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Valérie Leberichel : "Le vêtement doit vous révéler, jamais vous faire disparaître"

Si je devais donner un visage à la nonchalance chic et au minimalisme savoureux, ce serait sans nul doute celui de Valérie Leberichel. Celle qui a travaillé chez Céline, Miu Miu, Givenchy ou encore Gucci m'impressionne en effet par sa capacité à faire cohabiter pièces classiques et éléments inattendus, le tout auréolé d'évidence. D'où mon envie de lui poser quelques questions sur son rapport au vêtement.
Valérie Leberichel
Quels sont les vêtements qui ne rentreront probablement jamais dans votre armoire ?
Il s'agit d'un accessoire et non pas d'un vêtement : les chaussures à talons compensés. Je n'ai jamais aimé leur allure.

Y a-t-il une pièce que vous admirez chez les autres mais que vous ne porterez jamais vous-même ? Pourquoi ?
J'admire certaines silhouettes très conceptuelles, presque manifestes. Mais elles ne me ressemblent pas. Je crois profondément qu'il faut rester fidèle à sa personnalité, sinon le vêtement prend le dessus et l'on disparaît derrière lui.

Si un bon génie vous offrait un "souhait fashion", lequel choisiriez-vous ?
Une garde-robe intemporelle, parfaitement éditée, composée uniquement de pièces fortes et essentielles. Des vêtements que je pourrais porter indéfiniment sans jamais m'en lasser.

Avez-vous une base de look qui vous sert de point d'appui, ou vous réinventez-vous chaque matin ?
J'ai une forme d'uniforme depuis des années : un jean, un T-shirt, une chemise ou une blouse, un manteau ou une veste d'homme, et une belle paire de chaussures - parfois volontairement en décalage. C'est ma base, que je nuance selon l'agenda et la saison.

Pour vous, le style prime-t-il sur le confort, ou l'inverse ?
Le style prime, mais sans rigidité. Il faut un équilibre : je dois me sentir suffisamment à l'aise pour oublier ce que je porte et traverser des journées marathon sans y penser.

Comment définiriez-vous votre style aujourd'hui ?
Minimal, avec une juste balance entre masculin et féminin, parfois ponctué d'une touche fantaisiste. Elle passe normalement par les bijoux, les accessoires ou les chaussures. J'aime les contrastes : des sandales avec un manteau, un panier d'été porté avec un caban d'hiver.

Ce style a-t-il toujours été le vôtre ou s'est-il construit par phases ?
Il s'est construit au fil des années, naturellement, aussi à travers mon parcours professionnel. Évoluer dans la mode, au rythme des collections, ouvre le champ des possibles. Plus jeune, j'étais plus excentrique : je suis passée par des phases très classiques à des moments plus punk. Avec le temps, tout s'est épuré.

Vos vêtements influencent-ils votre humeur ou traduisent-ils votre état d'esprit ?
Il y a des jours plus sobres que d'autres, mais mes choix dépendent davantage de mon programme et de la météo que de mon humeur.

Votre rapport à l'art contemporain nourrit-il votre manière de vous habiller, que ce soit dans les volumes, les matières ou la manière de composer une silhouette ?
Je ne pense pas que cela influence directement ma façon de m'habiller, ou alors de manière inconsciente.
Valérie Leberichel
Le fait d'incarner l'image de maisons internationales vous expose en permanence. Comment cette visibilité influence-t-elle la manière dont vous vous habillez au quotidien ?
Depuis des années, j'intègre naturellement les maisons pour lesquelles je travaille à mon vestiaire, tout en préservant mon style et ma personnalité. Étant en charge de la communication et de l'image, il est important de porter la marque pour laquelle je travaille, mais sans être caricaturale. J'aime le mix and match, les contrastes, les dialogues entre les pièces. Les total looks sont plutôt réservés aux événements officiels.

Entre le regard des autres et votre propre regard, lequel pèse le plus aujourd'hui dans vos choix vestimentaires ?
Sans hésitation, le mien. Je sais ce que j'aime et ce qui me met en confiance. Mes journées sont très denses : je dois pouvoir presque oublier ma tenue pour rester pleinement concentrée et performante.

Que souhaiteriez-vous que vos vêtements disent de vous lorsque vous entrez dans une pièce ?
Que l'allure et la personnalité priment sur le vêtement lui-même. Une belle pièce doit vous révéler et ne pas vous déguiser.

Vous avez traversé des périodes très différentes du luxe, de Scherrer à Sabato de Sarno. Selon vous, quel changement a le plus transformé la manière dont les femmes s'habillent aujourd'hui ?
Le travail de Phoebe Philo chez Céline a profondément transformé le vestiaire de nombreuses femmes, aux personnalités pourtant très différentes. Son influence demeure très présente chez de jeunes marques encore aujourd'hui. Prada et Miu Miu restent également deux marques incontournables, avec une singularité constante et extrêmement inspirante.

Vous avez évolué au sein de plusieurs maisons aux ADN très distincts. Quelle signature stylistique vous a le plus marquée personnellement ?
Je pense à Phoebe Philo chez Céline. Ce fut un véritable déclic créatif et stylistique qui m'inspire encore aujourd'hui, mais aussi mes années chez Miu Miu et Prada, qui m'ont apporté plus d'audace.

Y a-t-il un vêtement ou une silhouette qui, pour vous, incarne la "puissance tranquille" des femmes évoluant dans des environnements exigeants ?
Le masculin/féminin, avant tout. Une silhouette spontanée, jamais surjouée. La puissance tranquille.

Comment gérez-vous votre garde-robe (don, revente, archivage) ?
Je donne un peu, je revends un peu, et je garde beaucoup. En général, je n'aime pas me séparer de mes vêtements.

Vous arrive-t-il d'avoir l'impression d'avoir trop de vêtements ?
Oui, souvent. Je me dis régulièrement qu'il faudrait faire le tri, d'autant plus que je porte souvent les mêmes pièces - sans doute par manque de temps.

Achetez-vous plutôt de manière réfléchie ou au coup de coeur ?
Plutôt au coup de coeur. Et lorsqu'une pièce me plaît vraiment, je peux l'acheter en plusieurs exemplaires, parfois dans différentes couleurs.
Valérie Leberichel
Choisissez-vous une pièce en fonction de votre garde-robe existante ou lui faites-vous confiance pour trouver sa place ?
Je lui fais confiance pour trouver sa place. Si elle me plaît instinctivement, c'est qu'elle correspond à mon style : je trouverai toujours une façon de l'associer.

Avez-vous un souvenir d'enfance lié aux vêtements qui influence encore votre manière de vous habiller ?
Le caban, peut-être. C'est une pièce que j'ai portée très jeune et qui fait toujours partie de ma garde-robe aujourd'hui. J'en ai plusieurs, chacun avec des détails différents. Ils passent les saisons, les années, et sont toujours là.

De quelle règle vestimentaire vous êtes-vous libérée au fil du temps ?
Ne pas mélanger les imprimés. Aujourd'hui, je peux associer des carreaux et des rayures, par exemple une veste à carreaux portée avec une chemise rayée. Mais cela reste occasionnel.

Comment parvenez-vous à mêler chic et nonchalance ?
En n'en faisant jamais trop. La retenue est souvent la clé de l'élégance. Dans une silhouette, tout est question d'équilibre.

Avez-vous un souvenir fort et précis associé à un vêtement en particulier ?
Les collections d'Helmut Lang, et en particulier le manteau 3/4 en moleskine que j'ai eu en différents coloris. J'étais obsédée à l'époque par tout son univers : ses collections, ses parfums, sa première boutique à New York. Une créativité minimaliste et utilitaire qui a aussi certainement inspiré mon style.

Quel vêtement avez-vous depuis le plus longtemps, et pourquoi le conservez-vous ?
Le Crombie coat de Céline (Phoebe Philo), un duffle-coat Céline (Hedi Slimane) et un manteau en shearling blanc cassé Miu Miu. Je les adore et je pense qu'ils m'accompagneront encore longtemps.

Vos accessoires (et notamment vos bijoux) insufflent à vos silhouettes un véritable supplément d'âme. Comment les choisissez-vous ?
Mon style étant plutôt minimal, les bijoux sont comme un second vêtement. Ils apportent une fantaisie et une dimension plus intime à mes silhouettes. Mon rapport aux accessoires est émotionnel. Les sacs, eux aussi, finalisent toujours un look. Il m'arrive d'en changer plusieurs fois dans un week-end, lorsque j'ai le temps. La façon de le porter est aussi très importante pour moi.

Y a-t-il un conseil vestimentaire que vous auriez aimé recevoir à 20 ans et que vous pourriez transmettre aujourd'hui ?
Rester fidèle à soi-même, même au coeur d'un univers aussi mouvant que la mode. La cohérence personnelle est plus forte que toutes les tendances.

Son compte Instagram : https://www.instagram.com/valerieleberichel/

Son article "Le bon style" rédigé en 2022 : https://www.tendances-de-mode.com/2022/01/28/4427-valerie-leberichel-le-bon-style
Par Lise Huret, le 25 décembre 2012
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