Ce long turban de 4 à 30 mètres de long (suivant les circonstances) n’a pas la connotation politique du keffieh, symbole de la résistance palestinienne. À la différence de ce dernier, le chèche est souvent uni ou en dégradé de couleurs et sans franges. Il peut être en coton ou en lin et de différentes couleurs. A ce propos, la teinture à base d’indigo que les Touaregs emploient pour colorer leurs chèches en bleu leur a valu le surnom "d'hommes bleus", car l’indigo déteint sur leur peau. C’est au XXe siècle que les Anglais ont importé le chèche en Europe occidentale. L’attrait pour l’Orient, pour la vie nomade et le caractère authentique qui s’en dégage explique sûrement le succès de cet accessoire sous nos latitudes. Tout comme le chèche des touaregs, celui dans lequel se blottissent nos contemporains possède lui aussi une fonction de protection, non plus contre des éléments météorologiques extrêmes, mais contre les nombreuses agressions d’une vie citadine trépidante.
À l'image de Nicolas Ghesquière pour Balenciaga, d’Isabel Marant, de Riccardo Tisci, de Jean Paul Gaultier ou de Dries Van Noten, de nombreux créateurs cultivent encore aujourd’hui l’orientalisme. On retrouve ainsi de magnifiques chèches au coeur du défilé Givenchy automne/hiver 2009-2010, accompagnant les sarouels portés par des mannequins hommes ou femmes.









