mar 25 mai 2010
Marc Jacobs, l'interview
25 05 2010Dans la vie d'un journaliste, il est rare que les stars interviewées dépassent allègrement la durée réglementaire de l'entrevue, confondant le fauteuil club d'un hôtel branché avec un divan psychanalytique. C'est pourtant ce qui est arrivé à Vanessa Friedman du Financial Times lors de sa rencontre avec l'un des designers les plus influents de la décennie : Marc Jacobs...

Lors des derniers défilés Marc Jacobs et Louis Vuitton (qui mirent l'accent sur les notions d'indémodable, de douceur et d'élégance discrète), beaucoup furent surpris et enchantés par la nouvelle humilité émanant du travail de Marc Jacobs, que l'on avait connu plus excessif.
Or, si l'homme parvient une nouvelle fois à placer ses collections au firmament des tendances majeures de la saison, le styliste révèle que ce changement radical s'inscrit dans une dynamique bien plus sincère que celle générée par un simple effet de mode. C'est ainsi un Marc Jacobs serein, apaisé et fumant moins frénétiquement - et donc finalement à l'opposé des clichés auréolant d'ordinaire son personnage - qui s'entretint avec Vanessa Friedman lors de cet interview...
D'ailleurs, s'il a dû récemment renoncer à la salle de sport à cause d'une blessure à l'épaule (alors qu'il s'entraînait 2 heures par jour depuis sa métamorphose en dieu grec), Marc Jacobs a su ne pas reporter son addiction aux endorphines sur une autre activité compulsive...

Le créateur, qui a toujours déclaré vivre ses passions de manière absolue, s'endettant pour acheter les oeuvres d'art de ses artistes fétiches (Elizabeth Peyton, Andy Warhol, David Hockney...) ou pratiquant un régime draconien à la manière d'un ascète, semble en effet avoir pris une certaine distance avec ses pulsions addictives.
Son abstinence sportive ne semble ainsi pas le troubler outre mesure, tandis que ses achats d'art contemporain se font de plus en espacés et diversifiés. Enclin à craquer pour des toiles figuratives, le styliste a néanmoins récemment fait l'acquisition d'un tableau d'Ellsworth Kelly représentant une courbe jaune sur un fond blanc, dont la seule vue suffit à l'envahir d'une vague de bonheur...
Au fil de l'interview, Vanessa Friedman nous laisse entrevoir un homme semblant plus apaisé que jamais. Longtemps tiraillé entre New York et Paris, entre sa griffe éponyme et la maison Louis Vuitton, le designer se met aujourd'hui à penser épanouissement personnel avant tout, troquant sa chambre d'hôtel new-yorkaise pour une maison d'architecte où il se sentira chez lui, et non pas toujours en partance.

Il déclare également de pas être un "control freak" et accepter que chacun ait des rôles bien distincts chez Louis Vuitton. Ainsi, si en matière de produits il a toujours le dernier mot, il laisse sans aucune frustration la main à Peter Marino lorsqu'il s'agit de penser le design d'une nouvelle boutique.
Cette évolution vers plus sérénité se ressent jusque dans les choix des mannequins de la campagne Louis Vuitton automne/hiver 2010-2011. Il a en effet jeté son dévolu sur trois tops models jeunes mamans (Christy Turlington, Karen Elson et Natalia Vodianova), celles-ci illustrant à ses yeux une beauté épanouie susceptible de mettre en valeur une collection aux accents intemporels.
Cela dit, Marc Jacobs n'en est pas pour autant arrivé au nirvana terrestre : il continue ses séances chez le psy et avoue avoir des moments d'incroyables angoisses les veilles de show. Il estime cependant - avec une certaine lucidité - que les névroses sont le propre de l'homme, et choisit d'envisager les choses avec optimisme...

Après s'être glissé dans la peau d'un geek binoclard, puis d'une gravure de mode, Marc Jacobs semble donc sur le point d'entamer sa troisième vie au sein du fashion system. Rien de plus normal à ses yeux, la mode étant un éternel recommencement...
Lire l'interview : http://www.ft.com/cms/e0ffeffel Par Coco dans Actualité - Laisser un commentaire - 15

Je suis contente pour lui en tout cas !
Cependant j'espère qu'il conservera toujours ce petit grain de folie qui rend son travail si admirable.
Dans cette interview, on peut bien appercevoir que le designer n'a plus beaucoup de choses à voir avec celui qu'on montrait dans le doc de PRIGENT!
Ses collections, pour les 2 dernières, célèbrent la beauté du corps et la pureté des lignes en totale contradictions avec son idée de "TRASH IT" du doc'....
Il me fait un peu pensé à TOM FORD! Ils sont 2 designers américains qui ont connu beaucoup d'excès dans leurs vies et dans leurs boulots, ils ont vécu une phase de dépression et après, un retour aux sources.....
Pour son grain de Folie, je ne m'inquiète pas, il est très productif et il reste l'un des rares créateurs américains à rendre la mode excitante...
Son coté new yorkais déluré, son travail pour ses propres marques et pour Vuitton, son premier parfum pour homme qui ne me quitte jamais, son humour, son charisme, sa fragilité derrière ce grand coté superficiel et narcissique...je ne me lasse jamais de lui !
Sinon j'ai déjà vu ou lu pas mal d'interviews de lui, et à chaque fois j'ai été charmée. Il a l'air à la fois drôle, gentil et très cultivé, cela doit être une grande chance de le cotoyer.
De toute façon selon moi, "allumé" ou pas, il reste plein de talent !
A lire aussi : l'interview de Tom Ford dans le dernier Vogue Hommes International