Défilé Proenza Schouler - Automne/hiver 2014-2015

Alors que le Bon Marché lui consacrera bientôt une rétrospective, le duo américain Proenza Schouler continue d'affoler le pouls de la scène new-yorkaise en se focalisant sur la recherche textile...
Défilé Proenza Schouler 2015

Les inspirations :


Pour évoquer la genèse de leur collection, Jack McCollough et Lazaro Hernandez évoquent tour à tour le travail du sculpteur americain Ron Nagle (connu notamment pour ses mix de textures antagonistes), les notions d'abstraction, de spontanéité, d'instinct et d'humour, mais aussi le simple désir de s'amuser.

La femme Proenza Schouler :


Connaissant ses classiques sur le bout des doigts, la femme Proenza Schouler ne peut envisager revêtir des pièces n'affichant aucune filiation haut de gamme. Cette saison, c'est ainsi à Cristobal Balenciaga et Christian Dior qu'elle doit la colonne vertébrale de sa garde-robe hivernale, dont l'allure classique se voit immédiatement twistée par un usage décomplexé des imprimés. Mettant en pratique ses connaissances en Art Contemporain, la femme Proenza Schouler n'hésite en effet pas à télescoper les graphismes abstraits, donnant alors naissance à d'insolites compositions apparaissant comme autant de camouflages urbains. Infiniment sûre d'elle-même et aimant pouvoir se déplacer sans entraves, elle boude par ailleurs les talons pour des souliers plats faussement masculins et prône coiffure chaste et make-up quasi nude.
Défilé Proenza Schouler 2015

La collection :


En s'emparant des volumes emblématiques de la couture française (veste bar, ergonomie Balenciaga, etc...), Jack McCollough et Lazaro Hernandez assurent à leur collection une ligne irréprochable. Une base solide qui leur permet toutes les extravagances, entre charte graphique osée et traitement high tech des matières. On note également qu'entre marbrures aléatoires, lainages agglomérés, craquelures effet préhistoire, imprimés évoquant le grésillement d'un téléviseur déconnecté, usage intelligent du bleu Klein, patchworks de textures diverses et dégaine fondamentalement moderne, il émane des 35 silhouettes du show une captivante énergie sporty/arty.

Le dress code :


Si les looks multipliant les all-over graphiques ont ici la part belle, les Proenza Schouler n'en oublient pas pour autant de proposer des looks un brin plus faciles à appréhender en mêlant motifs abstraits et pièces monochromes. L'humeur est par ailleurs au col cheminé, aux carrures arrondies, aux découpes sportswear et au cintrage taille haute.
Défilé Proenza Schouler 2015

Les pièces fortes :


Les robes patchworks, les pièces au marbré tigré, les jupes découpes Givenchy ainsi que les blousons de biker devraient se voir rapidement bookés pour les shootings printaniers.

Ce que j'en pense :


S'ils font preuve de paresse en reprenant bon nombre des gimmicks de leurs précédentes collections (voir ici et ), Jack McCollough et Lazaro Hernandez ont surtout le chic pour s'approprier les points forts stylistiques de leurs confrères. Il est vrai que le duo n'a une nouvelle fois aucun scrupule à puiser détails et effets matières chez Nicolas Ghesquière, Riccardo Tisci ou encore Miuccia Prada. Et si le résultat s'avère visuellement convaincant (malgré certaines maladresses), on ne peut s'empêcher de déplorer l'incapacité des chouchous d'Anna Wintour à rendre une copie 100% Proenza Schouler...

Voir toute la collection : http://www.style.com/F2014RTW-PSCHOULER
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Par Lise Huret, le 13 février 2014 dans Défilés
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13 commentaires
Tous les commentaires
DinaIl y a 2 ans
Belle collection malgré un remake de la collection Balenciaga hiver 2012.
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OliveIl y a 2 ans
BALENCIAGA ! Non mais c'est fou quand même !
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handMODEIl y a 2 ans
J'ajouterai que cette collection continue les mêmes références volumétriques de 2013...
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SidhartaIl y a 2 ans
on dirait que le problème ici est exactement l'inverse de celui d'Alexander Wang : c'est l'absence d'ego.
Belle collection cela dit
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LucieIl y a 2 ans
Mais en même temps c'est quand même une maison qui n'a pas les mêmes moyens (recherche, personnels) que les autres mastodontes.
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Marie2ParisIl y a 2 ans
C'est vrai qu'il y a du Balenciaga dans l'air, mais ce bleu, mon dieu, ce BLEU! J'adore
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IsabelmarantophobeIl y a 2 ans
Waouh . Je sais pas ce qui c'est passé cette saison mais pour une fois tous les créateurs new-yorkais ont mis le paquet !
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Virginie Il y a 2 ans
Méga inspirant, mais si peu authentique... très bonne conclusion, Lise !
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MarieIl y a 2 ans
La collection 2015 est vraiment superbe!!! j'ai bien aimé surtout la robe en bleu , noir et blanc!!! C'est magnifique!!
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....Il y a 2 ans
Proenza Schouler ou le bal des imposteurs. A chaque saison, ils nous rabâchent leur discours sur la pseudo innovation des matières alors que ces techniques ont déjà été pour la plupart explorées par leur grande inspiration: Balenciaga par Nicolas Ghesquiere.

Cette saison, ils se surpassent. En plus de copier du Nicolas Ghesquière, ils copient Balenciaga par Alexander Wang qui est deja une copie de Balenciaga par NG (vous suivez)?
La coupe des vestes à basques me rappelle les grandes heures de Montana et Thierry Mugler.
La collection est réussie dans l'ensemble mais manque cruellement de personnalité. De plus, contrairement à la collection estivale, il n’y a pas vraiment de pièces ultra-désirables.

Mon principal problème avec les PS est qu'on a l'impression qu'ils créent pour que ca soit pointu, hype, moderne sans aucune vision. Je ne pourrais pas définir la femme PS...

NYC est toujours aussi ennuyeux hormis les magnifiques propositions de Michael Kors, Narciso Rodriguez, Reed Krakoff et Alexandre Herchcovitch. C'était beau, simple avec une certaine aisance, tout en restant moderne. Pour moi, ce sont là les meilleurs collections à NYC (en attendant Marc).
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SpunkyIl y a 2 ans
"Le bal des imposteurs" "manquent cruellement de personnalité" c'est New York, darling ! J'apprécie tes commentaires. Tu as l'oeil et l'esprit acéré.
Pour moi, Wang travaille dans le même état d'esprit, de l’esbroufe sur le podium mais sur les cintres et les portants, son travail est moins convaincant.
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Dimitri. Il y a 2 ans
"Cette saison, ils se surpassent. En plus de copier du Nicolas Ghesquière, ils copient Balenciaga par Alexander Wang qui est deja une copie de Balenciaga par NG (vous suivez)?"

C'était imprévisible, j'ai rigolé, beaucoup.
Merci pour ça ! HAHA !
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virginie/mode9Il y a 2 ans
Je suis à 100% d'accord avec ton analyse. Alors même si ils sont pour beaucoup dans l'intérêt que l'on porte depuis quelques années à la fashion-week new-yorkaise, ils n'ont pas su transformer l'essai et s'avèrent assez décevants !
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