RTW-BALENCIA Par Coco dans Les Défilés - Laisser un commentaire - 3

Maintenant, il faudra voir comment cette collection inspirera les produits "commerciaux" qui seront en boutique..
Polly: Je pense que Balenciaga ne se porte pas facilement d'ailleurs(enfin, les pièces du défilé)..et moi, je pense que ces armures sont parfaites, elles représentent une femme forte et confidente..avec une pointe d'excentricité...c'est surement ce qui me plait dans les collections de ghesquière
Bravo Nicolas...Et ses Chaussures!!Chaque saisons, on a la chaussure De la saison chez Balenciaga
Et pourtant même si a première vue cette collection peut être difficile à aborder, elle s'inscrit plus, selon moi, dans ce que devrait être une marque de prêt-à -porter de luxe. En effet je pense qu'on perd de plus en plus la notion de "création", où tout est dicté par les bureaux de tendances, avec des objectifs de rendement immédiats.
Et donc le monde de la mode a besoin de créateurs qui inventent et prennent des risques comme Nicolas Ghesquière, avec de nouvelles matières, de nouvelles silhouettes qui rentreront peut être ou peut être pas (c'est le risque dans l'Art) au panthéon de la mode.
C'est tout le débat autour de mode créative et de la mode commerciale...
Je préfère en tout cas le tournant que prend Ghesquières plutôt que celui de Decarnin pour Balmain....
& j'ai été surprise/déçue!^^
Alors encourageons de tels couturiers!! Il faut avoir de l'audace, ne pas se figer. J'ai d'ailleurs l'impression que de plus en plus de couturiers ou même des entreprises de mode de prêt à porter plus accessible, ne se basent que sur les "it de saisons" et perdent toute créativité.
Mais là c'est tellement hétéroclite que l'on finit avec une collection sans réel fil rouge. Pour moi, tout cela manque d'harmonie. Les pièces/couleurs/accessoires, biens que beaux en soient, sont trop différents et trop "vif/flashy/particuliers" pour qu'ils s'avèrent portables et donnent une ligne à la collection.
On se questionne parfois sur la portabilité de ses tenues, mais je trouve que certaines sont facilement portables : les jupes et tops perforés, les blousons matelassée, les robes.
Je crois que l'imprimé, les couleurs et le matelassé vont inspiré les grandes enseignes. Tant mieux pour nous, mais pourvu que ce soit bien fait ...
Chic, pas de kaki ... j'aime bien mais ça commençait à me lasser.
on pourras me dire que je n'y connais rien,que je ne suis pas initiée pour apprecier,mais qui aurais envie de rever devant ces vetements?
Je crois que la collection automne/hiver 2010-2011 de Balenciaga est ma préférée