Fashion week de Milan - Automne/hiver 2015-2016

2017
Entre gimmicks street-style, silhouettes phare, partis pris stylistiques, gossips et tendances émergentes, tour d'horizon de ce qu'il faut retenir de la fashion week milanaise...
Défilé Prada
Sur son podium couleur guimauve, Miuccia Prada télescope néo-matières et élégance standard vaguement rétro. Robes boules, blazers étriqués et manteaux de ville se taillent ainsi dans un néoprène "nouvelle génération", tandis que les cardigans se tissent dans un jersey de nylon innovant. Des textures high-tech que la madone italienne associe à quelques visons, sages chevrons et autres broches trop grandes en Plexiglas, afin de donner naissance à des silhouettes coquettes pour jeunes filles de caractère accro à la SF et aux macarons Ladurée (ou aux petits fours vert pistache).
C'est désormais une tradition : pas de défilé Prada sans "it bags" et "ugly shoes". Au menu de la saison : un mignonnet sac 2 en 1 et des bottines chaussettes à semelles à larges crampons en caoutchouc pastel.
Afin de renouveler la classique queue de cheval, on pense à s'inspirer du hair code Prada consistant à remonter ses cheveux sur le sommet du crâne, à les nouer en ponytail, puis à retenir cette dernière sur le côté de la tête via une large barrette strassée.
Défilé Moschino
Chez Dolce&Gabbana, on célèbre une fois de plus la famille, et tout particulièrement les mères. Entre robes imprimées des dessins des neveux et nièces des deux créateurs italiens (voir ici et là) et mannequins arpentant le podium avec leur progéniture (quand elles ne défilent pas enceintes), l'ambiance est à la bonne humeur. Et tant pis si le style de la griffe peine à se renouveler...
Après avoir détourné le logo de McDonald's puis créé une collection dédiée à Barbie, Jeremy Scott continue à faire de Moschino le théâtre de toutes ses fantaisies. Cette saison, l'espiègle créateur s'amuse ainsi à parer ses robes tee-shirts de personnages de cartoon et à réchauffer ses mannequins de blousons doudou aux allures de Teddy Bear, lorsqu'il ne tague pas joyeusement leurs longues robes de bal. Entre sens du business et envie de faire de la mode un espace récréatif, Jeremy Scott s'impose peu à peu comme la nouvelle poule aux oeufs d'or de la maison italienne...
Après J.Crew, c'est désormais au tour de No21 de tenter de remettre la vareuse au goût du jour.
Défilé Giambatista Valli
Chez No21, Alessandro Dell'Acqua tente de renouveler sa grammaire en multipliant les plissés et autres asymétries (voir ici, ici et là). Mais sans réussir à convaincre...
Fendi et Max Mara pensent au confort des fashionistas en imaginant des manteaux édredons (voir ici et là)...
Anna Dello Russo aime la surenchère. Cette saison, c'est sur un bronzage à la Valentino Garavani qu'elle mise pour éclipser ses consoeurs...
Avec ses variations de fleurettes brodées, imprimés ou tissées et ses volumes pour demoiselles aux longues jambes, la ligne prêt-à-porter "Giamba" de Giambatista Valli se révèle assez prometteuse. Dommage que le stylisme du défilé laisse à désirer...
Karl Lagerfeld se moque des inspirations vintage de ses jeunes concurrents en déclarant au sujet de sa dernière collection Fendi : "Je viens de redécouvrir le travail de Sophie Tauber, et j'adore la douceur de ses lignes. De toute façon, je n'ai pas le temps d'aller au marché aux puces !".
Chic et sportswear, le camel Max Mara se révèle toujours aussi efficace (voir ici et là).
Défilé Gucci
Si les cuissardes à la Pretty Woman font une apparition remarquée chez Versace, une version beaucoup plus flatteuse est néanmoins dévoilée au cours du défilé. Parmi les silhouettes du show, on retiendra par ailleurs celle mixant robe faussement sage et bottines chaussettes remontant mi-mollet.
Chez Jil Sander, pardessus oversize bleu marine et bottes oranges composent un duo faussement simple à l'impact visuel intense.
La nouvelle collection Gucci risque fort de dérouter les clientes de la griffe qui s'étaient habituées à la consensuelle Frida Giannini. Car s'il retravaille certains classiques de la maison italienne (mocassins, logo "GG", imprimé floral), Alessandro Michele - le nouveau DA - n'en livre pas moins un vestiaire étrange aux allures de garde-robe vintage sous LSD (voir ici, ici et là). Et si l'on ne doute pas qu'une fois dépareillées certaines pièces se révéleront tout à fait portables, difficile néanmoins d'adhérer aux mocassins yeti, aux transparences irréalistes et à la dégaine peu flatteuse des pantalons à l'entrejambe descendue...
Photo streetstyle

Petit point street-style


Le duo bustier/chemise se révèle moins "editorial" que prévu.
Entre claquettes de piscine fourrées et pantalon en maille, certaines fashionistas sacrifient leur allure aux tendances.
Le mix long pull/jupe midi allie avec brio confort et féminité (voir ici et là).
Le monogramme "LV" devient branché.
La tendance baskets se conjugue en mode seventies.
Si on s'autorise la veste noire à franges, on évite les modèles trop folk.
Attention aux total looks seventies manquant de subtilité (voir ici et là)...
La cape se porte avec des tennis blanches.
Partager l'article
Par Lise Huret, le 03 mars 2015 dans Défilés
Vous aimerez également
Fashion week de Milan - Printemps/été 2017
Il y a 2 mois - 18
EN SAVOIR PLUS
Inscrivez-vous à la newsletter
OK
17 commentaires
Tous les commentaires
MIl y a 1 an
@julien : Il y a des liens inversés à deux endroits :
- "Entre robes imprimées des dessins des neveux et nièces des deux créateurs italiens (voir ici et là) et mannequins arpentant le podium avec leur progéniture"
- "aux transparences irréalistes et à la dégaine peu flatteuse des pantalons à l'entrejambe descendue..."
RÉPONDRE
Julien (TDM)Il y a 1 an
C'est corrigé, merci :)
RÉPONDRE
ManonnnIl y a 1 an
Hello Lise,

As-tu vu ce papier sur style.com : http://www.style.com/culture/style-map/2015/street... ?

Merci pour l'article :) !

Manon
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Oui, je fais un article dessus demain ;)
RÉPONDRE
SamanthaMIl y a 1 an
J'ai hâte de savoir ce que tu en penses!moi en tout cas ça m'a bien déçue,même si dans le fond rien ne m'a vraiment étonné.
RÉPONDRE
maremeIl y a 1 an
Prévisible en effet de faire du street style un espace "pub" pour les marques.
La récupération a été la même que celle des blogs mode (là aussi, ça vire au cirque, avec en plus la possibilité de "rentabiliser" chaque geste de votre existence, du réveil au coucher... bientôt les blogueuses nous vendrons de l'alimentaire, des séjours, des voitures (ah, zu, on me dit que ça, c'est déjà fait...)), des apparts ...)
Là j'en suis au big retour aux sources: les défilés .... ( peut-être l'impression de faire une vraie rencontre, de me confronter à du réfléchi , à une vision...pas à de la pub...étrangement..)
pour moi, la boucle est bouclée: défilé- magazine-blog-streetstyle-défilé...
RÉPONDRE
La photo de la modeuse derrière la rangée de CRS (ou ce qui en tient lieu localement)... un "mix réussi" !!
RÉPONDRE
Pretty hurtsIl y a 1 an
On peut parler de michele chez gucci :) je ne sais pas je suis peut etre trop consensuelle et pas assez ouvert mais j'ai detesté . Ça n'avait ni queue ni tête je ne comprend pas l'inspiration . Et vu le peu de marketing qu'il y a eu sur son arrivée ca risque de faire un flop . De passer du glamour de frida à ... Ca ... Oui ca deroute un peu pourquoi ils n'ont pas donné la place à ricardo ! Meme le retour de Tom aurait été preferable
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Je pense comme toi... Un flop.
RÉPONDRE
....Il y a 1 an
Prada? Franchement, même si je suis fan de Miuccia, j'ai trouvé ca un peu facile. Rien de bien nouveau. En dehors des coloris pastels et des innovations de matières, rien d'excitant. Les robes n'étaient pas forcement flatteuses et même si ca reste beau, je pense que la crise actuelle chez Prada se fait ressentir sur le podium. Si on rajoute le fait que la collection ne se retrouvera meme pas en boutique...enfin!

Gucci? Pour moi le problème est simple: Il faudrait que la maison sorte de son obsession 70's qui dure depuis deja trop longtemps. De plus, changez le casting et le décor...gardez les vêtements et on se retrouve avec du Gucci par Frida circa 2006.
Gucci pense qu'en s'integrant à la tendance, le succès reviendra mais ils se trompent...terriblement!

FENDI est mon coup de coeur et la meilleure collection de la saison pour le moment (pour une fois que c'est pas Tom Ford...qui vient en 3eme). C'est rafraichissant de voir quelque chose de réellement contemporain, audacieux et beau. Les volumes, les pièces "doudounes" totalement démentes, le casting...
On peut dire ce qu'on veut de son travail chez Chanel mais j'adore l'audace et la liberté créative de ses collections pour Fendi.

Parce que Milan, ce n'est pas que ça, je voudrais parler de ces très belles collections dont on ne parle jamais:
-MARCO DE VICENZO, mon chouchou...le Christopher Kane italien (il est plus talentueux que CK a mon avis). Très beaux jeux de proportions et un merveilleux coloriste. C'est très adaptable dans la vie et toujours portable. Le capital "cool" est indéniable!
-TOD'S qui était très frais, charmant et sophistiqué. Une mode réaliste pour femme au pouvoir d'achat XXL...
-BALLY pour le merveilleux stylisme et le fabuleux tailleur pantalon. J'ai aimé l'audace dans les couleurs.
-ANTONIO MARRAS! Terriblement magnifique! A tomber! de la poésie, des volumes...un côté historique qu'on ne saurait dater....une de ses meilleures collections depuis un petit moment!

Anna Dello Russo doit arreter, maintenant! Nicolas Ghesquière m'a refait aimer Vuitton. Il est invroyable!
RÉPONDRE
NaomiIl y a 1 an
Marco de Vincenzo, waw ! Merci pour la découverte ! Sublime, très travaillé et très cool en même temps...
RÉPONDRE
deedeeIl y a 1 an
Lise,

En parlant "total look seventies manquant de subtilité" je crois qu'un petit article sur le sujet serait le bienvenu, parce que entre "le daim, nouvelle it-matière", les flares, les micro-robes à fleurs, les franges et j'en passe, ça va être difficile de ne pas passer pour un extra de Woodstock ou de "That seventies show" ce printemps !! Serait il possible d'avoir un petit précis vestimentaire pour éviter le fashion faux-pas de tomber dans le premier degré ?
Mes remerciements seraient éternels....
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Je vais y penser très sérieusement :)
RÉPONDRE
melfashiondiaryIl y a 1 an
je déteste la collection gucci mais cette saison prada m'a beaucoup plus et puis chez dolce c'est bien beau la famille et l'Italie mais a un moment faut se renouveler ca fait quoi 3/4 ans qu'ils s'inspirent de ça ?
RÉPONDRE
WilliamIl y a 1 an
Le logo Gucci me renvoie à ce que je lisais hier... Dans le numéro de l'Optimum de ce mois-ci, dont le sujet principal est la tendance "normcore", le nom de Gucci est évoqué : "Les plus grandes marques, bluffées par la maitrise d'Hermès qui n'a que très rarement dérogé à ces principes, s'y sont essayées. Parfois pour le pire. On murmurait dans les coulisses de la dernière fashion week que le départ de Frida Giannini de chez Gucci aurait été causé par l'effondrement du chiffre des dernières saisons, conséquence de sa volonté de suivre cette tendance No Logo. Une décision catastrophique pour ce genre de griffe à la fois puissante et identifiable. Vuitton l'a bien compris qui maintient à plein régime la machine logo. (...)"
Si telle est la raison de son renvoie (puisqu'il n'y a rien de certain), je me demande pourquoi personne, dans tout ce beau monde officiant pour le royaume Gucci, ne l'a freiné dès les premières saisons, lui expliquant que le client type Gucci aime à dépenser pour des articles dont le logo se prend "en pleine face".

Sinon, j'ai du mal à saisir l'idée régulière (sur plusieurs shows et chez différentes marques) de la "chaussure" à poils... Qu'on ne vienne pas me dire qu'ils explosent les chiffres de leurs maisons respectives avec ce genre d'article, je ne le croirai pas. Ou c'est simplement le coté "manque d'originalité", alors on colle ce genre de truc immonde en plein milieu, "pour faire bien".
RÉPONDRE
maremeIl y a 1 an
la pièce à logo est très rentable en effet. Souvent il s'agit d'accessoires (sacs, ceintures, lunettes...) donc de pièces plus "pérennes....Le client moins aisé ira plus facilement casser sa tirelire pour s'offrir une pièce griffée qu'il pourra porter plusieurs années/ léguer (ou revendre en période de crise) et le nouveau riche pressé de montrer son nouveau statut s'en parera pour se rassurer...

Concernant les souliers "velus", comme vous, j'ai l'impression que certaines pièces ne sont là que pour "rameuter" la foule: c'est un peu comme si on embauchait des rabatteurs pour attirer les chalands dans les cabarets... une pièce forte, même importable peut donner de la visibilité à un défilé de niveau moyen.
RÉPONDRE
matchingpointsIl y a 1 an
Nous retenons surtout "le camel Max Mara se révèle toujours aussi efficace", parce que c'est beau ! Mais faut-il se contenter du classique par manque d'inspiration des jeunes ?
RÉPONDRE
Ajoutez votre commentaire
Code anti-spam : veuillez recopiez le code numérique ci-dessus
POSTER
Instagram @tendancesdemode