We Should All Be FeministsDéfilé Balenciaga

Le féminisme et la mode

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Plus que jamais dans l'air du temps, la notion de féminisme fait ces derniers temps le miel de la sphère mode. Pour traiter de cette thématique ô combien délicate, j'ai eu envie de donner la parole à mon ami Emmanuel Isaia ; un jeune homme qui, après avoir évolué dans la mode parisienne pendant près de 11 ans, partage aujourd'hui son temps entre son média en ligne LuxeMode.fr et la très exclusive agence Grand Luxury Hotels. Il faut dire que lorsque je ressens le besoin de décortiquer les rouages de la sphère mode, c'est souvent vers lui que je me tourne…
We Should All Be Feminists
« Rédige-le ce papier toi ! »

Voilà comment au détour d'une conversation, Lise m'a confié une mission à ne pas prendre à la légère… Ceux et celles d'entre vous qui me connaissent au travers de mes avis bien tranchés en commentaires des articles de Lise le savent, j'ai parfois tendance à être radical dans mon propos, mais cela ne m'empêche nullement de réfléchir. Et justement, la conversation que j'avais ce jour-là avec Lise tournait à une analyse du Féminisme dans la Mode, avec pour point de départ les fameux T-Shirts de Maria Grazia Chiuri pour Dior, aux messages qui me paraissent quelque peu simplistes, d'un « We should all be feminist » à un « Why have there been no great women artists ? ».

Certes, la première version de ce T-shirt enflamma la toile et fut immédiatement adoptée par les influenceuses de tous bords, nonobstant son tarif rédhibitoire, mais le dernier en date me laissa dubitatif, car il remettait en question quelque chose qui n'avait pas lieu d'être. Il suffit en effet d'ouvrir un dictionnaire des noms propres pour les trouver ces grandes artistes, et pas qu'au cinéma ou dans la musique, mais bien dans l'art en général sous toutes ces formes…

La mode, qui s'inspire du monde qui l'entoure tout en l'inspirant à son tour par ses interprétations, semble aujourd'hui avoir laissé la place à une recherche permanente de profit. Et cela passe aussi par l'exploitation du féminisme.

Mais quel féminisme au juste ? Je pourrais vous parler de sa forme classique telle que nous le propose le Larousse : « Mouvement militant pour l'amélioration et l'extension du rôle et des droits des femmes dans la société ».

Soit.

Maintenant, il convient de le replacer dans le contexte actuel.

Et l'actualité est plutôt riche de ce côté-là. Au militantisme intellectuel de la fin du XVIIIe à la fin du XXe siècle mené par des femmes comme Simone Veil, Gloria Steinem, Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir et tant d'autres qui ont laissé leurs écrits et le fruit de leurs actions à la postérité, ont succédé des égéries autoproclamées comme Beyoncé, Lady Gaga ou Kim Kardashian, ainsi que toute une jeune génération brandissant haut et fort le #Feminist, sans toutefois en mesurer la véritable importance…

La parité, l'égalité des salaires, et aujourd'hui la dénonciation de tout ce qui peut s'apparenter de près ou de loin à une agression sexuelle trouvent bien évidemment leur écho dans la mode. À titre d'exemple, la femme Balenciaga sort en robe imprimée de billets de 500 euros pour le printemps été 2018, elle est forte, elle assume. Mais elle assume quoi au juste ? Le fait de réussir ? Le fait de ne pas se laisser marcher dessus par un homme ? Pourquoi pas.
Défilé Balenciaga
En tant qu'homme, je ne peux qu'assister au spectacle terrible proposé par les célébrités qui, de selfies dénudés en selfies déhanchés, proclament leur foi en un féministe agressif sans aucune prise de recul ni même une réflexion aboutie sur le sujet. Pourtant, dans mon entourage proche, je n'ai encore vu ni ma mère, ni ma soeur, ni mes amies poster des photos d'elles dans la veine des selfies de Kim K. pour proclamer leur féminisme. Je vois des femmes aimer la mode, la consommer, l'adapter à leur vie quotidienne, chacune avec ses moyens, et justement être femmes dans leur carrière, dans leur vie, au sport ou pas, dans un juice bar ou dans un steackhouse, avec combo mari/enfants ou pas, sans se borner à adopter les codes finalement restrictifs de ce féminisme moderne qui manque cruellement d'audace et se révèle trop souvent mercantile.

Ayant longtemps évolué au sein de plusieurs maisons parisiennes, de Jean Paul Gaultier à Balenciaga en passant par Céline et Givenchy, j'ai travaillé au quotidien avec des femmes qui font la mode. Je n'irais pas jusqu'à me définir comme féministe dans le sens engagé, mais l'éducation que j'ai reçue et mon expérience ne m'ont jamais contraint à voir une différence entre les hommes et les femmes dans l'univers professionnel ou quotidien, même si à mon niveau j'ai bien remarqué que certaines femmes des plus talentueuses se heurtaient à un plafond de verre malgré une direction se défendant de tels traitements.

Mais revenons-en à la Mode. Les années 2000 étaient celles du it-item : le sac, la chaussure, le manteau, la marque. La marque justement. Si Monsieur a raté sa vie sans Rolex avant 50 ans, Madame a raté sa vie tout court si elle n'a pas son Trench Burberry, son Classic de Chanel, son Speedy de Louis Vuitton, sa paire de Louboutin, son Birkin Hermès, et j'en passe. Et si en plus en 2017 elle n'est pas #vegan, on ne peut plus rien pour elle, c'est terminé.

Vous comprenez mon cheminement ? J'ai l'impression de partir dans tous les sens, mais c'est pourtant clair : comment le féminisme qui est un mouvement visant à libérer la femme a-t-il pu être ainsi récupéré par la mode pour devenir un diktat aux seules fins de retombées financières pour les marques, et cela sous les applaudissements des principales intéressées qui en redemandent ?

Si autant de femmes sont prêtes à mettre 600 euros dans un T-Shirt en coton blanc proclamant le féminisme parce qu'il est estampillé Dior, combien seront-elles à mettre la même somme pour créer une fondation ou un think tank dédié à cette cause, qui à l'aube des années 2020 est en train de prendre une nouvelle dimension ?

Il fut un temps où la mode inspirait le monde par sa créativité. Il fut un temps où la mode sublimait la femme non pas au travers d'un vêtement trophée, mais au travers d'une création qui racontait une histoire. Il fut aussi un temps où les femmes n'avaient pas besoin d'un t-shirt à message pour affirmer leurs idées.

Et si le féminisme c'était aussi le pouvoir de faire comprendre à la mode ce qu'on attend d'elle ?

Retrouvez Emmanuel Isaia sur Instagram : https://www.instagram.com/emmanuel_isaia/
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Par Lise Huret, le 13 novembre 2017 dans Analyses
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108 commentaires
Tous les commentaires
FlewellIl y a 6 jours
Excellente analyse !
Merci pour votre point de vue éclairé, qui ne fait que confirmer ce que je craignais le plus : à cannibaliser les sens des mots, on finit dans une soupe indigeste mixée à coup de hashtag qui finit peu à peu à rentrer dans le sens commun... et à tuer le vrai combat qui est le féminisme.
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EmmanuelIl y a 6 jours
Dans quelle direction faudrait-il partir Flewell pour faire avancer les choses ?
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FlewellIl y a 4 jours
C'est difficile à dire, puisque le combat est quand même fort de ces réseaux sociaux, (#metoo et consorts), je pense que pour l'instant on peut voir le bon côté des réseaux. En attendant il peut toujours être profitable, de près ou de loin, de mettre le féminisme sur le devant de la scène, qu'il soit tamponné un t-shirt ridiculement overpricé, sorti de la bouche d'une certaine Kim, ou ben tiré d'une campagne de l'ONU. Au moins, on en parle, on donne son avis, et rien que de critiquer un bout de coton peut faire avancer les idées et c'est important.
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....Il y a 6 jours
AMEN TO THAT!
Que rajouter de plus?!

Le t-shirt à messages féministe c'est un peu un moyen simple de détourner l'attention sur la pauvreté d'une proposition créative.

Je considère la mode comme une arme pour les femmes. Un pantalon bien coupé ou même une robe hyper sexy à la limite de la vulgarité peuvent apporter ce boost de confiance en soi qui nous permettent d'affronter le monde.

Alors, quand on voit se t-shirt....
Et puis, quand on voit les collections qui accompagnent ces vêtements....
Des robes de princesses Disney Haute Couture portées par des adolescentes en pleine croissance pour une allure finalement asexuée... Bref!

Tu as tout dis, des stars américaines récupérant le filon comme les politiques savent le faire , tout est bien développé.

J'aimerai bien lire d'autres articles comme ça. Une belle proposition Lise!
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Julien (TDM)Il y a 6 jours
C'est Emmanuel Isaia qui a écrit l'article, comme c'est indiqué dans l'intro ;)
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....Il y a 6 jours
Oui, justement... Je voulais dire que c'était une belle proposition de faire appel à Emmanuel comme contributeur pour ce billet d'humeur. :)
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EmmanuelIl y a 6 jours
merci .... :)
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Julien (TDM)Il y a 6 jours
Ok je comprends maintenant ce que tu avais voulu dire, et qui était d'ailleurs assez clair :)
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emmanorIl y a 6 jours
c'est la mode des tee shirts à message, le message féministe en est un parmi tant d'autres... ça n'a pas beaucoup de valeur je trouve. seules comptent les actions concrètes finalement.
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EmmanuelIl y a 6 jours
Justement Emmanor, parlons en ! :)
J'ai écrit le billet pour aller au delà du T-shirt à message. Le sujet est bien plus vaste. N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez !
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emmanorIl y a 6 jours
je ne sais pas si la mode peut vraiment faire quelque-chose pour la cause féministe. Il s'agit d'établir une égalité qui n'a jamais existé, de remettre en cause des siècles de culture. C'est un travail à long terme.
La mode me semble basée sur une logique éphémère et elle est soumise à la nécessité de vendre.
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EmmanuelIl y a 6 jours
Excellent point en effet. Mais justement au delà de cet aspect purement mercantile que peut on espérer ?
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EmmanorIl y a 6 jours
Ce qu'on pourrait espérer c'est que les acteurs de la mode montrent l'exemple dans leur vie de tous les jours, dans leur entreprise, ou effectivement participent à des projets qui améliorent l'égalité hommes-femmes ou les financent ...
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AlixIl y a 6 jours
Je suis d'accord avec emmanor: je ne pense pas que la mode puisse répondre aux attentes du féminisme, ni que ce soit d'ailleurs sa vocation.
En revanche, effectivement, dans l'exemple du quotidien, ces professions ultras médiatisées peuvent montrer qu'il y a une façon différente de faire les choses. Ne serait-ce qu'en montrant des corps et des beautés de tous types.
Le féminisme ayant pour but de permettre aux femmes d'être pleinement elle-même, la meilleure des actions est probablement celle qui ne revendique rien mais qui agit réellement, à l'instar de Coco Chanel qui en libérant la femme du corset lui offre une liberté d'action inédite!
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EmmanuelIl y a 6 jours
Bonne idée! Kerring a mis en place cette chose, mais je connais des employés qui me disent que dans les faits y a encore beaucoup à faire...
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CarolineIl y a 5 jours
Une manière simple d'être féministe dans la mode : mieux traiter les mannequins femme! Je ne sais pas si les gens ici ont écouté le podcast the BoF, le témoignage du directeur de casting est édifiant/glaçant... Et, comme il le dit très bien, la maltraitance envers les mannequins se font au nom des maisons de mode et des grands groupes de luxe.
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EmmanuelIl y a 5 jours
Oui ça peut commencer par là, mais avant que cela arrive, les poules auront des dents... Je ne suis dupe ni des discours bienveillants des patrons de LVMH ou Kering, ni de leur fameuse charte... Mais observons.
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CarolineIl y a 5 jours
On est d'accord...
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LéaIl y a 6 jours
Les grilles de lecture féministes offrent les critiques plus virulentes de la mode, et aussi les plus pertinentes je trouve :)
Souvent, elles viennent de gens extérieurs au monde de la mode (comme Nadia Daam, qui a écrit plusieurs articles géniaux sur Slate à ce sujet, notamment sur ce qu'elle a appelé le féminisme "choupi" , ou encore sa réaction à un édito de Glamour).
C'est dommage que le monde de la mode ne soit pas capable de s'en emparer "de l'intérieur". Pour l'instant j'ai l'impression que la mode n'en est qu'au stade de la réaction défensive face aux critiques féministes, et pas encore au stade constructif (cf le fameux t-shirt !).
Simple curiosité : Emmanuel, je ne doute pas de ton expertise sur la mode, est-ce que tu considères que tu as la même sur le féminisme ?
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EmmanuelIl y a 6 jours
Pas du tout Léa justement, l'idée était en partant d'un échange de mettre le sujet sur la table et de débattre. On ne peut pas être expert en tout, mais cela n'empêche pas d'avoir un avis. Et je le redis, j'ai écrit ce post parce que justement je m'interroge et que j'avais envie qu'on en parle ensemble ici. Mon propos n'est d'ailleurs pas de donner une leçon dans le texte, mais d'ouvrir un débat.
:)
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LéaIl y a 6 jours
Oui, je trouve ça très bien d'ouvrir le débat :)
"On ne peut pas être expert en tout" -> oui, ça prend énormément de temps de lire, découvrir les personnes-clés, se former un avis... bref d'investir un champ. Mais on va voir émerger des gens qui ont une "double culture" mode et féminisme :)

Pour le moment, j'ai l'impression que l'industrie de la mode cherche à s'accommoder d'un certain "féminisme de marché", de façon à désamorcer certaines critiques. Mais pas toutes ! le black feminism et l'afro-féminisme se font de plus en plus entendre, des concepts comme l'intersectionnalité ou la charge mentale arrivent peu à peu aux oreilles du grand public...

Dernièrement j'ai lu "Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale". ça ne parle pas spécifiquement de la mode, mais Titiou Lecoq aborde à un moment la question des réseaux sociaux et d'Instagram de façon très fine, et c'est une question qu'on se pose beaucoup ici aussi ;) En tout cas je recommande, le sujet du livre, qui peut faire lever les yeux au ciel, est vraiment abordé de façon délicate. Et puis, c'est Titiou, donc c'est très drôle tout en étant bien documenté.
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EmmanuelIl y a 6 jours
Tu as tout à fait raison, sans être expert, rien ne nous empêche de lire sur le sujet pour notre culture personnelle.

Je remarque d'ailleurs que dans l'industrie de la mode, certaines femmes comme Diane Von Furstenberg, Stella McCartney ou encore Victoria Beckham n'imposent pas une vision tranchée purement mercantile. Elles affirment au travers de leur création l'image d'une femme réaliste, avec un engagement ou pas, mais qui vit sa féminité de façon épanouie plusqu'elle ne s'engage dans une cause. Et cette vision me rassure quand au bien fondé de leur positionnement. Qu'en penses tu ?
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RéjaneIl y a 6 jours
Alors là : BRA-VO !

ça fait tellement de bien de lire un article si intelligent, qui pose les bonnes questions sur le féminisme. Cet article aurait du être écrit par une femme, et ce n'est pas le cas. Pourquoi ? Parce que justement, beaucoup d'entre elles entrent dans de nouveaux diktats sous couvert de féminisme et ne font qu'aliéner leurs consœurs. Cela passe par beaucoup de choses : Instagram, les magazines féminins, les marques, l'argent, l'image.... Et c'est regrettable.
Je pense notamment en date à l'interview de Sarah Forestier sans maquillage, et à la réponse d'Enthoven, un peu extrême certes, mais juste à mon sens, lorsqu'il dit qu'elle "porte le masque de celles qui ne portent pas de maquillage".
L'intention de Sarah Forestier est louable, mais en faisant ça, elle agit encore dans un nouveau carcan. Ce qu'il faudrait, c'est que les femmes soient libres tout court et qu'elle se moquent bien de ce que l'on peut penser d'elles. Ça demande du recul, du détachement et surtout une grande confiance en soi. Si avant de parler de féminisme on retrouvait un peu d'humanité simplement ?
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EmmanuelIl y a 6 jours
C'est une bonne question Réjane. Mais l'humanité passe aussi par le travail sur eux même des hommes non ? Quand je vois ce qui se passe aujourd'hui autour du harcèlement qu'il soit sexuel ou pas, dans nos sociétés modernes, c'est affligeant. Ma maman me demandait d'ailleurs l'autre jour pourquoi toutes ces actrices célèbres n'avaient pas mis autant d'énergie pour venir en aide aux jeunes filles enlevées par Boko-Haram. On se contente d'un # pour se donner bonne conscience, mais où est l'action ?
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Réjane Il y a 6 jours
Encore un culte de l'apparence selon moi. On en parle pour porter le masque de celles qui militent. Mais au final bien peu d'actions. C'est malheureux. Et les T-shirt Dior d'une concupiscence sans nom...Les femmes ne valent-elles définitivement pas mieux que ça ?
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EmmanuelIl y a 6 jours
N'est ce pas à vous les intéressées de dire Non je n'achèterai pas ce tshirt ? Voilà qui aurait un vrai impact.
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CarolineIl y a 5 jours
Là, il faut relire les "classiques" du féminisme qui expliquent les injonctions contradictoires auxquelles les femmes sont soumises... The Beauty Myth, Beauté Fatale, etc.
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lilidesacyIl y a 6 jours
Je suis ravie de lire une analyse si fine et si juste (selon mon point de vue) de cette "tendance". Et cela pousse ma propre réflexion alors merci beaucoup !
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annaIl y a 6 jours
Après avoir écrit un commentaire long comme un jour sans nouvelles des Kardashians je vous épargne mes lapalissades et coups de gueule pour relire le texte qu'a écrit Emmanuel dont la conclusion "Et si le féminisme c'était aussi le pouvoir de faire comprendre à la mode ce qu'on attend d'elle ?" résume finalement, et bien plus élégamment que moi, le fond de ma pensée. La mode pourrait être le média d'un féminisme qui est un pouvoir, donc une liberté et non pas une posture destinée à ressasser un message auquel ceux qui le diffusent ne croient pas...
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EmmanuelIl y a 6 jours
Mais Anna au contraire allez y on a envie d'échanger et de débattre. C'est important !! :)
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SamanthaMIl y a 6 jours
L’industrie de la mode (luxe ou pas), en tout cas comme elle est aujourd’hui, n’ai pas féministe et ne défend en rien cette cause. Elle réduit bien souvent la femme à une frénétique de l’achat, assouvissant ses pulsions matérialistes. LA femme de notre époque dépeinte par la mode n’est ni féministe, ni altruiste et encore moi s intelligente. Mon propos est radical désolée mais même si j’adore la mode c’est ce que je ressent. Et les célébrités en vogue n’arrangent pas les choses, Kim Kardashian justement et toutes celles lui ressemblant ne contribuent pas à améliorer le statut de la femme dans la société. Elles sont peut être « des femmes d’affaire » mais elles ne sont pas des exemples de réussites. Les femmes importantes de nos jours et qui peuvent faire avancer les choses sont les chefs de petites entreprises, les femmes cultivées (d’où l’importance de l’ecole Pas encore accessible dans tous les pays), les femmes meme avec peu d’instruction mais débordantes de volonté et courageuses. Et en ce qui concerne des portes paroles célèbres dignes de ce nom je n’en vois pas beaucoup ou du moins elles ne viennent pas à l’esprit tout de suite.
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SamanthaMIl y a 6 jours
N’est*pas féministe
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EmmanuelIl y a 6 jours
Justement SamanthaM, c'est ça que je trouve intéressant : Ton propos radical !! :)
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AnnaMIl y a 6 jours
+ 1 !
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LaBlondeauxBijouxIl y a 3 jours
Merci infiniment SamanthaM ! Je me sens directement visée par vos éloges, même si nous ne nous connaissons pas. Quelle injustice de voir à quel point nous, créatrices de PME surdiplômées, avons du mal à exister et à faire exister ce pour quoi nous avons investi toute notre vie. D'autant plus dans un pays qui maltraite ses entrepreneurs et patrons.
Du fond du cœur, merci encore ! 🙏🏼
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EmmanuelIl y a 3 jours
LaBlondeauxBijoux j'attends ton point de vue de créatrice d'entreprise, d'entrepreneure et de femme qui dirige !!! Dis nous comment tu vis tout ça au quotidien et comment tes créations (tu crées des bijoux ?) s'inspirent du monde qui t'entoure ? ou pas !
:)
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HélèneIl y a 6 jours
Bonjour Emmanuel,
J'ai trouvé l'article très juste.
Simplement,« Why have there been no great women artists ? » est une phrase à replacer dans son contexte : c'est le nom de l'essai de l'historienne de l'art féministe Linda Nochlin.
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Cécile Il y a 6 jours
Merci de cette information... et du coup, en faisant des recherches
https://www.amazon.fr/gp/aw/cr/110191176X/ref=mw_d...
Cela donne finalement un autre regard sur les phrases des T-shirts Dior (même si je les trouve toujours horriblement chers)
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Aubepine Il y a 6 jours
Merci, tu m’as devancée!
La mode n’est pas toujours inculte et le féminisme light de Maria Grazia Chiuri est à chaque fois un hommage à des figures importantes (inspirantes pour parler en langage Instagram) : chimamanda ngozie et Linda nochlin récemment decedee.
Deux générations différentes, des modes d’action différents.

Et justement, en ouvrant un dictionnaire (Mieux, en allant dans un musee), y a pas tant d’artistes femmes que ça et, surtout, leur visibilité est bien moindre. En revanche les nus féminins ne manquent pas ;-)
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MarieIl y a 6 jours
Virginia Woolf aborde ce sujet dans "Une chambre à soi".

Je te conseille aussi https://www.glamour.com/story/glamour-exclusive-pr... (Barack Obama) et https://www.youtube.com/watch?v=c9SUAcNlVQ4 (Emma Watson) :)
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UnicaIl y a 6 jours
Bonjour,
je me permet cependant un ajout, le " « Why have there been no great women artists ? ». est une référence à l'historienne d'art Linda Nochlin. C'est le titre d'une article, qui après avoir paru dans une revue féministe a été édité avec grand fracas dans la revue "Artforum" dans les années 1970.
C'est un article statement pour qui s'intéresse a ces années là. Aussi je pense que cette citation spécifique est tout autant féministe qu'un clin d'oeil aux seventies, dont les relents modesques sont très perceptible.
http://deyoung.famsf.org/files/whynogreatwomenarti...
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EmmanuelIl y a 6 jours
D'accord Hélène, et merci pour la référence, c'est bien de l'inclure, chose que je n'ai pas faite. Mais pour toi et quelques unes ici qui êtes sensible à l'auteur de ces mots, combien qui n'en savent rien et qui ne se poseront jamais la question, ne se concentrant que sur l'aspect #SoCool de la pièce ?
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mariannehéhéhéIl y a 6 jours
Hello,
J'ai un autre regard car je n'attends "rien" de la mode, et certainement pas l'émergence du début d'une idée !. Je pense qu'elle est justement à sa place quant elle récupère et exploite commercialement une tendance. Pour moi elle dit des choses sur notre monde, point.
Entre la représentation de la femme (maigreur et retouche), les conditions de fabrication, la surproduction, l'ultra consumérisme... c'est pour moi comme toutes les autres industries (phrama, agro alimentaire, ...) une plaie faite de cynisme et de bêtise crasse...
Alors, comment porter le moindre crédit à Dior quand dans le même temps l'industrie communique fièrement sur l'interdiction de la taille 32 hahahahha. La base du féminisme serait peut être d'arrêter avec ces représentations déconnectées du corps d'une femme, non ?... Quand à la "pornographie ordinaire" incarnée par les vedettes de la télé réalité, c'est pour moi un problème gravissime. Je suis passée hier devant une vitrine Etam. Il y a 20 ans (j'ai 45 ans) ce genre de modèle n'étaient vendus qu'à pigalle. Pour une marque mass market j'ai vu là un message édifiant. Après que tout le monde soit paumé dans la relation homme-femme c'est assez peu étonnant.
Donc on avance d'un pas on recule des 4... à chacun de faire au mieux avec tout ça mais je crois qu'on est foutu et que Dior ne nous sauvera pas :) Merci pour ton article !
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Svs au LuxbgIl y a 6 jours
Chère Mariannehéhéhé,
Je partage totalement ton point de vue, c’est exactement le fond de ma pensée !
Merci à toi ;)
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marmotteIl y a 6 jours
Alors là complètement d'accord : la mode actuelle propose de plus en plus des vêtements qui, il y a encore assez peu, étaient destinés aux péripatéticiennes....les publicités exposent des femmes dans des poses de plus en plus lascives....la femme n'a jamais été autant un objet de consommation et la mode lui suggère de l'ETRE .
où est l'élégance, le chic, le mystère de la femme? je ne revendique pas l'égalité homme-femme qui est, selon moi, un NON féminisme, mais bel est bien de pouvoir assumer notre vraie altérité et complémentarité homme-femme. Je revendique la galanterie et le respect à l'égard des femmes. Cessons aussi d'exciter le mâle avec ces poitrines offertes et ces body vulgaires.....sinon ils ne porteront sur nous qu'un regard animal et nous ne ferons que favoriser la prolifération de burkas qui, par réaction, couvre tout ,ce qui n'est pas non plus la solution et même signe la régression totale du féminisme.
j'attends cela de la mode : qu'elle recrée une femme, une vraie dans ce qu'elle a de plus beau et de mystérieux. Merci pour cet article qui m'a permis d'exprimer mon point de vue.
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The Everyday French GirlIl y a 6 jours
@ marmotte : on doit pouvoir s'habiller comme on veut, hommes ou femmes. Je ne connais aucune femme qui se soit jetée (ou qui ait fait des remarques gênantes ou salaces) à un homme car son baggy découvrait son boxer, ou que son marcel mettait en valeur des biceps saillants. Je n'ai jamais entendu parler de lesbienne dire à une femme vêtue de façon sexy qu'elle était bonne ou de lui filer son 06.
C'est aux hommes de se contrôler, ce n'est pas à la mode de censurer sa créativité si elle veut raccourcir les ourlets de nos jupes ou ouvrir nos décolletés.

Etre civilisé, c'est contenir ses pulsions, aussi charnelles soient-elles. On doit pouvoir déambuler dans la rue (qui est à tout le monde) en mini-short et talons hauts, décolleté ou pas, tongs ou pas, selon nos goûts. Le féminisme, c'est avoir autant de droits, de libertés, de pouvoirs et de devoirs que les hommes et vice-versa.
Nous, les femmes, savons contrôler nos pulsions même si un homme sexy nous inspire des pensées torrides, parce qu'on est civilisées ? Eh bien , ils doivent faire pareil. Eux peuvent se promener en short et marcel ? Eh bien on peut se promener en décolleté et mini-jupe.
Et beaucoup de femmes se vêtissent de façon sexy, décolletée, avec du maquillage et de la lingerie chic ou coquine non pour séduire les hommes, mais pour se plaire à elle-même. Beaucoup de femmes s'habillent avant tout pour elles, que ça plaise ou non aux hommes. Elles n'attendent ni d'être approuvées ni d'être validées par qui que ce soit. Elles sont adultes, indépendantes, sûres de leurs goûts et ont confiance en elles.

C'est en se censurant, en s'empêchant de porter du sexy, du maquillage etc. pour éviter d'être embêtées dans la rue, de se prendre des remarques, d'être jugées de "péripatéticiennes", que là, elles s'habillent justement en fonction du regard des autres et qu'elles ne sont plus libres, mais prisonnières du jugement d'autrui.

Et même si on a des attitudes vulgaires, ça ne justifie ni n'excuse qu'un homme nous regarde de façon animale.

Dans ma vie (certes courte -33 ans), j'ai croisé plein d'hommes avec des allures/tenues/corps sexy, et, avec mes amies, on ne les regardait pas avec un regard "animal" ou dégradant, quoi qu'on ait pensé d'eux et chuchoté entre nous. C'est à la personne qui regarde de se contrôler et de se souvenir qu'elle pose ses yeux sur une personne, qui mérite le respect.
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LucieIl y a 6 jours
Bonjour Marmotte,
Au moins vous êtes réaliste sur vos propos : vous n'êtes pas féministe! :)

Personnellement je ne pense pas que le combat féministe se niche dans la vitrine Etam Lingerie du coin (qui propose en ce moment des babygros nounours en piloupilou) ni dans le niveau de galanterie masculine. Et quand je me promène, je vois rarement des poitrines offertes et des femmes aux poses lascives vêtues de body vulgaires (en générale on garde ça pour chez soi, non?). En revanche des hommes qui regardent et qui commentent dans la rue, oui, j'en vois!

Si on pousse un peu le bouchon, ou est la différence entre le port de la burka que vous critiquez (pour de mauvaises raisons) et votre injonction finale de "retrouver la femme vraie, belle et mystérieuse d'autrefois"? Les 2 sont des sortes de diktats.

De manière générale, ce n'est pas à la mode d'inventer une femme, elle doit proposer plusieurs modèles pour que chacune y trouve son compte, ce qu'elle ne fait pas aujourd'hui.
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marmotteIl y a 6 jours
Je ne suis pas d'accord avec vous..je suis féministe mais nous n'avons clairement pas la même définition;-) mon féminisme est clairement contre la femme Objet, perçue uniquement comme un objet sexuel et ce, jusque dans la mode qui devrait justement lui donner à se repenser comme une femme et non comme un simple sex toy!

Néanmoins, rien dans mon propos ne laisse entendre qu'il est normal pour une femme de se faire siffler ou harceler pour avoir son 06!
De plus, bien sur une femme s'habille d'abord pour se plaire à elle même mais, là où je ne vous suis pas, c'est qu'elle ne peut pas néanmoins faire abstraction du fait qu'elle vit au milieu du monde et que donc elle sera vue voireregardée. Et c'est là que je trouve que notre époque est d'une façon générale indécente car hypersexualisée.
Ne voir chez Etam que les pilou pilou et les babygros est une façon comme une autre de faire abstraction des body vulgaires en vitrine ....tout comme ignorer les publicités qui, pour un produit qqconque, utilisent une femme à la pose lascive sur tous les espaces publicitaires Decaux. Dans ce cas, votre cerveau se protège, Lucie et je vous admire d'être capable d'une telle dichotomie!
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emmanorIl y a 6 jours
je ne vois pas comment l'égalité hommes-femmes serait un NON féminisme.
vouloir rendre les femmes et les hommes identiques ok mais égaux ... ça me paraït juste dans l'ordre naturel des choses.
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LucieIl y a 6 jours
En me promenant et en regardant les vraies personnes, pas les publicités. Je me suis fait la réflexion que ma phrase n'était pas claire :)
C'est vrai qu'on ne peut pas nier l'image de la femme objet dans la publicité (surtout sur les affiches et moins à la télévision curieusement).

Mais je reste d'accord avec The Everyday Franch Girl les femmes doivent pouvoir s'habiller comme elles veulent.

Je me surprends parfois à penser "cette personne est trop grosse, vieille pour porter une jupe aussi courte". On est tous un peu comme ça et il faut essayer de casser ses "réflexes" de pensée qui sont vraiment malveillants.
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AudeIl y a 6 jours
pour rappel: Etre feministe c’est etre pour l’egalité hommes-femmes tout simplement.
Donc quand vous dites: " Cessons aussi d'exciter le mâle avec ces poitrines offertes et ces body vulgaires....." c'est donc aux femmes de s'adapter aux comportements deviants des hommes?
Je ne suis pas du tout d'accord avec ca. Si on poursuit le raisonnement et si on grossit le trait, les victimes de harcelement ou de violences sexuelles seraient potentiellement responsables?
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NathIl y a 5 jours
Marmotte, vous dites lutter contre la femme objet, mais en demandant "l'élégance, le chic, le mystère de la femme?", vous ne faites que formuler un autre diktat qui contraint la femme à répondre à des exigences patriarcales (hein, parce que les mecs qui veulent leur petit trophée bien poli et bien sage, y en a un paquet aussi).
De même, vous demandez aux hommes "la galanterie", je vous invite à relire Simone de Beauvoir et à comprendre les mécanismes qui se cachent derrière cela : "Au lieu de leur faire porter les fardeaux comme dans les sociétés primitives, on s’empresse de les décharger de toute tâche pénible et de tout souci : c’est les délivrer du même coup de toute responsabilité. On espère qu’ainsi dupées, séduites par la facilité de leur condition, elles accepteront le rôle de mère et de ménagère dans lequel on veut les confiner. »
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stylish girlIl y a 4 jours
100% d'accord avec ton point de vue.
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MarilynIl y a 1 jour
Le..rôle de mère est la plus grande responsabilité qui soit. Simone de beauvoir a dit beaucoup de conneries pour justifier sa soumission à Sarthe.
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MarilynIl y a 1 jour
Sartre*
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The Everyday French GirlIl y a 1 jour
Le rôle de PARENTS. Le père aussi est concerné.
Et la responsabilité du citoyen envers la société ? et des hommes envers la planète ? Et celle de l'enfant envers son parent, dépendant à cause de la dégénérescence de l'âge ? Hiérarchiser l'humain envers ses responsabilités me semble risqué...
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MarilynIl y a 1 jour
Et blablabla ....blablabla. ...
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MarilynIl y a 1 jour
Je répondais à un commentaire précis concernant les responsabilités et la place des femmes. Pas celles des propriétaires de chiens....
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SarahIl y a 6 jours
Je suis complètement d'accord avec toi pour la représentation de la "femme maigre".
Comment peut on se dire à la fois féministe mais en même temps adhérer à un milieu qui entretient la névrose de la maigreur et tout ce que cela enchaîne chez les femmes (régimes abusifs etc...).
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EmmanuelIl y a 6 jours
Merci mariannehéhéhé pour ton témoignage et pour les réactions qu'il suscite, car c'est le but de mon propos. Je propose un point de vue pour ouvrir un débat. Et tu fais bien de réagir !
:)
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Alice Il y a 6 jours
Bravo Emmanuel pour cet article et analyse. Je viens de terminer la biographie de Simone Veil et je me rends compte à quel point il manque maintenant des femmes de charisme avec de vraies convictions. Ce féminisme de pacotille ambiant m’épuise, à part celui de La Poudre, les podcasts de Bastide car il permet d’étendre un savoir, de parler concrètement via des exemples. Belle journée ! Ali
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EmmanuelIl y a 6 jours
Merci Ali ! Et alors justement quel ressenti après la lecture de la bio de cette grande femme ? Dis nous ! :)
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AliIl y a 6 jours
Au delà de la dureté de son parcours, c'est la foi absolue dans ses convictions qui m'a le plus impressionnée et l'acharnement au travail. Cela n'a pas du être évident pour sa vie de famille, mais je crois que son mari n'avait pas le choix ! Elle devait faire ce qu'elle a fait, en suivant les conseils de sa propre mère décédée dans les camps, qui lui a toujours dit d'être indépendante, de finir ses études et de travailler.
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EmmanuelIl y a 6 jours
Bon bah on va l'ajouter à notre liste de bouquins de Noël :)
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AliIl y a 6 jours
Voilà Voilà ! À bientôt ! Ali
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The Everyday French GirlIl y a 6 jours
La mode n'est pas féministe. Il suffit de lire "Au Bonheur des dames" (qui n'a pas pris une ride) pour le comprendre : le shopping, ce sont le pain et le jeux romains des XX° et XXI° siècle, bien entretenus à coups de magazines féminins, d'instagram, de marketing et de pubs qui nous disent que nous ne serons jamais à la hauteur de la perfection de Mimi Thorrisson (belle, bonne cuisinière, dans sa cuisine sublimement décoré et sa vie en apparence parfaite), avec le corps fitspo de ces femmes qui accouchent et sont plus musclées, toniques et fermes trois mois après qu'avant leur grossesse, qu'on ne sera jamais aussi stylées que ces instagrammeuses, qu'on n'aura jamais l'aura des filles de (Depp, Crawford etc.).
Le shopping (et donc toute l'industrie de la mode et des cosmétiques) et toute la société de consommation ont tout intérêt à ce que la femme ait une faible estime d'elle-même, pour qu'elle achète en croyant pallier à ses défauts, ses manques, ses insuffisances, sa laideur, sa gaucherie, son corps qui n'entre pas dans les canons de la Toile.
Ça se voit pour les pubs pour les rasoirs : les hommes rasent une vraie barbe, les femmes rasent une jambe glabre (la femme ne doit pas avoir de poils, la femme n'a droit qu'à cinq minutes à elle le soir, et ce n'est pas pour lire ou ne rien faire ou glander, mais pour manger un yaourt qui porte un nom de bijou -Perle de lait, les pubs pour les produits ménagers reprennent les contes de fée et c'est Alice et Cendrillon qui font le ménage, ni Le Petit Poucet ou Jack du conte "Le haricot magique" -pourtant deux garçons dégourdis). Ça se voit aussi dans les rayons des boutiques de mode : les hommes ont plus de choix de tailles, les femmes doivent souvent se contenter du 42 maximum (j'ai d'ailleurs interpellé Naf Naf par mail et dans un article, car ils ne font du 44 que pour leurs modèles les moins jolis : https://theeverydayfrenchgirl.tumblr.com/post/1674... ). Tout est fait pour entretenir la honte du corps, les complexes, l'impression de ne jamais être "bien", "assez", de convenir, d'être bien comme on est.

Or, comme l'écrivait le Dr Seuss : "why trying to fit in when you are born to stand out ?"

Le féminisme, ce n'est pas mettre des slogans creux sur des tee-shirts hors de prix que seule une partie de nanties pourra s'offrir. Ou alors, est-ce que seules les nanties peuvent exhiber leur féminisme ?

Celles qui sont féministes, qui se fichent des diktats des magazines, instagram ou des pubs (ou des séries et leurs corps irréels), qui aiment leur corps tel qu'il est, qui l'habitent avec confiance et en accord avec elles-mêmes ont souvent des modes de consommation (shopping, cosmétiques...) moins mainstream que les enseignes qui copient l'industrie de la mode.

Et la robe avec des billets imprimés dessus fait plus penser à une gogo danseuse recouverte de billets par ses clients qu'autre chose. Et je ne sais pas si c'est très féministe de mettre un prix ou des billets sur un corps humain.
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Cécile Il y a 6 jours
Waouh! D’accord à 100%. Et pour info dans mon précédent commentaire, je pensais juste que la plupart des femmes ont sûrement porté le tee-shirt sans connaître sa réelle signification. Et aussi une partie des bénéfices suite à la vente du dit tee-shirt sont allés à une association de charité...celle de Rihanna (aide à l’éducation).
Passionnant débat: merci Lise et Emmanuel de l’avoir proposé
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EmmanuelIl y a 6 jours
J'adore ton point de vue ! Merci d'élever le débat The Everyday French Girl ! C'est pour ce genre de commentaire que j'ai voulu écrire le post !
:)
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The Everyday French GirlIl y a 6 jours
Ça me touche beaucoup. Merci à toi pour ta réponse, ton article, et à Lise pour t'avoir donné cette tribune. Merci d'ouvrir un débat sur le féminisme, c'est essentiel. J'ai eu la chance d'avoir été élevée par des parents qui ne pratiquaient pas de différences selon le genre de leur enfant, mais qui s'adaptaient à nos goûts et nos personnalités, et pour qui le féminisme a toujours été une cause importante et qu'ils nous ont transmise. Mon frère et ma sœur s'en foutent un peu (ma sœur évolue même dans les sphères qui nourrissent les insécurités des femmes pour les pousser à consommer), mais pour moi, c'est une cause et un sujet quotidiens, dans mon couple, au travail, en société. Je ne lâche rien dessus, donc merci d'aborder ce thème et pour toutes les réactions qu'il suscite.
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fannyIl y a 6 jours
Si le premier message du tshirt Dior reprend le titre d'un texte de Chimamanda Ngozie Adichie, le deuxième, "Why have there been no great women artists ?", c'est le titre d'un essai de Linda Nochlin, historienne de l'art et féministe , en 1971 (http://www.lesinrocks.com/2017/11/04/arts/pourquoi...). Mais i faut avouer que c'est un peu de l'élitisme mal placé que d'écrire ça sur un tshirt.

En ce qui concerne les stars dénudées, attention au slut shaming !
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EmmanuelIl y a 6 jours
Je vais te décevoir Fanny, le politiquement correct n'est pas mon fort, je n'ai aucun problème avec le slut shaming quand il s'agit de célébrités :)
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fannyIl y a 6 jours
Je peux comprendre, la plupart sont en effet assez agaçantes :)

Mais je pense que si on agit comme ça avec elles, les gens "normaux", surtout les femmes, bénéficieront du même traitement, non ? De la part d'hommes et de femmes aussi
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EmmanuelIl y a 6 jours
C'est vrai, mais c'est un cercle vicieux non ? Ces personnes célèbres influencent les jeunes et comme on l'a dit plus haut pas toujours de la meilleure façon. Si l'intellect et le sens business de Kim Kardashian était aussi célébré que son cul rebondi (pardonne moi l'expression #OMGslutshaming mais appelons un chat un chat), on aurait peut être une autre vision de la personne ? et par extension de la femme qu'elle donne à voir ? Qu'en penses tu ?
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fannyIl y a 6 jours
Mais Kim Kardashian a un sacré sens du business ! Basé sur son cul. Elle passe ses journées à nous vendre du maquillage de sa marque, des kimoji (oui, c'est possible), des émissions de téléréalité, tout ce qu'elle fait est business. C'est une sorte de "my body my choice" après tout.
Le problème qu'il y a, c'est de renvoyer une image parfaite du corps parfait, le tout sans se fatiguer, alors qu'on sait tous et toutes très bien que toutes les poses instagram ont nécessité 15 photos pour une seule "prise sur le vif". Mais ça c'est un autre problème. Celui de se balader à moitié nue, selon moi un peu moins, les hippies aussi faisaient ça et tout le monde les trouve toujours super cool.
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annabulleIl y a 6 jours
Super article :)
Merci Lise et merci Emmanuel !
J'ai l'impression que nous pouvons lire cela uniquement sur TDM :) Par cela je veux dire une analyse critique posant des questions intéressantes.Et sur un sujet aussi sensible que celui - ci, alors que tout le "monde" de la mode s'auto félicite, c'est juste génial !

Il est vrai que la mode a réussi a rendre le féminisme un objet mercantile comme un autre ... Pourtant j'ai envie de croire que certaines initiatives sont sincères :)
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EmmanuelIl y a 6 jours
Disons que l'avantage de cette tribune, c'est que j'ai pu m'exprimer librement grâce à Lise, et surtout, nous ne subissons aucune pression d'un annonceur ou d'une marque. Et cela rend tout de suite le débat plus intéressant. :)
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anaIl y a 6 jours
Le t-shirt à message est le côté de l'opportunisme des marques, mais il y a bien des individus qui en font de même dans une sphère privée, capitalisant de la crédibilité (et coolitude) de la cause , en faisant des posts facebook ou instagram etc..

En même temps, il est toujours mieux qu'on en parle! Et l'avantage de ce qu'une marque prenne de telles positions (proposant des t-shirts, signant des chartes pour protéger les mannequins, ou vêtant la fourrure), c'est qu'après nous avons le droit de la questionner sur sa cohérence face à la défense de cette cause. Donc, bien que l'opportunisme soit évident, il est toujours mieux qu'il soit canalisé vers des causes valables.
Merci Emmanuel et Lise!
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EmmanuelIl y a 6 jours
Merci Ana !
On parle beaucoup de ce t-shirt qui pour moi était un point de départ, mais on peut aborder la chose d'un point de vue plus global aussi. Y a t il des choses qui t'interpellent dans ce que tu vois justement sur les réseaux sociaux ?
Est-ce que pour être Femme aujourd'hui il faut AVOIR avant d'ETRE ?
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AuroreIl y a 6 jours
Merci pour cet article qui pousse à une propre introspection et qui fait du bien!

Je ne sais pas à quel moment tout s'est mélangé ni ce que l'on peut attendre de la mode pour la société. Toutes les formes d'art et de création poussent à la réflexion et à l'émotion, la création vestimentaire propulse des talents, offre de nouvelles perspectives, à la base c'est ce qui m'a poussé à aimer la mode.

Naïvement (et idéalement), j'attends de la mode qu'elle me montre de nouveaux artistes, qu'elle sublime le corps de la femme sans renfort de publicités vulgaires, qu'elle pousse à de nouvelles formes d'expression, à l'expression d'une personne qui s'amuse et se sent bien, quelque chose qui incite à la bienveillance envers soi et a fortiori les autres.

Hors, j'ai bien compris que ce n'est pas le cas (du tout). J'ai arrêté de lire les magazines féminins, de suivre certains blogs ou comptes instagram qui ne véhiculent pas ma vision de la femme et de la mode, et pire qui poussent d'autres femmes à critiquer ces femmes et retomber de fait dans un cercle vicieux.

Toutefois j'ai l'impression que certaines créatrices offrent des visions moins tranchées que d'autres et plus engagées. De plus en plus de femmes - et d'hommes - proposent une autre vision, on le voit ici et dans les commentaires par exemple. Une des clés serait donc la remise en question, le débat, la réflexion, peut-être devrions nous accorder plus d'importance à ce que nous refusons de voir/porter et le dire haut et fort, ne plus donner de crédit à des images jugées non conformes à nos valeurs d'émancipation, de bonheur ou autre, et aller vers ce qui nous correspond en propageant les découvertes. Je ne sais pas, ce sont quelques pistes que j'essaie d'appliquer.


Plus globalement pour revenir à ce que nous aimons toutes et tous ici j'imagine, la mode, différencions cette dernière et son industrie mercantile absolument pas féministe malgré l'intention - peut-être ? - du départ, et le style. Qui est vraiment stylé de nos jours? Chacun aura sa propre définition. Pourtant si on cherche, on trouvera des femmes et des hommes autour de nous, à notre échelle déjà: ma grand-mère était stylée parce qu'elle dégageait une force de militante syndicaliste à l'époque où c'était plutôt mal vu, mon grand père qui aidait à passer des juifs à la frontière pour les mettre en sécurité, cette femme rencontrée dans une association qui n'a pourtant pas de ressource... Les vêtements aident à montrer son style, mais la personnalité le crée, je trouve ces gens stylés parce que leurs apparences est en accord avec leur personnalité ou pour d'autres raisons insaisissables sans doute, pour des détails, une signature, un acte, une présence. Je pourrais citer d'autres exemples personnels, d'autres plus démago et d'autres sincères, mais je m'égare un peu, et je ne sais plus où s'arrête ma pensée alors juste merci pour cet article!
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AuroreIl y a 6 jours
(désolée pour les fautes oups)
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EmmanuelIl y a 6 jours
"qui poussent d'autres femmes à critiquer ces femmes"

On le voit beaucoup, et partout ! D'où l'importance de prendre du recul avant de hurler au scandale comme on le fait tout le temps maintenant.

D'accord avec toi sur le fait que certaines créatrices apportent une vision plus saine en effet, je l'ai mentionné dans un commentaire ailleurs.

En ce qui concerne le style, c'est en effet important, mais il me semble que l'on s'éloigne de notre sujet de départ :). Peut-être une piste pour un futur sujet de Lise ? :)
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Lise (TDM)Il y a 6 jours
Effectivement, c'est une bonne idée :)
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SamIl y a 5 jours
Je n'arriverai jamais à comprendre comment cette industrie 'soutient' les femmes.
Elle leur propose des tenues beaucoup trop chères, dans peu de tailles et avec des styles très 'stéréotypés' quand même.
Dès qu'on s'éloigne de ça on en paye le prix, dans tous les sens du terme.
Et je préfère ne pas parler de pub, aucune de donne envie de porter de tels vêtements.
Bref je crois que ce sujet est trop compliqué pour moi, je m'y perds pas mal.
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EmmanuelIl y a 5 jours
Oui mais ton point de vue est tout aussi important Sam, et le fait que tu te considères perdue n'est pas anodin, dans la mesure où les messages se croisent sans jamais être raccord... On s'y perd en effet avec une mode qui pousse la femme à s'affirmer tout en glorifiant les stéréotypes de la bourgeoise à la putain (dans le sens littéraire du terme hein, ne nous trompons pas de discours), et en prenant partie pour toutes les causes dans le vent...
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SpunkyIl y a 5 jours
Je rejoins globalement Emmanuel. Pour le reste, je vais probablement être hors sujet, mais quand je pense à l'affaire Weinstein, je trouve que les actrices souvent femmes objets et femmes-sandwiches à la fois, ont enfin relayé la parole au sujet du harcèlement sexuel. Bien entendu, les VRP les plus oscarisées des plus grandes maisons ont tardé à dénoncer l'ampleur du phénomène, hormis Lupita N'yongo et Cara et ce n'est pas un hasard. Carla Bruni a même déclaré que le milieu de la mode était sain... Le slogan du tee-shirt Dior a finalement fait tâche d'huile avec un train de retard... Je continue de penser que le capitalisme est le grand gagnant, son marketing surfe sur celui des revendications sociétales, de toutes les revendications. Un jour, je lirai we should all be black/asian/ LGBT :-) Le milieu de la mode possède un contingent de femmes cadres probablement moins important que celui des travailleuses précaires du milieu. La mode sera véritablement féministe et altruiste quand les tee-shirts seront éthiques sur toute la chaine de production, en attendant c'est donc plus ou moins de l'enfumage marketing, mais cela s'améliore.
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EmmanuelIl y a 5 jours
"Un jour, je lirai we should all be black/asian/ LGBT"

Tiens ça me fait penser Spunky, tu te souviens des campagnes chocs de Oliviero Toscani pour Benetton dans les années 90. A ce moment là la mode marquait vraiment les esprits non ? Est-ce que le politiquement correct a tout chamboulé ?

Et pour en revenir au harcèlement, un homme pourra-t-il être courtois avec une femme sans que celle-ci ne se sente offensée et appelle cela une "agression sexuelle" ?
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SpunkyIl y a 5 jours
Les visuels de Toscani sont inoubliables, il jouait avec les tabous, ce n'était pas toujours du meilleur goût mais l'impact était réel puisqu'on s'en souvient. On a clairement changé d'époque, peut être que plus rien ne choque au lieu d'y voir le règne du politiquement correcte. D'ailleurs Karl Lagerfeld vient d'avoir une de ses sorties dans l'émission d'Ardisson...

Weinstein, ce n'était pas de la courtoisie. La courtoisie devrait revenir à la mode, et je l'encourage. Ah les hommes courtois...Men should be all courtois (yep en français !)
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EmmanuelIl y a 5 jours
Contacte Dior !!
;)
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AuréliaIl y a 5 jours
Superbe article!
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EmmanuelIl y a 5 jours
Merci Aurélia :)
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CatherineIl y a 5 jours
The Everyday French Girl,

"Le shopping (et donc toute l'industrie de la mode et des cosmétiques) et toute la société de consommation ont tout intérêt à ce que la femme ait une faible estime d'elle-même, pour qu'elle achète en croyant pallier à ses défauts, ses manques, ses insuffisances, sa laideur, sa gaucherie, son corps qui n'entre pas dans les canons de la Toile."

Oui exactement. Les beaux habits bien faits sont une chose, l'industrie de la mode en est une autre, elle exploite les femmes à tous les niveaux: en tant que consommatrices, et au niveau de la production. Quand on bosse dans une sweatshop (et ce sont en majorité des femmes et des filles), je ne sais pas si ça change grand-chose de devoir broder ou imprimer "Feminist!" sur un T-shirt plutôt qu'autre chose. On se demande effectivement si le féminisme serait réservé aux plus nanties. Et les femmes qui produisent les habits, c'est la majorité des femmes employées dans l'industrie de la mode. Ce qui rend d'autant plus creux le fait que des maisons comme Dior mettent des slogans tirés hors de contexte d'œuvres féministes sur leurs T-shirts (même s'il me semble que pour "We should all be feminist", Chimamanda Ngozi Adichie a donné son accord ou a tout du moins approuvé l'initiative).

Et ensuite comme tu le dis, au niveau des consommatrices, ça finit par être un piège, on exploite nos insécurités. Et plus que ça. En lisant les sites de mode (par lapsus j'ai failli écrire "les sites féministes") et tous les propos même en réaction à l'objectification ou aux représentations des femmes, on en sort avec l'impression que si on est une femme, finalement, on doit constamment y remédier, on doit se dorloter, être indulgente avec soi-même, pour pallier à quelle insuffisance exactement?

(et Naf Naf taillent assez petit en plus, je trouve)
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The Everyday French GirlIl y a 4 jours
Oui Naf Naf taille petit, je viens de recevoir une réponse (je leur ai envoyé en mail une copie de mon article https://theeverydayfrenchgirl.tumblr.com/post/1674...) et se défendent de toute exclusion liée à des critères esthétiques envers les clientes portant du 44. Ils justifient le fait de ne faire QUE certains modèles (ceux du quotidien, jamais les robes de soirée) en 42-44 car la demande pour les modèles de soirée serait trop faible de la part de clientes s'habillant dans ces tailles. Je leur ai longuement répondu, et ai précisé que, par définition, les robes de soirée, qu'eux-mêmes intitulent "les Exceptionnelles", se portent peu et s'achètent rarement, donc que, forcément, peu de clientes, quelle que soit leur taille, en achète, et qu'aux soldes, ce sont toujours les 36 et 38 en très nombreux exemplaires qu'on retrouve chez eux à la seconde démarque pour les robes longues de soirée...
Cet élitisme de la taille chez les marques françaises qui se la jouent haut de gamme (il y a deux ans, j'ai vu que Claudie Pierlot s'arrêtait au 40) est pathétique : les clientes "de valeur", intéressantes, qui mettront leur marque en valeur, qui la porteront joliment, qui la représenteront avec fierté, doivent-elles être obligatoirement mince ? N'y a-t-il pas des clientes Naf Naf en 36 qui se tiennent voûtées, font la tête, et ne savent pas assortir et créer du style dans leur tenue ?
J'attends leur réponse. Je leur ai demandé (en leur expliquant qu'on est nombreuses à espérer qu'ils uniformiseront le 44 à tous leurs modèles) que tous les modèles doivent tous aller jusqu'à la même taille, que les clientes se sentent déçues, exclues, que Naf Naf provoque des sentiments négatifs (mais l'argument sentimental doit bien peu les intéresser) et perd une bonne part de clientes, prêtes à dépenser pour ces modèles qui coûtent souvent plus chers que des robes ordinaires (ça, c'est le genre d'argument qui peut les concerner). Toutefois, je doute que leur réponse soit satisfaisante.

Ça aussi, de la part de la mode, c'est anti-féministe : croire que le prestige d'une marque portée par des femmes ne peut être incarné que par une seule morphologie : fine, tonique, jeune. Et caucasienne de préférence. Les marques masculines proposent plus de morphologies dans leurs publicités, les marques françaises féminines se cantonnent toujours au même style de corps. La mode veut contrôler le corps des femmes. Comme l'écrit Zola ("Au Bonheur des dames") :

"Mouret avait l’unique passion de vaincre la femme. Il la voulait reine dans sa maison, il lui avait bâti ce temple, pour l’y tenir à sa merci. C’était toute sa tactique, la griser d’attentions galantes et trafiquer de ses désirs, exploiter sa fièvre. Aussi, nuit et jour, se creusait-il la tête, à la recherche de trouvailles nouvelles. [...] Mais son idée la plus profonde était, chez la femme sans coquetterie, de conquérir la mère par l’enfant [...], en offrant aux bébés des images et des ballons. Un trait de génie que cette prime des ballons, distribuée à chaque acheteuse, des ballons rouges, à la fine peau de caoutchouc, portant en grosses lettres le nom du magasin, et qui, tenus au bout d’un fil, voyageant en l’air, promenaient par les rues une réclame vivante !
La grande puissance était surtout la publicité. [...]. [Mouret] professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit. Du reste, il lui tendait des pièges plus savants, il l’analysait en grand moraliste. Ainsi, il avait découvert qu’elle ne résistait pas au bon marché, qu’elle achetait sans besoin, quand elle croyait conclure une affaire avantageuse ; et, sur cette observation, il basait son système des diminutions de prix, il baissait progressivement les articles non vendus, préférant les vendre à perte, fidèle au principe du renouvellement rapide des marchandises. Puis, il avait pénétré plus avant encore dans le cœur de la femme, il venait d’imaginer « les rendus », un chef d’œuvre de séduction jésuitique. « Prenez toujours, madame : vous nous rendrez l’article, s’il cesse de vous plaire. » Et la femme, qui résistait, trouvait là une dernière excuse, la possibilité de revenir sur une folie : elle prenait, la conscience en règle. Maintenant, les rendus et la baisse des prix entraient dans le fonctionnement classique du nouveau commerce.
Mais où Mouret se révélait comme un maître sans rival, c’était dans l’aménagement intérieur des magasins. Il posait en loi que pas un coin du Bonheur des Dames ne devait rester désert ; partout, il exigeait du bruit, de la foule, de la vie ; car la vie, disait-il, attire la vie, enfante et pullule. De cette loi, il tirait toutes sortes d’applications. D’abord, on devait s’écraser pour entrer, il fallait que, de la rue, on crût à une émeute ; et il obtenait cet écrasement, en mettant sous la porte les soldes, des casiers et des corbeilles débordant d’articles à vil prix ; si bien que le menu peuple s’amassait, barrait le seuil, faisait penser que les magasins craquaient de monde, lorsque souvent ils n’étaient qu’à demi pleins. Ensuite, le long des galeries, il avait l’art de dissimuler les rayons qui chômaient, par exemple les châles en été et les indiennes en hiver ; il les entourait de rayons vivants, les noyait dans du vacarme. Lui seul avait encore imaginé de placer au deuxième étage les comptoirs des tapis et des meubles, des comptoirs où les clientes étaient plus rares, et dont la présence au rez-de-chaussée aurait creusé des trous vides et froids. S’il en avait découvert le moyen, il aurait fait passer la rue au travers de sa maison.

[...]

Henriette s’examinait devant la glace. De nouveau, elle éclata en paroles dures.
— C’est une plaisanterie, mademoiselle. Il va plus mal qu’auparavant… Regardez comme il me bride la poitrine. J’ai l’air d’une nourrice.
Alors, Denise, poussée à bout, eut une parole fâcheuse.
— Madame est un peu forte… Nous ne pouvons pourtant pas faire que madame soit moins forte.
— Forte, forte, répéta Henriette qui blémissait à son tour. Voilà que vous devenez insolente, mademoiselle… En vérité, je vous conseille de juger les autres !
Toutes deux, face à face, frémissantes, se contemplaient. Il n’y avait désormais ni dame, ni demoiselle de magasin. Elles n’étaient plus que femmes, comme égalées dans leur rivalité. L’une avait violemment retiré le manteau pour le jeter sur une chaise ; tandis que l’autre lançait au hasard sur la toilette les quelques épingles qui lui restaient entre les doigts."



Comme l'explique le très bon documentaire "Au Bonheur des dames : l'invention du grand magasin", le prêt-à-porter a imposé des critères de morphologie standards et a créé chez les clientes des complexes qui ne rentraient pas dans ces normes.
Et le prêt-à-porter actuel fait pire : il exclut volontairement des tailles pourtant normées par ses propres mesures, afin de sélectionner une clientèle dont la morphologie lui paraît plus en phase avec l'image qu'il veut véhiculer. Comme si entrer dans les critères de tailles n'était plus suffisant, et que la cliente n'était plus qu'un corps et un porte-monnaie, pas une personnalité capable de mettre en valeur cette marque avec goût et intelligence.

D'ailleurs, Naf Naf avait fait un mini-scandale en appelant sa pré-collection été 2017 "Bamako" avec des imprimés wax, en allant shooter sa campagne en Afrique... avec uniquement des mannequins blanches.

C'est pour ça que je ne lis plus la presse féminine "classique", mais Happinez, Calme, Simple things, Flow, Respire, qui proposent d'autres beautés (et "proposent", pas "imposent", il n'y a aucune injonction, comme le ferait un féminin ordinaire à grand renfort de points d'exclamation, de "il faut" ou "avoir ceci ou cela"), de tous âges, de toutes morphologies, et origines. Et qui sourient !!! Ces magazines donnent la liberté d'être celle qu'on est, et n'imposent pas d'AVOIR pour ne jamais atteindre une image photoshopée.
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CatherineIl y a 1 heure
Ceci dit, je pense que les marques font parfois exprès de faire des campagnes de pub qui feront scandale sur internet, c'est une façon très efficace de faire de la publicité et de faire parler d'eux. Parce que les campagnes de pub Naf Naf, à vrai dire, on passe à côté dans la rue, on reçoit des mails mais on s'en tape un peu en général, c'est une fille ravie avec une robe pas trop mal et basta.

Je suis aussi plutôt contente de voir une plus grande variété d'apparences physiques dans les photos de mode, bien que je pense qu'il s'agit surtout de faire du marketing plus efficacement à plus de femmes différentes. A la base, et sans antipathie pour les influenceuses concernées, une Nadia Aboulhosn ou Girl With Curves vend la même chose aux femmes faisant du 42-46 ou plus et plus que les plus menues vendent à, bah, tout le monde, du coup, c'est juste que l'idéal est d'autant plus inaccessible pour quelqu'un d'un peu barraqué. Moi j'ai beau faire du 36-38, mon physique n'a rien en commun avec la nana de 1,80 sur le site de Zara qui met la même taille... mais l'idée ce n'est pas d'accéder à l'idéal, c'est plutôt de supprimer les 50 critères désirables auxquels on n'aurait jamais pensé tout seul. Je n'attribuerais pas ma dysmorphie aux magazines féminins ou à la pub, car il y a tout un côté qui n'a rien à voir: pour ma part, c'est le miroir qui renvoie les parties du corps en mode "frankenstein" et non un tout harmonieux, enfin y a plein de facteurs qui jouent, et les représentations dans les magazines ne me semblent pas réelles, donc une "bonne" représentation ne fera pas trop de différence. Mais je pense que ça n'aide sans doute pas de se demander si on appartient bien à la même espèce humaine que toutes les filles qu'on voit en photo.

La presse féminine, j'ai quasi arrêté d'en consommer après l'adolescence. J'ai bien senti qu'avec la presse destinée aux femmes adultes, on passait à la vitesse supérieure sur plein de choses (ce qui m'avait surtout frappée c'était la focalisation sur les défauts du corps, mais aussi la polarisation entre les côtés nunuche et intello).

Et pour Photoshop d'ailleurs, je préfère encore que les photos soient retouchées, que de voir cette nécessité reportée sur les mannequins et du coup plus de chirurgie esthétique chez elles.
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EmmanuelIl y a 5 jours
Petit aparté en last minute : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/11/15/97001...

Qui prend sa suite ?
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sophiaIl y a 4 jours
Belle analyse!

Seul point, même s'il s'agit de la définition du Larousse, pour moi , comme le dit assez justement Marion Seclin le féminisme c'est l'égalité entre les hommes et les femmes dans un sens comme dans un autre, c'est à dire que les hommes souffrent aussi de certains préjudices (la rolex, ne pas trop montrer ses émotions, un homme ne pleure pas et autres joyeusetés) qu'il ne faut pas négliger (on entend parfois parler de masculinisme).

Je m'égare sans doute mais je trouve que plus largement, le féminisme souffre d'une mauvaise presse, certains l'associant aux Femen par exemple et n'en voient pas l'utilité en France où dans la loi, ces droits sont bien sûr inscrits.
Et je pense que la mode en joue aussi car il s'agit pour certains d'un mouvement contestataire/ un peu révolutionnaire dont ce milieu est si friand.

Je cite Marion Seclin et plus largement Madmoizelle qui m'a "éduqué" en ce sens d'une certaine manière, mes références en tant que représentante des 90', mais moi je ne vois aucun mal à dire que je suis féministe, pour moi sans être engagée, militante etc cela ne devrait pas être quelque chose d'exceptionnel et cela ne devrait pas être une façon de "catégorisée" une personne comme la mode semble le suggérer.

En ce sens l'appropriation du mot "féminisme" par la mode m'énerve assez car cela tend à "catégoriser" les féministes et à considérer cet "engagement" comme exceptionnel.
D'autre part, je pense que le mot "féminisme" ne dessert pas toujours sa cause mais c'est un autre sujet :)

Bref je crois que je me suis un peu égarée et je ne suis pas sûre d'être très claire, désolée :)
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EmmanuelIl y a 4 jours
Non au contraire Sophia, c'est bien de dire ce que l'on a à dire sur le sujet. Après tout cela concerne tout le monde !
:)
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CéliaIl y a 4 jours
Bonjour,

Suis-je la seule que cet article a légèrement agacée ?
Le sujet de l'exploitation de la vague féministe actuelle par la mode est intéressant mais je trouve que, sur certains points, l'article s'écarte de cette analyse pour faire des raccourcis moyens sur le féminisme en règle générale et, finalement, n'analyse pas grand chose concernant les fins mercantiles de l'utilisation de ce courant de pensée par les grands groupes.

J'ajouterais qu'il me semble que, de tous temps, la mode s'est inspirée du statut de la femme pour proposer des habits aux concernées. Le pantalon, le soutien-gorge, le bikini ont été, parmi tant d'autres exemples, des propositions modesques en corrélation directe avec la libération du statut de la femme dans la société.
Pour cela, la mode est révélatrice de certains courants majeurs en matière du statut de la femme dans la société. Comme elle l'est tout autant par ses publicités sexistes où est exposé nombre de femmes-objets.
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EmmanuelIl y a 4 jours
Bonjour Célia, c'est vrai que le format peut limiter la réflexion que cela survole parfois sans approfondir, mais justement il lance le débat, après à chacun d'approfondir et de réagir, c'est fait pour ça après tout.
Je n'avais pas eu l'impression de faire des raccourcis moyens, mais je serais ravi d'échanger à ce sujet. J'ai principalement fait du fact checking.
En ce qui concerne la mode et son influence je suis entièrement d'accord avec vous sur ce que vous dite. Maintenant l'article analyse le positionnement de la mode telle qu'elle est en 2017. Je n'irais jamais remettre en cause ce qui a été fait par le passé, car justement les choses étaient différentes (plus ou moins intéressantes, vous en jugerez par vous même, pour ma part je regarde ce qui ce fait aujourd'hui).
Merci en tous les cas pour votre réaction, et n'hésitez pas à en dire plus sur le fond de votre pensée, c'est un débat.
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CéliaIl y a 4 jours
Notamment ce passage :
"En tant qu'homme, je ne peux qu'assister au spectacle terrible proposé par les célébrités qui,(...) , proclament leur foi en un féministe agressif sans aucune prise de recul ni même une réflexion aboutie sur le sujet. "

C'est bien sûr ton avis et cet article l'expose donc, tu as raison de te positionner mais j'ai cru comprendre que le sujet de l'article était la récupération par la mode du courant féministe et non ton jugement, selon moi très approximatif et sans véritables bases, du féminisme actuel.

Autre passage : "Je vois des femmes aimer la mode, la consommer, l'adapter à leur vie quotidienne, (...) sans se borner à adopter les codes finalement restrictifs de ce féminisme moderne qui manque cruellement d'audace et se révèle trop souvent mercantile."

D'accord pour dire que les étendards fashion du féminisme ne sont que des étiquettes "trendy/in" mais de là à affirmer que le féminisme moderne manque d'audace et est fait pour vendre, c'est, pour moi, un raccourci bien peu habile et surtout, foncièrement faux.
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EmmanuelIl y a 4 jours
Célia disons que sur le premier point je suis obligé à un moment donné d'avoir un point de vue basé sur mon expérience personnelle, sinon ce ne serait pas un post sur ce blog, et je me serais mis en retrait totalement sans dire ce que j'en pensais. Cette phrase est le constat que j'en fais, la façon dont ça me touche. Quand je vois un Kim K brandir un selfie dénudé et affirmer que c'est du féminisme, je me demande quelle influence elle a sur une jeune fille qui tombe sur cela. Et oui cela me gêne parce que ce n'est pas l'éducation que je voudrais donner à mes enfants. Je pense qu'on peut offrir mieux à mon sens en matière de vision du féminisme.

Je maintiens mon propos pour la deuxième remarque. Je ne pense pas qu'il soit question de "faux" ou de "juste". C'est un point de vue. Je considère que la mode joue avec les codes qui l'intéresse à un moment donné, et si vendre un T-shirt à 600 euros pour affirmer le féminisme est pour toi normal, pour moi ça ne l'est pas.

Mais encore une fois Célia, nous sommes là pour discuter et échanger, pas pour dire "tu as tort" ou "tu as raison".

Le débat est intéressant tant que la négativité ne s'y insère pas. :)
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CéliaIl y a 3 jours
Emmanuel, je n'ai pas dit que c'était normal de vendre un T-shirt à 600 euros pour affirmer le féminisme puisque je ne pense pas qu'un T-shirt, affublé d'un slogan quel qu'il soit à 600 boules soit "normal". :-)

J'ai, dans mes précédents commentaires, émis mon sentiment sur l'article. D'où l'utilisation du "selon moi", "pour moi" "je".

Je me suis permis de souligner que certains de tes propos m'ont gêné lors de la lecture (et je n'ai pas fait un compte rendu de tous les passages en question ;-) ), d'autres étaient intéressants.
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EmmanuelIl y a 3 jours
Du coup que proposes tu. Etre d'accord ou pas c'est une chose, apporter une contribution au débat engagé en est une autre. Et c'est ça qui est intéressant. Donne nous aussi ton point de vue puisque tu sembles vouloir approfondir la chose. :)
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LaBlondeauxBijouxIl y a 3 jours
C'est aussi mon avis Réjane ! Chaque femme devrait se sentir pleinement libre de ses décisions.
Ce qui me gêne (énormément) dans le féminisme moderne, c'est le rigorisme militant, cette propension à enfermer les femmes dans un autre carcan. Haro donc sur le maquillage (la coquetterie globalement d'ailleurs), les habitudes de consommation (parce qu'au passage on critique le vilain capitalisme (rien à voir mais tout est bon dans la récupération politique), et par extension on impose le véganisme pour tous et l'allaitement obligatoire, avec sous-jacente l'idée que l'on se maquille pour les hommes, que si l'on continue à consommer de la viande on est un assassin et que les mères non-allaitantes sont tout simplement des monstres (d'égoïsme).

Plus grave, une poignée de militants (oserai-je l'écrire ?) extrêmistes, veut maintenant imposer une réforme de l'orthographe et de la syntaxe "féministe". Sans s'étendre sur le sujet qui est une légère digression, le féminisme moderne dans sa globalité s'emploie finalement à durcir le regard que les femmes portent les unes sur les autres et à créer une forme de fanatisme extrêmement malsaine et préjudiciable, ce qui est tout de même un comble ! Et nous voilà à nous juger les unes les autres parce que A porte trop de maquillage, B pas assez, que C est critiquée parce qu'elle consomme de la viande et que D passe pour une mauvaise mère parce qu'elle a décidé de ne pas allaiter.
Pour en revenir à la mode, merci Emmanuel d'en parler. Sans tomber dans les poncifs (hypocrisie du milieu de la mode, etc), j'avoue ne pas être étonnée de la récupération mercantile du féminisme moderne par la mode. Ce qui me choque plus, c'est le manque absolu de subtilité dans cette récupération ! À l'époque où le fameux tee shirt est sorti, je me souviens m'être sentie insultée en tant que femme et même surtout en tant que cliente potentielle par un tel manque de subtilité (je me répète) dans l'approche. Les femmes ne sont pas si bêtes, et comme le souligne "...", la pauvreté créative de ce tee shirt est totalement affligeante... Et insultante, encore une fois ! Le message est clairement affiché : créons un tee shirt à message (soit la pièce de mode la plus rentable à produire), politisons-le (soit : faisons du ""buzz intelligent""), faisons-le porter par des influenceuses ("Tiens, c'est cadeau") et faisons en sorte qu'il soit érigé en étendard d'un féminisme quasiment philosophique (de carton pâte). Ah oui, et vendons-le 550€ (...).
Au passage, les influenceuses désormais auto-proclamées "politiquement engagées" (érigeant ledit tee shirt telles des Marianne sur l'œuvre de Delacroix) peuvent désormais poster sur Instagram leurs #instantsconfession sur le sujet, confessions emplies d'une glorieuse et émouvante sincérité, touchant au passage le petit cœur de leurs followers, émues par tant de proximité avec leur idole.
Une stratégie aussi grossière est réellement consternante mais force est de constater que ce sont finalement les ficelles les plus grosses qui fonctionnent, encore aujourd'hui... Décevant.
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The Everyday French GirlIl y a 3 jours
Est-ce que tu as lu "Le Conflit, la femme et la mère" d'Elizabeth Badinter ? Il rejoint ton propos sur les materneuses et la Leche League et il est passionnant.
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LaBlondeauxBijouxIl y a 3 jours
Pas encore, mais j'en ai beaucoup entendu parler. Je vais le mettre sur ma liste "à lire". :)
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The Everyday French GirlIl y a 3 jours
Fais-toi le offrir à Noël par une materneuse (mes belles-sœurs et ma belle-mère le sont, quand elles ont vu ce livre chez moi, elles ont vraiment blêmi !).
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SamIl y a 2 jours
Bon calmez vous tous les enfants !
Allons faire notre retraite Doré avec Garance à Marrakech où nous discuterons en profondeur de ces questions amazing et inspiring de féminisme.
Et nous finirons notre retraite spirituelles entourée de toutes ces personnes tellement exceptionnels en allant nous acheter un caftan à 2000€ signé notre bien nommée.
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