Chronique #53 : Maison de famille

3254
On a tous grandi quelque part. Moi, ce fut dans la sublime maison de mon grand-père paternel, une maison au toit d'ardoises et aux briques rouges typiques du Nord de la France. À la fois cocon de mon enfance, refuge de mon adolescence et port d'attache de ma vie de jeune femme, cette maison sera vendue aujourd'hui. L'occasion pour moi de regarder en arrière afin de partager avec vous quelques souvenirs d'enfance liés à celle-ci...
Ma maison de famille
Août 1985 : Nous décidons avec mon frère de prendre notre courage à deux mains et de nous aventurer dans le grenier. Après nous être faufilés entre plusieurs malles poussiéreuses, nous découvrons derrière un immense pied de lampe en fer forgé le portrait en noir et blanc d'un vieil oncle en tenue militaire. Dès cet instant, il deviendra le "mauvais génie" de notre enfance...
Janvier 1986 : Après avoir longuement guetté l'apparition des premières perce-neiges au fond du jardin, je décide de les cueillir avec parcimonie, afin de ne pas détruire l'harmonie sauvage qu'elles composent. Je me jure également de me marier en hiver, pour pouvoir porter ces fleurs en bouquet le jour J...
Décembre 1987 : Une fois la nuit tombée et alors que la famille est attablée pour le dîner, je me décide après moult tergiversations à grimper dans les étages désertés afin d'aller chercher un chandail dans ma chambre. Je redescends les marches 4 à 4 avec le coeur cognant très fort dans ma poitrine.
Avril 1988 : Nous mettons la main avec mon frère et ma petite soeur sur un vieux matelas et décidons immédiatement d'en faire une luge pour descendre l'escalier de service (qui n'est pas recouvert de tapis). Nous finissons en bas de ces derniers, hilares et rassurés d'être toujours vivants.
Octobre 1989 : Une fois la permission obtenue auprès de ma mère, j'investis la cuisine avec la ferme intention de faire des crêpes. Après avoir longuement feuilleté les livres de cuisine puis préparé la pâte, j'appelle mon frère à la rescousse afin qu'il m'aide avec la poële. Nous n'obtenons finalement qu'une bouillie de crêpes, que nous ne tardons pas à noyer dans le sucre. Un régal...
Février 1990 : En fouillant dans l'une des grandes armoires à glace du premier étage, je tombe sur le journal intime de ma soeur aînée. Après avoir lancé un cri de victoire (qui ne manque pas d'attirer l'attention de l'intéressée), je dévale les escaliers, me réfugie dans les toilettes du bas et commence à en lire à haute voix les passages les plus croustillants. Ce qui ne manque pas de faire enrager l'auteur de l'ouvrage...
Novembre 1991 : Je décide d'aller une fois de plus contempler le nécessaire de beauté de ma défunte grand-mère, qui se trouve toujours disposé sur sa coiffeuse dans la chambre de mon grand-père. Face à son miroir à main en argent, ses délicates boîtes en verre et ses brosses à cheveux à poils blancs, je rêve à la femme qu'elle fut...
Avril 1992 : Dans le grenier récemment dépoussiéré et repeint, nous tombons avec mon frère sur un vieux tourne-disque et une valise entière de vinyle. Une pochette blanche marquée d'une tache noire et rouge attire notre regard. Nous sortons le disque qui s'y trouve et écoutons avec une émotion qui nous surprend "Le Voyage" de Leny Escudero. Est-ce la voix du chanteur, la tristesse de la mélodie ou les paroles romantiques ? Toujours est-il que cette chanson nous marquera tous deux durablement...
Ma maison de famille
Février 1993 : En recherchant les boîtes à chapeaux de ma grand-mère, je découvre en haut d'un placard une cassette métallique remplie de paquets de sucre. Surprise, je file questionner mon grand-père, qui m'apprend que le sucre était très précieux pendant la Seconde Guerre mondiale et pouvait même servir de monnaie d'échange. Une fois le conflit terminé, ma grand-mère avait continué de faire des réserves, au cas où...
Août 1993 : Le lendemain de la mort de mon grand-père, je découvre le petit salon transformé en chambre mortuaire. Il est tôt, il n'y a encore aucun visiteur, je me faufile auprès de lui, scrute son visage, espérant secrètement qu'il me fasse un clin d'oeil pour me dire que tout ceci est une farce... Sa mine sévère ne lui ressemble pas. Je lui dis adieu. Je sens que rien ne sera jamais plus pareil.
Juillet 1994 : J'aime me réfugier dans la fraîcheur de la cave lorsqu'il commence à faire chaud. J'hume alors avec plaisir son odeur si particulière, m'attarde devant les toiles d'araignées recouvrant certaines bouteilles de vin et ouvre des armoires aux portes branlantes pour inspecter la vieille vaisselle en faïence qui s'y trouve. Sans oublier bien évidemment d'inspecter les différents recoins en prévision de notre prochaine partie de cache-cache...
Septembre 1995 : Pour la première fois, mon père m'autorise à hisser à la manivelle les lourds volets en bois du rez-de-chaussée. Je suis infiniment fière de ce geste de confiance qui me prouve que j'ai vraiment grandi.
14 Juillet 1996 : En ce soir de fête nationale, toute la famille a rendez-vous sous les toits, dans la chambre d'une de mes grandes soeurs. De la fenêtre grande ouverte, nous contemplons émerveillés les feux d'artifice des villages voisins.
Septembre 1997 : J'ai enfin le droit de m'installer dans la toute petite chambre du haut ! Vivre dans cette ex-chambre de bonne me donne l'impression de vivre à Paris sous les toits. Très vite, les murs se retrouvent recouverts de tirades de Cyrano de Bergerac, que j'apprends par coeur en m'endormant...
Avril 1998 : En regardant attentivement les draps, serviettes, et autres linges de maison brodés délicatement des initiales de mes grands-parents, je prends conscience de la patience infinie et du savoir-faire précieux des femmes de cette époque.

S'il est douloureux d'imaginer que d'autres vont s'approprier notre paradis, que nous n'aurons plus de longues discussions dans la fraîcheur crépusculaire du jardin, que je n'entendrais plus la porte d'entrée s'ouvrir dans ce grincement si reconnaissable, que je ne pourrais plus aller humer les roses de mon grand-père ni cueillir les fruits du cerisier et que Charles ne grimpera jamais dans mon arbre à cabane, je suis sereine et pleine de gratitude envers cette maison qui fut la compagne bienveillante d'une partie de mon existence. Les souvenirs qui y sont liés m'accompagneront toute ma vie et je compte bien les faire revivre en les racontant à Charles le soir avant qu'il s'endorme. J'espère de tout mon coeur que les enfants qui y habiteront y seront aussi heureux que nous...
Partager l'article
Par Lise Huret, le 26 juin 2015
Vous aimerez également
Chronique #81 : Ma
Il y a 2 jours - 15
EN SAVOIR PLUS
Chronique #80 : Calendrier Pirelli 2017
Il y a 7 jours - 25
EN SAVOIR PLUS
Chronique #79 : Souvenirs scolaires
Il y a 12 jours - 29
EN SAVOIR PLUS
Inscrivez-vous à la newsletter
OK
54 commentaires
Tous les commentaires
BrunetteIl y a 1 an
<3 Magnifique...je crains un peu moi aussi la vente de la ferme typiquement alsacienne de mes parents...mais te lire donnerait presque envie que ce momentt arrive pour refermer ces pages et en écrire de nouvelles.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Essaie de la savourer au maximum tant qu'elle est encore dans la famille ;)
RÉPONDRE
SamanthaMIl y a 1 an
Bel hommage et magnifique maison, ça ne doit pas être facile de s'en separer. Moi je vis toujours là où je suis née et je ne n'aime pas vraiment l'endroit lol donc ça ne me gênera pas de lui dire adieu! Mais d'un côté je suis attachée à la maison en elle même et je ne supporterais pas d'y retourner une fois vendue!ça me ferais trop bizarre de voir d'autres personnes "chez moi", personne n'y a jamais vécu à part nous.
j'adore la photo de tes escaliers c'est très cinématographique ou bien sorti d'un roman!
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
C'est vrai que ce n'est pas facile, mais en même temps je suis heureuse que mes parents s'en séparent par choix et non à cause d'une raison triste (deuil ou autre)...

Je suis comme toi : je ne retournerai pas voir la maison désormais qu'elle est vendue. Je la garde dans mon coeur et je la laisse à ceux à qui c'est le tour d'y vivre :)
RÉPONDRE
NaomiIl y a 1 an
Oh... C'est très émouvant, Lise.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
;)
RÉPONDRE
anaIl y a 1 an
ooooohhhh je passe exactement par la même experience: la maison de ma grand-mêre va être vendue et on direait qu'une étape se termine (elle s'était déjà terminée , bien sur, mais ce pas symbolique impressione.

Celle-ci était devant la mer et je n'y passais que me vacances mais tant de souvenir y sont atachés: faire la gym avec mon grand-père le matin sur la terasse devant la mer, le salon ou toute la (grande famille se réunissait), les jours de noel, les déjeuners dans la terasse, les défilés de carnals qu'on observait d'en haut, déscendre àla plage à pied....

Enfin, je me dit que j'ai eu une chance énorme de pouvoir vivre tout ça et qu'on pourra toujours la voir de dehors et la montrer à mes filles (en les embêtant avec des histoires qui ne les interessent qu'à moitié ;)).

A
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Que de beaux souvenirs.
J'adore particulièrement celui-ci : "faire la gym avec mon grand-père le matin sur la terrasse devant la mer".

Je pense que tu as raison : mieux voir les choses positivement en se disant que l'on a eu beaucoup de chance d'avoir vécu dans ces beaux endroits plutôt que de se morfondre dans la mélancolie.

Bon courage quand même ;)
RÉPONDRE
AdelineIl y a 1 an
Ton texte est tres emouvant, je suis touchée....il me renvoit egalement à mes souvenirs d'enfance et de pré-adolescence que je passais dans un village des Pyrénées. Mon oncle et ma tante avait un camping (transmis par mes grands parents) et nous passions tous les étés avec nos cousins. C'etait un terrain de jeu fantastique melé aux premiers amours.
Malheureusement le camping a ete vendu et je fus bien triste. Je me suis alors rendu compte de tout ce que jy avais vecu et de l'enfance heureuse et insouciante que j'ai eu.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Je n'imagine même pas le nombre de géniales bêtises que vous avez dû faire avec tes cousins !

C'est triste qu'il ne soit plus dans la famille, mais c'est extraordinaire que tu aies pu y vivre tes vacances d'enfant (et d'ado) :)
RÉPONDRE
matchingpointsIl y a 1 an
C'est un très beau texte plein de souvenirs. La bâtisse fait vraiment maison familiale.
C'est un déchirement, c'est un adieu à votre enfance, pour de bon...
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Cette maison est faite pour abriter une famille nombreuse et pour résonner de rires d'enfants...

Ce n'est pas un adieu à mon enfance : mon enfance fait partie de moi et me nourrit tous les jours ;)
RÉPONDRE
NaïkéIl y a 1 an
Sublime ! Bon week-end :)
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Bon week-end à toi !
RÉPONDRE
OliviaIl y a 1 an
Que de délicatesse et de beauté dans ce texte! Je comprends bien ce que tu ressens, moi aussi, j'ai une maison qui a vu naitre, vivre et mourir quelques générations de ma famille, une maison à recoins, à odeurs, à bruits bien particuliers qui évoquent des souvenirs joyeux comme des frayeurs d'enfance. J'aime ta conclusion sur la gratitude, un sentiment que j'éprouve aussi envers les lieux ou les objets qui ont façonné celle que je suis aujourd'hui. Alors, nostalgie oui, mélancolie non! Je t'embrasse.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
J'espère de tout mon coeur que tu pourras encore profiter longtemps de ta maison "à recoins, à odeurs, à bruits bien particuliers qui évoquent des souvenirs joyeux comme des frayeurs d'enfance".
RÉPONDRE
Merci Lise pour cette superbe évocation, très émouvante et qui éveille nos propres souvenirs au fur et à mesure qu'on le lit ! Ah les grandes maisons avec grenier et cave, avec leurs pièces éloignées où l'on a un peu peur de s'aventurer, souvent de véritables cabinets de curiosité, Bachelard en a très bien parlé : elles nourrissent l'imaginaire. Grandir en appartement n'offre pas cette dimension au rêve... Les maisons de mes grands-parents, toutes deux grandes et intimidantes, ont été détruites. J'étais retournée voir le terrain ras avant qu'un immeuble ne soit construit dessus : j'avais été stupéfaite par sa petite taille tant le jardin, plein d'arbres, de sentiers, de statues, de chats et même d'un jeu de quilles nous semblait immense quand nous étions enfants. Je préfère le conserver ainsi dans mon souvenir.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
"elles nourrissent l'imaginaire" : c'est exactement cela. Qu'est-ce ce grenier a pu me faire peur, mais aussi rêver ;)

Certains lieux de notre enfance ne devraient jamais être confrontés à notre regard d'adulte ;)
RÉPONDRE
RéjaneIl y a 1 an
Quel beau texte ! J'ai retenu une larmichette !
Tu as vraiment un beau talent d'écriture. J'ai eu l'impression de vivre avec toi ces souvenirs d'enfance à travers cette magnifique deumeure. C'est toujours très difficile de prendre conscience du temps qui passe et des pages que l'on doit tourner, même si l'on sait que ces souvenirs resteront à jamais gravés, et que ce sont eux qui nous permettent d'exister...
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
C'est vrai que le temps passe et pourtant j'ai l'impression d'être encore très proche de la fillette qui cueillait des perce-neiges...

J'ai beau être maman, je pense que je serai une éternelle enfant, tant mon enfance fut belle et que je n'ai pas envie de l'abandonner totalement ;)
RÉPONDRE
LucieIl y a 1 an
mais quelle plume, mais quel style!! ca fait de votre vie un roman! De lire votre article ça me rappelle à quel point je n'en lis plus tant que ça des romans sur l'enfance, les Pagnol, la nostalgie...

enfin bon c'est pas plus mal, maintenant on se "divertit" surtout via internet. Un jour ça sera avec autant d'émotion que je ressasserai les tumblr de chiots, les gif potaches et les actuelles vidéos délirantes qu'on se partage à tout va.

Dit comme ça, ça a moins de charme, mais comme dans votre texte, ce sont des petits riens qui marquent notre mémoire personnelle :)
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Rien de tel que l'été pour se replonger dans l'oeuvre de Marcel Pagnol ! ;)

Tout ce qui compose notre vie durant un temps finira un jour par nous rendre nostalgiques ;)
RÉPONDRE
Sidharta Il y a 1 an
Ah, ton texte vient à point nommé, je suis allée revoir la maison de mon Grand père dans le Sud, vendue il y a 5-6 ans... quel déchirement !
Au moment de la vente j´etais triste mais j´ai pris les choses sereinement, "raisonnablement", convaincue que j´étais qu´il ne faut jamais s´attacher aux choses... et encore toute au chagrin de la perte de mon Grand père...
Mais 5 ans plus tard, de voir les volets repeints, le jardin transformé, le vieux saule jauni et le laurier envahissant coupés...
j´en avais les larmes aux yeux, la poitrine serrée dans un étau.
Heureusement que j´ai encore de la famille dans le village pour faire vivre les souvenirs, sinon je ne pense pas que j´aurais le coeur d´y retourner
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Oh, que cela a dû être dur...
Je pense que je n'aurais jamais le coeur de retourner voir la maison :/
C'est un adieu et non un au revoir que lui ai dit dimanche dernier ...
RÉPONDRE
Isabelle Il y a 1 an
Oh! Ces mots délicats ont le pouvoir de faire ressurgir toutes les maisons du bonheur de notre enfance, quelques doux souvenirs, une pincée de cœur de sentiments contrariés. Il y a toujours une maison enchantée cachée quelque part dans les méandres de nos souvenirs. Merci!
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
C'est vrai que tout cela a quelque chose d'universel ;)
RÉPONDRE
MilaIl y a 1 an
Les lieux ont une âme, cette maison en est riche et les nouveaux gardiens de cette belle bâtisse ont surement dû le ressentir.
Ma mère m'a amenée plusieurs fois voir sa maison d'enfance, je n'y ai jamais croisé personne, un peu comme si elle était encore un peu à elle. J'ai adoré voir ce fragment de l'enfance de ma mère, de partager cela avec elle. J'ai aimé cette maison. Si tu lui racontes toutes ces histoires, Charles captera un peu de l'âme de cette maison et de ton enfance, c'est un très joli cadeau.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Tu vois, l'une des choses qui me fait plaisir, c'est que la personne qui reprend la maison est un enfant du pays qui rêve d'y habiter depuis son enfance. Je trouve que tout cela a un sens :)

J'aimerais que comme toi avec ta maman, Charles puisse un jour savourer mes souvenirs ;)
RÉPONDRE
AbigailIl y a 1 an
<3
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Je t'embrasse :)
RÉPONDRE
HortenseIl y a 1 an
Bonjour Lise,

Je suis très touchée par votre texte : il fait écho à ma propre expérience de vie et met en avant quelque chose d'assez universel comme le montre les messages précédents. La maison de mes grands parents adorés à été vendue il y a un peu plus de 2 ans (ma grand-mère est décédée il y a 3 ans, mon grand père il y a 4 ans, tous 2 ont vécus toute leur vie, y compris les derniers jours, dans cette maison). Je ne m'en suis toujours pas remise ... Un rêve : un jour la racheter comme dans "Le Château de ma mère" de Pagnol ... Tristesse d'avoir appris certains changements (arbres et rosiers centenaire déracinés ...) effectués par les nouveaux propriétaires . Tristesse que ce que mes parents avaient acquis après tant d'efforts, mis tant d'énergie à entretenir, ce lieu qu'ils avaient toujours voulu ouvert, accueillant ne soit pas resté dans la famille. La génération de nos parents n'a plus, me semble t'il, le sens de la transmission, a oublié qu'il y a des choses qui se construisent, je crois, sur plusieurs générations ... Garder cette maison dans la famille aurait necessité de mettre en commun (projets de vie, finances ...) . Cependant, aujourd'hui, chacun souhaite faire son petit bout de chemin de son côté. Dommage je trouve. Je retire de cela plusieurs leçons de vie dont celles-ci : 1/ m'attacher le moins possible aux "murs" mais encore plus aux expériences, celles là personne ne peut nous les arracher 2/ vivre la nature comme ma maison, une maison grande ouverte et apprendre à m'y reposer aussi bien que j'ai pu le faire dans ce refuge où mes grands-parents ont su m'accueillir avec tant de tendresse.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Ton commentaire m'a mis les larmes aux yeux... Je comprends tellement bien les problématiques que tu évoques.

C'est compliqué de garder ces grandes demeures dans nos familles, une fois que ceux qui les habitaient au quotidien sont partis.

Bien sûr en tant qu'enfants devenu adultes, on s'est tous posés la question d'un possible rachat. Mais il faut que cela parle au conjoint, il faut que les métiers suivent et que les finances aussi... On a décidé finalement de laisser partir la maison.

Comme toi, je pense que moins l'on s'attache aux murs, aux choses, moins l'on a de chance d'être malheureux.
Et oui, la nature est notre maison à tous, à nous de la vivre comme telle :)

Pour ce qui est de la famille, le plus important à mes yeux est de continuer à nous (mes frère et soeurs et leur famille) retrouver régulièrement autour de nos parents. Qu'importe le lieu tant qu'on s'aime tous très fort :)
RÉPONDRE
Chez MargauxIl y a 1 an
Ton histoire est vraiment touchante Lise. Tu as réussi à nous transporter avec toi lors de ces années passées... Tes mots sont si bien choisis c'est ce qui rend cette histoire si forte et intense.

Beau week-end,
Margaux
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Merci beaucoup :)
RÉPONDRE
amelieIl y a 1 an
Lise, quand écriras tu un livre? Je l'attends.... patiemment....
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
C'est un rêve. Peut-être qu'il deviendra un jour réalité... ;)
RÉPONDRE
FredCIl y a 1 an
Lise
Je viens consulter regulierement votre site, même en temps qu'homme, pour prendre l'air du temps de la mode et du reste. Et certaines de vos chroniques sont trés instructives ou touchantes. Celle que je viens de lire se classe dans la deuxieme catégorie et les commentaires prouvent que je ne suis pas le seul à être sensible à la nostalgie... Cherir le passé n'est pas être passeiste, car c'est notre passé qui fait qui nous sommes...et je n'ai pas honte d'être ému quand les pages de ce passé se tournent . Je voulais vous faire partager les mots de Lamartine, et vous remercier de nous rappeler de façon si emouvante qu'il faut profiter des endroits qui font partis de nous, autant que des gens qui nous sont chèrs :
Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?..

Frederic
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Je ne connaissais pas ces mots de Lamartine. Merci de me les partager, ils correspondent si bien à l'émotion que l'on éprouve en quittant un lieu qui nous fut cher :)
RÉPONDRE
Miss GlitzyIl y a 1 an
Merci beaucoup Lise d'avoir partagé ces souvenirs. Et j'imagine combien il doit être difficile de dire adieu à cette si belle maison. Moi aussi la maison de mes grands-parents maternels va être vendue et même si je n'y ai pas vécu mon enfance, j'y ai plein de souvenirs. La revoir sans vie, un peu délabrée, avec son jardin devenu une forêt vierge a été un choc, mais salutaire car tout m'est revenu. J'ai revu mes grands-parents y vivant et cela a effacé la triste vision de leur fin de vie. C'est aussi le pouvoir des maisons.

Tout tes souvenirs tu vas effectivement pouvoir les transmettre à ton fils et peut-être ira t-il en chercher d'autres auprès de ses oncles et tantes et grands-parents lors de vos réunions de vos familles. Car l'essentiel est là, se retrouver, s'aimer et partager.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
C'est fou le nombre de souvenirs qui peuvent remonter au contact des lieux de notre enfance. C'est quasi magique !

Et oui, tu as raison : Charles ira également nourrir son imaginaire au contact des récits de ses oncles et tantes. Je l'envie presque : il est à l'aube de tant de découvertes !
RÉPONDRE
CéliaIl y a 1 an
Très bel article j'ai beaucoup aimé!! Et cette maison est magnifique, vraiment, j'adorerais y vivre! J'aime beaucoup les escaliers aussi. C'est tout à fait le genre de maison que j'affectionne, je n'aime pas les nouvelles maisons modernes, en cube, c'est trop lisse et trop terne, trop "parfait" surtout la déco genre Ikea eurk !
Haha toi aussi tu aimes sentir l'odeur des caves ?
Sinon c'est cool que tu ne sois pas très triste, je pense que comme tu as ta vie de famille et que tu n'y habites plus depuis un moment tu t'y es faite peu à peu. Même si les souvenirs restent.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
L'odeur des vieilles caves ? J'adore ! C'est tellement particulier. A chaque fois j'avais l'impression de pénétrer dans le passé de la maison...

C'est vrai que de ne plus y habiter depuis 2004 rend les choses un peu moins dures mais même sans y habiter, elle restait néanmoins le point de ralliement de la famille. C'est cela qui va me manquer le plus ;)
RÉPONDRE
CarroIl y a 1 an
Rien que de lire le titre, je savais que j'adorerais la chronique, merci Lise :)
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Merci Carro :)
RÉPONDRE
AnnaIl y a 1 an
délicieux :)
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Merci Anna :)
RÉPONDRE
LnIl y a 1 an
Que de souvenirs de cousins dans cette belle demeure également :) notamment quand on avait passer une semaine chez vous et on avait appris le corbeau et le renard ! Des instants magiques qui resteront inoubliables!
Bisous cousine xxx Ln
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 1 an
Oh ma chère cousine,
C'est adorable de venir te promener par ici !
Je me souviens très bien de cette semaine ;)
Je suis heureuse que la maison soit également pour toi pleine de souvenirs joyeux .
Je t'embrasse fort
RÉPONDRE
Sabine DuchadeuilIl y a 1 an
Je découvre ton magnifique hommage qui dégage une merveilleuse et une émotion intense .Je te comprends parfaitement .
Sois vraiment persuadée que tu es aussi attachante que cette belle maison familiale que tu décris si bien dans tes souvenirs .
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 2 mois
Merci ma chère Sabine, je vous embrasse fort.
RÉPONDRE
Veronique Il y a 2 mois
Je compatis. On ne fait jamais vraiment son deuil des lieux de son enfance. Ma mère a vendu notre maison de famille, il y a presque trente ans, déjà. Ça fait partie des choses que je ne lui ai jamais pardonnées.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 2 mois
Ton commentaire tombe à pic : depuis quelques jours je n’arrête pas de penser à cette maison. Je me noie dans mes souvenirs mais lorsque je réalise qu'elle n'est plus à nous, j'ai le vertige :/

Bon courage à toi :)
RÉPONDRE
Veronique Il y a 2 mois
Chère Lise, J'ai moi aussi parcouru le monde, vécu longtemps sans racines. Puis, à cinquante ans, suis revenue au pays natal. J'ai acheté une autre maison qui me donne beaucoup de bonheur. Puisse mon expérience te donner espoir.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 2 mois
Tu as raison : rien n'est figé, peut-être qu'un jour moi aussi j'habiterai une maison qui m'appartient et au sein de laquelle Charles aimera revenir...
RÉPONDRE
Ajoutez votre commentaire
Code anti-spam : veuillez recopiez le code numérique ci-dessus
POSTER
Instagram @tendancesdemode