Robe BatshevaRobe BatshevaRobe Batsheva

Batsheva, la griffe modestement décalée

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Aperçues aussi bien sur Natalia Vodianova qu'au sein du magazine Vogue, les robes "prairies" de Batsheva Hay ne laissent pas indifférentes au sein d'un microcosme fashion qui semble en avoir soupé de la "sexyness" premier degré. Deux ans après sa création, la griffe de cette créatrice juive orthodoxe est en effet sur la liste de tous les acheteurs désirant flirter avec l'air du temps...
Robe Batsheva

La créatrice


En 2011, alors qu'elle est une jeune avocate travaillant au sein d'un prestigieux cabinet new-yorkais, Batsheva Hay ne se sent pas à sa place. Elle décide donc de quitter son salaire confortable et démarre une vie qu'elle juge plus en accord avec sa nature profonde : elle devient scénariste à la télévision et se met sérieusement au yoga. Peu de temps après, elle rencontre Alexei Hay - un photographe de mode juif orthodoxe fraîchement converti - qu'elle épouse quelques mois plus tard. Elle devient alors mère au foyer, dans le respect des traditions juives orthodoxes.

Les débuts


En 2016, constatant l'usure de l'une de ses robes vintages préférées (un modèle Laura Ashley hérité de sa mère), Batsheva Hay décide de la faire refaire dans un autre tissu par une couturière du coin. Aussi "Petite maison dans la prairie" soit-il, le résultat lui vaut bon nombre de compliments de la part des mères chics de son quartier (l'Upper East Side). Elle décide alors de faire reproduire d'autres robes "vintage" à la féminité traditionnelle, dont elle s'autorise à modifier certains détails (l'ampleur des manches, la forme du col…) tout en conservant leur dimension pudique. Ses amies ne tarderont pas à lui passer commande…

L'ADN de la griffe


Dès le départ, l'idée de proposer des vêtements correspondant aux valeurs juives orthodoxes telles que la modestie et la rigueur est au coeur de l'ADN de la griffe. D'autres éléments participent également à nourrir ce dernier, tels que le souvenir des robes d'enfant que lui cousaient sa grand-mère israélienne ainsi que l'ironie se dégageant de la série "Untitled Film Stills" de Cindy Sherman (voir ici, ici et ). Il faut dire que la créatrice a beau remplir parfaitement son rôle d'épouse juive (allant parfois jusqu'à porter une perruque), une part d'elle ne peut s'empêcher d'aimer la subversivité. Or, c'est précisément la dualité émanant de ses créations certes pudiques mais ne manquant pas d'un zeste de folie qui rend son travail intéressant.
Robe Batsheva

Le produit


Des robes et des jupes un brin amples, relativement pudiques, à la dégaine désuète et dont le tissu imprimé n'épouse pas les formes. Ponctuées de manches gigots, de volants ou encore de collerettes, celles-ci ont des allures de vêtement pour fillette coquette.

Buzz fashion


Lorsqu'en 2017, Sally Singer (directrice de la création numérique chez Vogue) est aperçue en front row portant un modèle Batsheva, le petit monde de la mode s'affole : "Mais d'où peut bien donc venir cette robe ?". Peu de temps après, les créations pour Amish girl décomplexée de Batsheva Hay se mettent à éclore au sein des magazines de mode et des dressings des filles branchées.   

Les clientes


Si la communauté orthodoxe n'a pour l'instant pas été séduite par le vestiaire un brin trop excentrique imaginé par Batsheva Hay, les jeunes fashionistas de Brooklyn et de Downtown Manhattan s'arrachent quant à elles ses robes couvrantes à fleurettes (voir ici et ), qu'elles twistent à coups de baskets branchées.

Les raisons du succès


Après des années passées à dévoiler le corps, la mode s'emploie désormais à le couvrir. Il faut dire qu'entre la montée en puissance du féminisme, le désir de plaire à la clientèle musulmane et la vague #meetoo ayant saupoudré de controverse la notion de séduction, il n'est plus vraiment de bon ton de concevoir des collections ouvertement sexy. Dans ce contexte, le fait de proposer un produit dévoilant une surface de peau extrêmement limitée tout en étant doté d'un twist fashion avait toutes les chances d'attirer l'attention des acheteurs…
Robe Batsheva

A noter également


Toujours prête à brouiller les pistes, Batsheva Hay n'a pas hésité au sein de son dernier lookbook à s'amuser avec sa perruque de femme juive orthodoxe.
A la demande de l'aînée des Hay, certaines robes Batsheva sont déclinées en taille adulte ET en taille enfant.
Les prix restent relativement accessibles.
Personne dans l'entourage de Batsheva ne pensait que son "hobby de femme au foyer" pourrait un jour se transformer en entreprise prometteuse recevant des critiques encourageantes de la part de Vogue et de WWD.
Un attaché de presse n'a pas hésité à dire à la créatrice : "Your dresses are like the official wardrobe of the Me Too movement!".
Selon Lena Dunham (ici en robe Batsheva), les créations de la griffe "ressemblent aux robes de fête dont on rêvait lorsque l'on avait six ans, ou encore aux robes que les personnages de nos livres préférés auraient très bien pu porter".
Batsheva fait partie des 10 finalistes du CFDA/Vogue Fashion Fund (voir ici).

Ce que j'en pense


Si certaines griffes ayant récemment embrassé la tendance "robe prairie" ont prouvé que l'on pouvait jouer avec la notion de pudeur vintage sans pour autant avoir l'air déguisée, ce n'est malheureusement pas toujours le cas de Batsheva, dont certaines créations ont bien bien du mal à estomper leur premier degré. Aux modèles les plus couvrants et accumulants moult détails volontairement datés (voir ici, ici, ici et ), on préférera donc ceux facilement twistables et évitant de miser sur la surenchère "naphtalienne" (voir ici, ici et ).

Site officiel : https://www.batsheva.com/
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Par Lise Huret, le 26 octobre 2018 dans Marques & Créateurs
40 commentaires
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CarolineIl y a 1 mois
Merci pour la découverte! Je ne suis pas surprise que ça marche, même si je trouve les robes... compliquées, avec un mélange de références surprenant (certaines me font penser à ce que la jeune fille porte dans la saison 1 de « Stranger things »). Ayant grandi engoncée dans des robes Jacadi, je passe mon tour... combien coûte une robe en moyenne, Lise?
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Lise (TDM)Il y a 1 mois
Bien vu pour Stranger things ;)

Voici un exemple de prix :
https://www.matchesfashion.com/en-fr/products/Bats...
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RouletabilleIl y a 1 mois
Ah oui quand même !
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CarlaIl y a 1 mois
"... et la vague #meetoo ayant saupoudré de controverse la notion de séduction, il n'est plus vraiment de bon ton de concevoir des collections ouvertement sexy. "

La vague #metoo avait pour simple but de dénoncer le harcèlement sexuel et le tabou qui lui est lié. Penser que dénoncer le harcèlement sexuel, dont toutes les femmes sont victimes, remet en cause la notion de séduction est exactement l'un des problèmes souligné par l'utilisation de ce hashtag.
On demande le droit de pouvoir séduire et être séduite dans les règles du consentement et du respect. Cela n'a donc rien à voir avec plus de pudeur pour les femmes; les femmes doivent pouvoir avoir le droit de se balader habillée comme elles le souhaitent sans avoir à souffrir du harcèlement des hommes qui ne savent pas se tenir.
Je trouve que faire de tels raccourcis alors que vous êtes autant lue est assez dangereux.
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EmmaIl y a 1 mois
J'allais poster dans ce sens. C'est très très grave de penser que la modestie ou la pudeur sont une réponse à #metoo car comme toutes les normes de modestie cela fait reposer sur le femme et le le nombre de cm2 de peau dévoilée le poids de la respectabilité, divisant les femmes en 2 catégories, les "respectables" et les "salopes" or c'est cette logique qui est intrinsèquement viciée, une femme voilée simplement sera une "salope" pour un taliban, c'est sans fin et dangereux. Le respect, respect du consentement est dû d'office, non négociable quelle que soit la tenue

"Your dresses are like the official wardrobe of the Me Too movement!" désolée mais ces propos sont consternants et montre que cette personne n'a rien compris.

#metoo est une injonction faite aux hommes et au système.
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UnnaIl y a 1 mois
Complètement d'accord !!! Je suis étonnée que TDM puisse poster ce genre d'affirmation.
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Lise (TDM)Il y a 1 mois
Tu as tout à fait raison : "les femmes doivent pouvoir avoir le droit de se balader habillées comme elles le souhaitent sans avoir à souffrir du harcèlement des hommes qui ne savent pas se tenir. " Dans l'idéal, c'est ainsi que cela devrait se passer.

Mais le fait est que le mouvement #meetoo a influencé l'air du temps de multiples manières. Dans la mode, cela se traduit notamment par un retour à une certaine pudeur. Je ne dis pas que c'est une bonne chose, mais c'est ainsi :)
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VanessaIl y a 1 mois
C’est un peu léger non ? Des exemples pour appuyer ton affirmation ? Personnellement je ne vois aucun lien de causalité entre le mouvement #Meetoo et le fait de vouloir soudainement ressembler à Laura Ingalls. Ou c’est une incompréhension des revendications du mouvement #Meetoo. C’est un raccourci simpliste assez choquant.
Encore une fois c’est peut-être juste une expression du phénomène bien connu et propre aux tendances Mode qui consiste à encenser une esthétique et son contraire en peu de temps.
Et puis cette esthétique n’a l’air d’etre validée que par une certaine frange de la sphere fashion...
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Lise (TDM)Il y a 1 mois
Ce lien de causalité ne vient pas particulièrement de moi : il semble y avoir une unanimité de la part des critiques de mode pour dire que cette propension à couvrir le corps de la femme est en partie une conséquence du mouvement #metoo.
On peut parfaitement le déplorer (ce qui est d'ailleurs mon cas) et penser que cela n'aurait pas dû engendrer cela, mais cela n'en reste pas moins vrai.
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VanessaIl y a 1 mois
Merci pour ta réponse.
J’aimerai faire une critique constructive ou poétique de cette marque, mais je trouve ces robes laides même immondes. Les filles ont l’air complètement culcul.
Ça me rappelle un épisode de SATC. Celui dans lequel Mr Big offre un sac bijoux en forme de canard à Carrie qui hesite entre bonheur de recevoir son premier cadeau et déception car ce cadeau n’est tellement pas elle. Elle l’accompagne à cette soirée et réalise que toutes les filles portent ces mêmes sacs bijoux. Cette marque m’inspire ça.
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Dominique Il y a 1 mois
D'accord à 100 pour 100, Carla !
Cautionner la "mode pudique" revient à accepter que les femmes doivent cacher leur corps.
Attention les jeunettes, nous n'avons pas toujours été libres et l'histoire regorge de périodes où les femmes désirables étaient considérées comme dangereuses et diaboliques .
Je me régale toujours à lire les échanges sur tdm, que je sois d'accord ou pas. J'adore le ton et les rires qui parsèment ces echanges.
Mais là je ne suis pas du tout d accord, mais pas du tout !
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Noremma2009Il y a 1 mois
Lise ne cautionne pas la mode pudique, elle fait juste un constat
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OliviaIl y a 1 mois
Vous faites un mauvais procès à Lise et à TdM qui ne font que décrypter l'air du temps. Aux Etats-Unis, la majorité des critiques furieuses contre le défilé Celine d'Hedi Slimane se rejoignaient quand même pour dire qu'à l'ère de #metoo, ces micro-jupes et ce latex n'étaient pas acceptables, et que la marque a raté une occasion de faire une mode "woman-friendly"
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EmmaIl y a 1 mois
A relire les réactions je ne crois pas que l'on fasse un mauvais procès à Lise, mais j'avoue être déprimée de lire que l'industrie de la mode pense que de robes modestes sont women friendly et que les micro jupes ne le sont pas.
Après que Hédi Slimane objective les femmes, sans aucun doute. Mais ceux qui veulent les couvrir sous prétexte de respectabilité ne font pas mieux.
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CatherineIl y a 1 mois
Oui Lise a entièrement raison, c'est une tendance qui existe depuis quelques temps, je la voyais pas mal surgir sur Pinterest déjà vers 2014-2015. Mais depuis la vague #metoo, dans le meilleur des cas il y a une redéfinition plus diverse du sexy (voir une marque comme Chromat par exemple), mais il y a aussi une tendance vers une mode plus pudique pour les femmes. C'est même considéré comme féministe de porter des robes très couvrantes, parce que ce serait dédaigner le regard des hommes et privilégier son propre confort et son sens de l'esthétique (parfois assez enfantine d'ailleurs, comme avec ces robes assez 19ème siècle). Mais derrière il y a bel et bien de la pudeur et des attitudes rétrogrades, qui se retournent parfois contre les femmes. Pour chaque critique de Hedi Slimane, il y a une foule de critiques de Dakota Johnson qui a osé porter du nouveau Céline en public.

Ce n'est pas une caution de le faire remarquer, c'est assez dans la lignée des remarques de Lise sur le féminisme superficiel du milieu de la mode, féminisme superficiel qui sert par ailleurs à occulter les divers scandales #metoo qui pourraient éclater. En fait, on reste sur un terrain où les choses peuvent s'interpréter de façon très flexible, ce qui est avant tout pratique pour les équipes de marketing, et n'a aucune portée féministe, d'ailleurs les femmes célèbres risquent encore plus de se faire rappeler à l'ordre par internet, et pour une femme lambda travaillant dans la mode à mon avis rien n'a particulièrement changé, si ce n'est la "nécessité" encore plus urgente pour leurs éventuels harceleurs de les faire taire.

C'est certes déprimant de voir que l'industrie de la mode pense que couvrir les femmes soit women friendly et en fasse un argument marketing majeur, mais ça reste vrai et c'est assez important, pour quelqu'un qui écrit sur la mode en 2018, de le noter. Après, on verra ce qu'il en sera en 2019 quand les marques estimeront que tout le monde s'est lassé de la vague #metoo.
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EliseIl y a 1 mois
Ne pourrait-on pas prendre le concept à l'envers ?
Le mouvement Meetoo a peut être permis aux femmes de s'affirmer à travers une autre conception du vêtement, un vêtement qui ne serait pas forcément obligé de les "mettre en valeur" au sens traditionnel des codes de la séduction occidentale.

Ainsi grâce à lui certaines osent peut être dorénavant craquer pour des silhouettes non-sexy mais confortables ou poétiques, c'est un peu comme les ugly-shoes à la place des escarpins non ?

Pour moi ces robes ne renvoient donc pas à une "mode-pudique" mais plutôt à une liberté de s'habiller comme on le souhaite, sans être bridées par les yeux de la société qui nous jugera "pas féminines", "prudes" ou encore "vielles filles" car avec une robe sac nous ressemblons pas à ce que une femme devrait ressembler.

Ce n'est que mon avis, mais à l'adolescence j'ai mal vécu la dictature du jean slim et autres fringues "sexy" pour les jeunes filles, si aujourd'hui meetoo leur permet d'assumer jupes et robes longues en tout genre alors je trouve ça bien !
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CatherineIl y a 1 mois
Les deux sont vrais, je pense. On a toutes vécu des "dictatures" vestimentaires assez diverses sur la surface et similaires au fond.

Mais c'est tout à fait vrai que dans les faits, dans le discours du milieu de la mode, il y a un virage vers la mode pudique et une tendance à dénoncer ce qui est trop sexy, un peu arbitrairement d'ailleurs. Je pense que ce n'est pas nouveau avec #metoo, mais ça s'est accentué.

On pourrait aussi se demander pourquoi on utilise le harcèlement sexuel pour nous vendre des fringues et que le milieu de la mode reste sinon assez étanche au mouvement #metoo. Pour l'instant, le gros scandale c'est Sir Philip Green, qui appartient plutôt à la fast fashion.

Que ce soit pudique ou libérateur, on peut tout à fait soutenir les deux positions, mais reste qu'au lieu de "balancer des porcs" on instrumentalise ça à la place pour nous vendre (ou nous faire désirer) des robes à 500 balles. Le côté enfantin relevé par Lena Dunham est assez saugrenu aussi, je trouve. C'est un peu comme si on nous disait: youpi, c'est la révolution féministe, tu peux utiliser ton fric de girl boss pour te faire violer soit en minijupe à l'ancienne, soit sapée comme les héroïnes des romans de ton enfance. S'il faut passer par là pour nous vendre des fringues portables et solides, c'est un peu tordu, non? On peut aussi se demander pourquoi justement à l'ère #metoo, Céline a remplacé Phoebe Philo justement par le type qui fait du sexy "premier degré". Les articles indignés s'écrivent tous seuls.

Après, si on devait dérouler tout ce qui est saugrenu dans le milieu de la mode et son rapport aux femmes, on y sera pendant encore dix ans.
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IOIl y a 1 mois
J'aime les tissus imprimés mais le style "poupées de porcelaine version 2018" très peu pour moi.
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samIl y a 1 mois

les américaines en font des tonnes côté glamour ' même le naturel califrnien est ultra sophistiqué..).
mais porté simplement, c'est pas mal , comme ici
https://cdn.shopify.com/s/files/1/0246/1503/produc...
j'imagine bien cette tenue complétée d' un manteau moins girly: bombers sporty , un trench un peu masculin à col chemise arrivant sous le genou ou une veste en jean trop grande. Avec des santiags épurées comme les Isabel marrant étoile à talon clouté , et une veste d'homme grise un peu grande, ça doit bien matcher aussi.
ce genre de robe fait vite poupée , il faut vraiment faire simple et androgyne " autour"...
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TaraIl y a 1 mois
De toutes les photos montrées dans l article, celle-ci est la seule qui me parle. un imprimé relativement sobre, porté simplement avec des bottes à talons... je prends note, merci!
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ElsaIl y a 1 mois
Donc la mode symbolise le ouvement #metoo une marque qui prome les valeurs orthodoxe.. Cest a dire femme a la maison, famille nombreuse !
Ultra logique je pensais que cetait l'égalité dans le travail et arreter les harcelements et les remarques sexiste au travail... Mais logique
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samIl y a 1 mois
Selon Lena Dunham (ici en robe Batsheva), les créations de la griffe "ressemblent aux robes de fête dont on rêvait lorsque l'on avait six ans, ou encore aux robes que les personnages de nos livres préférés auraient très bien pu porter".

-je pense qu'elle a raison, et puis ça rappelle les robes vintage, et ça fait un peu cérébral, les modèles sont dans l'air du temps , on a eu pas mal de robes longues et couvrantes ces deux derniers hivers, les jupes longues et robes longues, les tuniques arrivant sous le genou sont nombreuses en boutique . Si on revient au court, elle adaptera certainement les patrons et matières vers plus de " sexyness". On verra alors comment elle expliquera son virage stylistique...

* Batsheva fait partie des 10 finalistes du CFDA/Vogue Fashion Fund (voir ici).
_ perso, je suis choquée que n'importe qui , par le fait du prince, sans vrai talent ( en reproduisant des modèles vintage) reconnu et sans aucune culture modesque ( en gros la fille , elle s'est refait une robe et elle a le sens du marketing) , soit célébré de la sorte en tant que créatif. Choquée qu'on la mette au même plan que d'autres vrais créatifs, c'est insultant pour les étudiants en mode et les nanas qui se sont confrontées aux étoffes, qui se sont piquées avec des aiguilles, qui ont lutté avec des matières, qui ont galéré avec des prototypes et essayé de trouver des chutes pour de tissu pour monter une collection avec moins de 1000 euros .. C'est vraiment symptomatique de cette société qui fonctionne sur les réseaux et le capital sympathie ( en gros partage de pedigree, mode de vie, valeurs, coolitude) véhiculé par la personne ayant déjà un pied dans le sérail ( fille de , copine de ..) . ( c'est la même chose au gouvernement , on est en plein dans cette période qui aurait fait le délice de Balzac ou Flaubert)
Elle s'est pas foulé la meuf , pour le sire simplement, alors ok, c'est joli , mais bon, ça casse pas trois pattes à un canard non plus hein...
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samIl y a 1 mois
ps: aucune animosité envers cette fille : je comprendrais qu'on célèbre la femme d'affaire et sons sens du marketing, mais elle n'est pas une créatrice au sens premier du terme. si on célèbre ce genre de filles dans la mode, on aura une foultitude de petits " fils de" qui vont nous pondre , par opportunisme et parce qu'ils ne veulent pas bosser dans la banque de papa ou parce qu'ils ont raté leur première année de fac , des lignes flirtant avec ce qui marche ( copies de copies avec discours " vert" et social un peu hypocrite ) et les VRAIS talents n'auront aucune visibilité dans la presse.
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Violette.bIl y a 1 mois
Je lirais les commentaires de mes consoeurs ensuite , l ADN de cette marque me dérange profondément, pas de mode modeste ...no way..anytime
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SamanthaMIl y a 1 mois
Ce n’est vraiment pas mon truc, perso je trouve toutes les robes laides même twistées avec baskets ou autre pour les « décoincer ». Et puis c’est horriblement cher. A réserver à une élite qui s’ennuie et cherche à avoir un look rigolo pour une soirée ou deux sans doute...bref je pense surtout que cet engouement passera vite et qu’on ne verra plus aucune de ses robes dans un an sur les instagrameuses ou les actrices. Mais elle continuera sans doute à vendre à un petit cercle de fans et autres mordus des robes « pseudo Hamish ».
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SylvieIl y a 1 mois
Cette marque est à l´oppose de ce que j’aime, mais au même titre que les délires destroy de Hedi Slimane. J’y vois de l’idelologie, la volonté de convertir la femme à un style qui l’enfermerait dans une communauté , une sémiotique qui dévoile un message un peu trop évident. Mais on parle de mode, pas de religion, restons modestes. Je parie que cette posture ant-sexy ne durera pas et que les hit girls new-yorkaises retourneront vite a leur vocation première : être de jolies filles désirables qui ne se cachent pas dans une housse de couette fleurie pour se défendre de l’infâme lubricité masculine.
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HappyLillyIl y a 1 mois
« Se cacher dans une housse de couette fleurie pour se défendre de l’infâme lubricité masculine. », cette phrase est aussi drôle qu’intelligente. Merci
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VanessaIl y a 1 mois
Amen !
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miss agnesIl y a 1 mois
Je ne dirais qu'une chose: au secours! Tellement c'est laid. Point de vue totalement subjectif, of course.
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HappyLillyIl y a 1 mois
La remarque de l’attaché de presse est tout à fait sotte. Le mouvement Metoo est vraiment dévoyé à des fins commerciales minables. Comment d’un « moi aussi j’ai subi » peut-on arriver à cachez ce sein que je ne saurais voir sans avoir une pulsion sexuelle dominatrice?! Comment?
L’expression « mode pudique » est liberticide, elle impose un jugement de valeur qui catégorise les femmes: la pudique versus son contraire l’impudique! S’ensuit la phrase qui dit que la jupe courte est impudique et incite à l’impudeur, au viol. Il y a la nana bien et pudique et la nana impudique, celle qui excite, au.on regarde. La fréquentable et la bai....e (pardon). En moins de temps qu’il n’en faut pour raccourcir un bas de robe, nous voilà au point de départ. Et la cheville et le mollet se cachent sous les jupes des filles. Suis allée sur le site, certaines pièces me plaisent et j’ai, dernièrement, acheté une robe longue (H&M x Morris). Certainement pas par pudeur mais par envie de la porter avec des godillots, un hoodie zippé et une gâpette. Une lectrice disait que la mode est au long mais qu’un autre virage mode serait bientôt là, plus court etc. Je crois qu’elle a raison, je le souhaite. Quant à ce mariage orthodoxe juif, ce n’est pas une référence dans le monde Juif et non plus en Israël. Bien sûr, qu’ils pratiquent comme ils l’entendent (les juifs orthodoxes ne cherchent pas à convertir le monde) mais, et ça n’engage que moi, les religions qui s’attachent à des pratiques d’un autre temps ne me semblent pas des références (à savoir que ce qui va avec la doxa la plus ortho-droite-normée est quand même l’anti IVG, l’homophobie, la femme à la maison, le patriarcat, la diabolisation de la contraception etc). Ma remarque fonctionne pour toutes les religions, la mienne compris. Alors la Fashion qui s’encanaille ainsi: je trouve ça irresponsable.
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RejaneIl y a 1 mois
Bravo !
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CesomuIl y a 1 mois
Ces vêtements sont pour moi un petit reflet de prison....même pas dorée.
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krystelleIl y a 1 mois
la vaste blague,c'est que l'on trouve les mêmes dans les friperies ou dans les maisons de retraites
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ladyjajaIl y a 1 mois
.... la mode "modeste" ... ou comment vendre à des prix parfaitement "immodestes" des robes complètement "cuculs" ... !
Faire "du fric" en surfant sur des courants religieux qui visent essentiellement à mettre les femmes sous le boisseau me semble très inquiétant et je ne suis pas sûre que les "modeuses" , toujours prêtes à adopter les lubies du jour, en soient conscientes ... !
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TaraIl y a 1 mois
J'ai mis tellement de temps a sortir de l image proprette-jolie petite fille modèle que je regarde ces robes avec horreur. Portées avec des baskets, ça me fait penser à Bécassine. J apprécie par exemple la mode 'modeste' qui se développe dans certains pays musulmans, mais justement parce qu elle bouscule des conceptions vieillottes du vêtement et des femmes dans ces pays. Alors que toutes les robes vues là et sur le site n évoquent à mon avis que du passéisme et de la désuétude. A part ça je trouve leur coût vraiment indécent pour ce que c est,on trouve des robes en magasin vintage pour 10% du prix.
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SandraIl y a 1 mois
Pour rester dans le giron " Petite Maison dans la Prairie " , une nette préférence pour Horror Vacui.
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CeciliaIl y a 1 mois
C'est impressionnant la vague d'animosité que cette marque a déchaîné ici: pourtant c'est assez simple, elle a créé des vêtements qu'elle avait envie de porter et qu'elle avait du mal à trouver dans l'offre. Et les prix peuvent sembler élever, mais les vêtements sont faits à New York avec des tissus américains, alors bien sûr ça ne peut pas coûte le prix d'une robe fabriquée en Chine ou au Bengladesh.
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GranpiIl y a 1 mois
Si cette jeune femme a réussi à percer dans le monde de la mode avec ses robes surannées, et bien moi je vais essayer de lancer la mode des blouses que portait ma grand-mère: à carreaux ou motifs improbables ;)
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RejaneIl y a 1 mois
Seuls les modèles métallisés trouvent grâce à mes yeux...
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sheighIl y a 19 jours
Pardon mais robes me dérangent au plus haut point !
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