Aller à l'essentiel

Chronique #114 : Retourner à l'essentiel

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Adolescente, j'enviais la vie de ces femmes trentenaires/quadra voyageant régulièrement, habitant de grandes métropoles, exerçant un job dans la pub/la mode/la presse, ayant les moyens de s'offrir du mobilier "design" et de déboucher un grand cru pour leurs invités, allant fréquemment au théâtre, croquant le dimanche matin dans des brioches toutes chaudes lovées dans un édredon de plumes, possédant des piles de CD, des tonnes de DVD, un dressing richement garni et une bibliothèque sponsorisée par la Pléiade, affichant une beauté urbaine (devant beaucoup à leur coiffeur fétiche) et une nonchalance étudiée procurée par une certaine aisance matérielle...
Aller à l'essentiel
Une fois jeune adulte, je me suis mise à envier l'existence mondaine de mes amies Parisiennes, le quotidien supposé exotique de mes copines expatriées ou encore la vie trépidante de mes connaissances exerçant un métier flamboyant…

Puis, petit à petit, les mythes nourrissant mes fantasmes ont commencé à se détricoter : à force de vivre, d'expérimenter, de voyager, de déceler au travers des façades scintillantes les existences artificiellement enjolivées, moins j'enviais la vie de celles qui m'entouraient.

Les "jobs" excitants sur le papier se révélaient ainsi souvent riches en relations toxiques et en horaires destructeurs, tandis que les destinations de vie lointaines - une fois dépassé le cliché Instagram hebdomadaire faisant baver d'envie les amies coincées en Métropole - comportaient une dose de solitude insoupçonnée. J'intégrais également que les appartements dignes de The Socialite Family n'empêchent pas les divorces, les cours de sport dernier cri les malaises existentiels, les myriades de sacs à main les envies de jeter son petit dernier du 4e étage, les escapades aux Maldives les rendez-vous hebdomadaires chez un psy hors de prix, le nombre de followers astronomiques la vacuité d'un quotidien ayant fusionné avec la virtualité des réseaux sociaux…

Plus ce qui m'avait fait rêver s'effritait, moins je savais dans quelle direction aller pour accéder à une existence susceptible de m'épanouir réellement. Je me mis alors à rechercher dans mon passé les moments où j'avais été fondamentalement et simplement heureuse, où mon corps et mon esprit étaient tendus vers le même but et où l'instant se suffisait à lui-même.

Curieusement, aucun de ces moments n'était lié à l'argent, à la reconnaissance, au regard de l'autre et à l'abondance matérielle. En voici une liste non exhaustive :
Faire plusieurs kilomètres à vélo - et ce quelle que soit la météo - pour aller faire nos courses alimentaires. Lorsque nous vivions à Vancouver, nous ne possédions pas de voiture et les souvenirs épiques de retours à vélo sous la pluie, nos sacs à dos remplis à craquer d'oranges, de pommes de terre et de boîtes de conserve gardent une saveur impérissable. Une fois bien au chaud chez nous, nous expérimentions le bonheur d'avoir fourni un effort sain et productif.
Couper du bois. Lorsque nous sommes chez mes parents en Lozère, nous passons souvent avec Julien une ou deux après-midi à débiter du bois en prévision des froides journées d'hiver. Fatigante mais gratifiante, cette activité en plein air nous procure une satisfaction jouissive. Nous nous sentons heureux d'aider mes parents, mais aussi de faire fonctionner nos muscles de manière utile. Sans parler de cette connexion avec un environnement naturel qui, entre odeur des pins, craquements des branches et hennissement des ânes, nous comble bien plus que n'importe quel sachet de sucreries.  
Pétrir la pâte à pain aux côtés de ma mère. Le contact avec cette masse à la fois douce et mouvante se révèle pour moi quasi organique. Comme si, par ce simple geste, je me connectais à un savoir ancestral, simple et vital. Cela demande du temps, de la patience et une certaine abnégation (il faut gérer la douleur qui monte peu à peu dans les bras), mais le fait de réaliser quelque chose de sain, de bon pour la famille et de le faire avec un être cher m'apporte une dose d'endorphine non négligeable.
Boire après avoir épuisé l'eau de ma gourde trois heures auparavant. Sentir couler l'eau fraîche dans ma bouche en fin de journée lors d'une semaine de marche en Bosnie dans des conditions volontairement spartiates fut l'une des expériences les plus intensément délicieuses de ma vie.
Faire un feu avec Charles. Rassembler des brindilles, créer un petit "tipi" de branchages, entourer le tout de pierres et faire naître une étincelle qui donnera naissance à une flambée rassurante et chaleureuse, le tout avec l'aide d'un petit garçon de 4 ans conscient de la responsabilité qui lui incombe constitua pour moi un moment riche, fort et vrai.
Me coudre une robe d'été. Revenir à mes amours passés (école de stylisme/modélisme) en traçant un patron, en choisissant du tissu, en m'imposant de prendre le temps de coudre une toile, pour ensuite couper, faufiler puis assembler me procura - au delà du plaisir de porter un vêtement unique et "éthique" - un bonheur profond lié au fait d'être parvenue à créer un produit de A à Z.

Une fois cette liste dressée, le point commun de ces différentes expériences me sauta aux yeux : le bonheur naît chez moi de situations où les facilités offertes par le monde moderne cèdent la place à des efforts me permettant de savourer le fruit de mon travail ou de ma quête. Comme si le confort procuré par des décennies de progrès avait fini par nous déconnecter de nous-mêmes (ainsi, si la valeur nutritive d'une baguette industrielle et d'un pain pétri par nos soins est à peu près la même, le fait de croquer dans l'une ou l'autre ne nous procure pas le même plaisir). Finalement, la satisfaction immédiate de mes besoins (via Amazon, Netflix, Starbucks et autres Uber Eats...) qui me parut dans un premier temps magique ne l'est peut-être pas tant que cela, la disparition des notions d'attente, d'effort et d'envie privant l'objet de mes désirs d'une bonne part de sa saveur.

Ce constat étant désormais établi, je sais ce qu'il me reste à faire. Mais aurai-je le courage d'aller vers une vie plus simple, de faire les compromis nécessaires (non, il n'est pas raisonnable d'acheter une vieille bâtisse dans les Cévennes et de vivre de notre potager - enfin pas tout de suite), de me sevrer de ces choses facilement accessibles mais qui mènent à terme à une absence de sensation, de préférer les jours de morosité psychologique l'effort d'une marche sous la pluie au confort d'un trajet en voiture ou encore de prendre la plume pour me confier à ma grande soeur dans une longue missive plutôt que de céder à l'instantanéité d'un appel Skype (souvent de qualité discutable) ?

Autant de questions qui demandent à trouver une réponse en 2019…

PS : Je suis totalement fascinée par les vidéos de cette ex-DJ ayant décidé d'opérer un retour aux sources en allant vivre chez sa grand-mère et en créant tout ce dont elles ont besoin…
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Par Lise Huret, le 02 janvier 2019
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87 commentaires
Tous les commentaires
Stelda Il y a 6 mois
Oui, c'est drôle comme avec l'expérience, on devient plus lucide : sur la réalité cachée derrière les apparences, ses désirs profonds, ce qui est essentiel.
Vivre, c'est d'abord toutes ces petites joies que tu cites, je pense que ce sont celles dont on se rappelle à la fin.
Je te souhaite une année tissée de petits bonheurs !
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Belle année à toi chère Stelda :) Et longue vie aux Pépètes du cacatoès !
https://livre.fnac.com/a12978619/Elisabeth-Segard-...
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SteldaIl y a 6 mois
Merciiii <3
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RouletabilleIl y a 6 mois
Oui il est important de savoir reconnaître ce qui nous rend vraiment heureux et nous nourris. Pour moi ce n’est pas lié à l’argent mais pas à l’effort non plus ; plutôt à l’affectIon et aux moments de partage avec ceux que j’aime, ou encore à l’émotion que peuvent provoquer les oeuvres d’art. Ce qui ramène quand même un peu à l’arg, car ce que je préfère par dessus tout c’est l’art italien ... mais au moins je sais comment dépenser intelligemment !
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RouletabilleIl y a 6 mois
Nourrit désolée. Et par dépense évidemment je parle de voyage en Italie, pas d’achat d’œuvre 😉 pour nous un voyage là bas est une dépense bien plus raisonnable et fondamentale qu’un nouveau canapé ou des travaux... j’assume !
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Et tu as bien raison d'assumer ! L'art est une nourriture fondamentale, vitale, essentielle :)
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miss agnesIl y a 6 mois
https://www.youtube.com/channel/UCO_augYhnO7tF-d4J...
Je pense que tu vas aimer cette chaîne dédiée au Bushcraft, ou l'art de vivre dans les bois en n'utilisant que des matériaux naturels. Merci pour ces vidéos chinoises magnifiques. Pour moi c'est le paradis, vivre de choses simples et se nourrir de ce que l'on fait pousser soi-même.
Tu es mûre pour te mettre au tricot, l'activité créatrice la plus relaxante qui soit. Je me suis lancée après avoir frôlé un burn-out complet en 2011, et cela me procure de grandes satisfactions. Nous sommes avant tout des manuels, même si le système est construit pour nous pousser vers le contraire. Même ceux qui pensent ne rien savoir faire de leurs mains peuvent se découvrir des talents insoupçonnés, et il n'y a rien de plus satisfaisant que de contempler le fruit de sa création, un pull, un bon pain, un jouet de bois, peu importe, du moment que cela nous apporte le contentement et la satisfaction du travail accompli...
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Effectivement, cette chaîne est top !

"peu importe, du moment que cela nous apporte le contentement et la satisfaction du travail accompli..." Tout est dit :)
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Anaé DefortIl y a 6 mois
J'aime beaucoup cet article. Très authentique et sonnant juste.
Ainsi, je n'ai pas pu m'empêcher de le commenter.
Je ne peux qu'approuver le fait de prendre une telle direction dans sa vie, à défaut d'oser le recommander.
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Merci Anaé :)
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AKIl y a 6 mois
Je comprends.
Ma plus grande deception c'était les voyages. Les contrôles. L'inconfort. Et ces masses de gens. Partout. Et les memes enseignes et marques. Partout.
J'ai compris que de nos jours le luxe, c'est de pouvoir être seul, sans être enfermé.

Je comprends aussi ce besoin de pouvoir ouvrir a tout moment la porte et sortir dehors pieds nus. Meme en hiver. Meme quand il fait moche.
D'avoir des chiens et ne pas avoir a sortir les chiens.
D'avoir des enfants qui passent plus de temps dehors que devant un écran.
D'avoir des enfants qui ne comprennent pas le concept d'une promenade.

Et puis pas besoin d'être extreme - tout ce qu'on peut on fait sur internet. Travail, courses, lecture, films. Et une fois par semaine le cafe chez Starbucks a encore meilleur gout. Le sac a main favori a la main, bien sur.
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CarolineIl y a 6 mois
Très juste, le commentaire sur les voyages.
Personnellement, j'ai arrêté depuis longtemps les best of revendiqués par tous et me promène dans les villes de province en Europe - récemment, Padoue en Italie et la Haye aux Pays-Bas, deux très belles villes sont les afflux touristiques de Venise ou Amsterdam...
Quant aux enseignes de luxe partout, c'est un vrai fléau... mais, encore une fois, visiter des lieux calmes et sans trop de touristes est une solution (pas de boutique LV dans la forêt de Fontainebleau ou à Bourges).
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EmmaIl y a 6 mois
Absolument d'accord pour les voyages, nous voyageons beaucoup depuis plus de 20 ans, avons eu la chance de découvrir certains endroits (je pense à Angkor Vat par exemple) avant l'afflux touristique et dorénavant nous choisissons des villes ou endroits moins emblématiques : une île de Thaïlande autre que Koh PhiPhi, Hambourg au lieu de Berlin, etc. Et l'expérience est bien plus enrichissante et souvent nous finissons par partager une tournée avec des gens du coin plutôt que de devoir affronter les regards excédés (je pense aux pauvres Lisboètes en aout dernier)
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
"Pas besoin d'être extrême" : tu as bien raison.
Personnellement, ce sont justement les choses extrêmes, les choix radicaux qui me font rêver. Mais ce désir de radicalité que je n'arrive pas à assouvir m'empêche sûrement de voir les petites choses que je pourrais changer dans mon quotidien pour me rapprocher en douceur de mon idéal.
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AKIl y a 6 mois
Le cote radical, la recherche de la solution parfaite - c'est totalement moi.
De faire tout ce que j'ai planifie, comme j'ai planifie, quitte a tomber raide - c'est moi aussi.

J'ai reussi a relaxer (un peu) grace a mon mari, qui m'a explique que:
1. C'est de la paresse - au lieu de faire le tri, de mettre des priorites et de simplement ne pas faire une partie des choses - je veux tout de suite TOUT expedier. Quelle horreur! Paresseuse? Moi?
2. C'est de l'egoisme - je veux tout faire, je suis insupportable, fatiguee, enervee, absente mentalement (parce que je calcule sans cesse) et mes enfants doivent le supporter. Quelle horreur - je ne supporte pas de faire du mal a mes enfants!

Bonne Annee Lise!
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Joanna BojanczykIl y a 6 mois
Chere Lise,
depuis assez longtemps je suis tous les jours sur to site, moi quelqu'un qui vit dans un pays d'Europe de l'est. Qui est beaucoup plus âgé que toi...
Il est très rare, sinon impossible ces jours la de trouver une voix pareille dans le fashion business, royaume de superficiel. La voix qui sait prendre distance, qui sait eliminer, qui a le courage de critiquer tout ce qui est exagéré et ridicule dans la mode d'aujourd'hui, J'ai aussi l'impression de partager tes gouts personnels, qui s'expriment ( a mon avis) dans la choix des photos
Merci pour ce blog, Lise
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Chère Joanna, ce que tu m'écris me touche beaucoup.
Merci.
Je te souhaite une très belle année :)
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jer_o_me [Vinted]Il y a 6 mois
" Amazon, Netflix, Starbucks et autres Uber Eats" : les premiers de la la liste de ce dont il faut oublier l'existence...
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Comment compléterais-tu cette liste ?
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elsaIl y a 6 mois
Ah, l'artisanat ! C'est mon salut, moi aussi, dans cette existence de plus en plus "intellectuelle" et virtuelle. Me confronter à la matière est indispensable à mon équilibre. Et cela permet d'éprouver simultanément deux plaisirs antagonistes : la fierté égoïste de créer quelque chose à partir de rien, et la joie d'en faire profiter les autres.
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
" la fierté égoïste", je ne parlerai pas d'égoïsme. C'est important de parfois se recentrer sur soi, de s'autoriser à s'épanouir ;)
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FleurIl y a 6 mois
De mon côté , l’arrêt a été obligatoire et forcé ! Ne t’inquiète pas, tu vas trouver ta voie. Je trouve que s’occuper de petits enfants coupe toute envie de luxe, mode, businesswoman etc.
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Cela recentre effectivement ;)
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SarahIl y a 6 mois
Chère Lise,

Merci pour ton article qui comme d’habitude m’a fait un bien fou.

Je viens d’une famille carriériste et j’etais moi même décidée à suivre le même chemin jusqu’a ce que je plaque tout pour aller vivre dans le Lot (Vers Rocamadour 😅) suite à une mutation de conjoint.

Durant ces 4 années j’ai enchaîné chômage, petits boulots (non le marketing de mode n’existe pas à la campagne 🤷🏼‍♀️😁) et pourtant je n’ai jamais été aussi heureuse.
J’ai appris à me connaître, à me reconstruire
et à m’entourer de gens vrais. J’ai rencontré quelques personnes en difficulté financière notamment dans la restauration et cela m’a appris à relativiser. J’ai travaillé dur en tant que serveuse et j’ai été fière de ce que je pouvais accomplir.

Cette décision est très dure à assumer lorsque je reviens sur Paris ou que je vais visiter des amis sur Londres. Mais je persiste. J’ai trop souffert de parents carriéristes et obsédés par un idéal de perfection étant jeune et je ne veux pas faire subire la même chose à mes enfants. C’est mon choix 😊.
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
"C’est mon choix" Tout réside en ces mots, non ? Réussir à choisir ce qui nous plaît réellement , ce qui nous épanouit fondamentalement et non pas ce que l'on croit être fait pour nous est en soi incroyablement fort. Bravo Sarah, tu peux être très fière de toi :)
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SarahIl y a 5 mois
Bonjour Lise,

J'avais oublié de répondre à ton commentaire mais il m'a fait très plaisir, merci avec du retard :) . Oui tous réside en ces mots "c'est mon choix" ;) .
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GenevièveIl y a 6 mois
Bonjour Lise et Julien,
En ce début d’année 2019, qui sera sans doute pour moi une année de « redéfinition », j’ai des réflexion et des souvenirs assez similaires. La création et la fabrication sont déjà au centre de mes journées professionnelles, et je n’y renoncerais pour rien au monde...
J’aime l’idée de ces petits bonheurs simples, accessibles et quotidiens, qui naissent souvent d’un effort physique dans la nature.
Je ne renoncerais pas non plus à ce « confort moderne » que je n’avais pas enfant.
L’essentiel pour moi c’est de trouver un nécessaire équilibre: il fait apprendre à diriger nos vies, un enseignement auquel nous sommes si peu préparés alors que tout en découle...
Merci pour la poésie de ces réflexions... et je vous souhaite une merveilleuse année 2019
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
"Je ne renoncerais pas non plus à ce « confort moderne » que je n’avais pas enfant." Ce que je comprends complètement . On désire souvent ce que l'on n'a pas eu. Personnellement, je n'ai manqué de rien enfant (sans vivre dans l'opulence, nous avions tout ce qu'il nous fallait) et je ne peux donc pas savoir ce que cela fait de vivre simplement non pas par choix, mais par nécessité. Mon désir de retour aux sources est peut-être au final une envie de petite fille trop gâtée par la vie :/
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Noremma2009Il y a 6 mois
C'est vrai que c'est un privilège de choisir la frugalité.Je me suis rendu compte de cela car moi-même ayant eu une enfance facile, j'ai toujours eu moins de "besoins" que mon mari qui a eu une enfance pauvre.
Les biens matériels et abonnements divers ne m'ont jamais intéressée, mon seul fantasme, c'était les voyages : alors j'ai énormément voyagé , dans des conditions de plus en plus luxueuses et finalement un sentiment de déjà vu s'installe et on ne rêve plus. (mes voyages les plus inoubliables sont les premiers dans les conditions les plus routardes !!!)
C'est tellement bien cette démarche de rechercher ce qui te rend heureuse par tes expériences.
Tout ce qui est manuel ne me parle pas du tout, en revanche lire un bon livre, passer du temps avec mes meilleures amies, discuter avec mes enfants, être bénévole dans une association humanitaire, voilà ce qui me rend heureuse.
Je vois tellement de gens qui consomment ce que leur cercle d'amis consomme sans même se poser la question de savoir si ça leur plait vraiment à eux !
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emmanuelisIl y a 6 mois
A lire ce texte, je me dis qu'il y a un extrême et l'autre... Passer d'une existence idéalisée (combo Maldives / Mode / Appart) à une vie nature ( Bois / lin lavé / thé noir) est laisser une mode pour en adopter une autre.

Peut-être que le juste milieu c'est déjà d'être bien dans sa vie de tous les jours, avec un dosage de sophistication et de naturel bien maîtriser, et surtout, surtout, faire les choses pour soi avant de les faire comme un statement. Ce qu'en pensent et ce que font les autres, au final, on s'en fout. ;)
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Le problème c'est que seuls les extrêmes me font vibrer :/

"Le juste milieu", c'est la résultante de la sagesse et malheureusement j'en suis encore loin ;/

Je me moque de plus en plus du regard des autres. L'enjeu se situe entre moi et moi :)
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SamanthaMIl y a 6 mois
Mon rêve jusqu’à mes 20 ans était à peu près le même que le tien avant. Résultat déménagement avec mon cheri en Bretagne près de la mer, reconversion pro en patisserie (le contact avec la pâte je te comprends je suis aussi accro à ça). Et chaque jours plus dégoûtée par cette flemme qui gagne le monde moderne. Ne plus rien faire soi même, de moins en moins se déplacer à pieds, être toujours collés à un écran quand c’est Pas la télé, c’est le pc oume smartphone. Je ne suis pas devenue une hippie pour autant et je ne suis pas contre le progrès. J’aime toujours autant les vêtements lol et se servir de la technologie peut servir à des choses plus intelligentes et utiles. Je ne pourrais jamais abandonner des tas de choses que font notre génération mais en tout cas depuis que j’ai simplifié des tas de choses, me suis rapprochée de la nature et que je fais pleins de choses moi même plutôt que de les acheter toutes faites (niveau alimentaire surtout) je vis bien mieux! La société nous tire vers le bas j’espere Que ça changera
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Tu as eu le courage de tes envies, bravo ! C'est inspirant :)
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CarolineIl y a 6 mois
Bonjour Lise, bonjour Julien et bonne année 2019!
J'allais justement vous demander quelles étaient vos bonnes résolutions pour cette année/vos projets/etc.

Lise, ce que tu dis me parle beaucoup. Je me souviens très bien de mes années de prépa où je croisais des Parisiennes aisées, de 10 ans mes aînées dont la vie, de loin, me donnait envie... Quand je pense qu'à 20 ans, mon rêve était d'être mariée, avec deux enfants et propriétaire d'un grand appartement proche du Bon Marché, je me dis que je manquais d'imagination, voire d'ambition...

Les années ont passé, l'argent et les avantages sont arrivés (je travaillais dans le luxe, donc j'avais accès à beaucoup de ventes privées...). Et puis, ça m'a lassée - comme beaucoup de gens. Aussi, l'environnement de travail était stupide voire malsain (beaucoup de salariés ne se définissaient que par leur travail ou bien ne vivaient que pour lesdites ventes privées).

Là, je teste autre chose. J'aimerais bien avoir le courage de tout plaquer/vivre plus simplement, voire acheter une maison de campagne... mais je ne suis pas manuelle, contrairement à beaucoup d'autres (pas possible de devenir artisan, en vrai, je ne sais pas faire grand chose de mes 10 doigts). Bref, je cherche la voie et suis ravie de savoir que tu la cherches aussi. Et je pense qu'arrêter tout ce qui est bêtement "convenient" (Amazon, Uber Eats and co) est un début de solution.

Sinon, je ne sais pas si tu as lu Hartmund Rosa, Accélération et Aliénation, mais c'est brillant et dans le thème. J'entame son livre "Résonances" dont j'imagine qu'il est aussi bien...
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Tu sembles avoir entrepris le chemin qui va te rapprocher de tes envies profondes, c'est très courageux !

On m'avait déjà parlé d'Accélération et Aliénation, tu me donnes envie de m'y plonger :)
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CarolineIl y a 6 mois
Je recommande vivement! C'est assez facile à lire, en plus (bien plus que son pavé, Accélération...).
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AlineIl y a 6 mois
Tes propos sonnent très juste et correspondent bien à la direction que je souhaite prendre. Plus de simplicité, plus d'authenticité, moins de surconsommation...

Les vidéos sont magnifiques !

Belle année à toi et à tes proches !
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Merci Aline :)

Très belle année à toi !
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caroline lIl y a 6 mois
Bojour Lise. Ton article si bien écrit me parle! As tu lu "Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson, je suis sûre qu il te plairait! Je crois qu il est sain de prendre du recul, de déconnecter et de revenir aux choses essentielles de temps en temps. J aime beaucoup ton questionnement de départ. Qu est ce que qui me rend le plus heureuse? Quels ont été mes meilleurs moments dans la vie? Je pense au dépassement de soi, vivre des moments forts en famille, créer des choses ou tout simplement apprécier la beauté artistique ou celle de la nature....nous serions sûrement nombreux à évoquer ces choses ic. Merci à toi pour ce partage, au plaisir de te lire!
RÉPONDRE
AliceIl y a 6 mois
J'allais justement mentionner le livre de Sylvain Tesson "Dans les forêts de Sibérie". Je viens juste d'en finir la lecture. Et tout ce qu'évoque Lise dans cet article m'a fait penser aussi à ce livre.
Le rapport à la nature, le bonheur dans l'effort utile, la satisfaction de créer ses propres choses...
Je recommande également le livre :)
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caroline lIl y a 6 mois
Tentée par l'aventure Alice? ;-)
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AliceIl y a 6 mois
C'est un joli fantasme quand on est bien installé sur son canapé, un thé à la main ;)
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
J'ai lu tous les Sylvain Tesson... Son parcours, son écriture, sa vision du monde, son besoin de solitude : tout me parle !

Je t'embrasse :)
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JeanneIl y a 6 mois
Je confirme, pour m'y être pliée pas plus tard que le 31 Décembre:
la corvée de bois facilite grandement le bonheur!
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Eh eh eh ! Vive les joies "bûcheronnes" !
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mlle chéchéeIl y a 6 mois
Ce retour à l'effort... Ça me rappelle le retour aux sources de Lanza Del Vasto qui en parle (alors que ça date des années 20...) Du fait que les machines, sensées nous faire gagner du temps nous ont surtout fait perdre la valeur de l'effort (et le plaisir de faire de ses mains...) Alors sans avoir envie de faire mes lessives à la main, j'avoue chercher à prendre le temps de préparer les repas, à coudre (et apprécier le temps qu'il faut pour choisir un tissu, un patron, voir le vêtement se monter doucement...), à marcher longuement... Bon, bref, j'ai peut-être l'air baba cool mais ce sont des choses qui m'apportent un profond sentiment de bonheur... :-) Sinon, je te souhaite une très belle année pleine de petits plaisirs et de grands bonheurs!!
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Très belle année à toi :)
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FannyIl y a 6 mois
Merci pour cet article ou plutôt pas merci car je me suis aussi fascinée pour les vidéos de la jeune chinoise et me suis couchée à 1h30 du matin après en avoir visionné plus que de raison! Et moi qui étais contente de moi hier car j’avais fais mon propre calendrier plutôt que d’en acheter un et ma pâte à pain 😂 Disons que c’est très modeste à côté de ce qu’elle est capable de faire! Plus sérieusement, moi aussi je suis sur le même chemin, envie de faire de plus en plus de choses de mes mains et de reprendre contact avec le produit brut. Bonne année et si le cœur t’en dit laisse-nous savoir par d’autres articles quels petits ou grands changements tu as instauré dans ton quotidien!
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Désolée pour l'insomnie ...
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Liberty RiveterIl y a 6 mois
Je n'aurais pas pu dire mieux !
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
;)
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CibouIl y a 6 mois
Il faut sans doute toucher les extrêmes pour connaître la sagesse, et le manque pour renouer avec le désir. Ce n'est pas le plus confortable des parcours mais certainement le plus enrichissant...
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CibouIl y a 6 mois
Quant à bouger utile, oui par choix mais pas par obligation. J'étais folle de joie quand j'ai eu ma première cheminée et mon premier jardin... Mais après quelques années, je n'en pouvais plus de la corvée de bois et de l'arrachage des mauvaises herbes. Toucher son rêve et en revenir... Depuis, plus de cheminée et jardin plus petit 😄
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Ah ah ah, tu as raison de me remettre un peu les pieds sur terre ;)
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MF AronIl y a 6 mois
Bonjour Lise
je vous suis depuis quelques années maintenant. j'aime beaucoup votre liberté de ton et certains de vos écrits sont encore dans ma mémoire.
Le dernier est loin de laisser indifférent et même s'il parle de choix personnels , le sujet parle à beaucoup d'entre nous.
Tous ces sujets (les apparences sociales et la réalité, le désir et ses métamorphoses) ont déjà été traités (littérature, philo)mais c'est une autre chose de les vivre , n'est ce pas?.
Néanmoins , par rapport à ce que vous faites, et très bien, il y aurait un angle à explorer qui serait l'impact de la mode , de sa fabrication mais aussi de l'image renvoyée par rapport aux enjeux actuels de l'évolution climatique. il y a eu des articles sur les conditions de travail dans certains pays : cela ne faisait que reprendre un discours politique bien rodé mais ne traitait rien en profondeur.
Au regard de ce que l'on peut imaginer qui va (ou pourrait) se passer , comment peut (ou doit) évoluer la façon de s'habiller? définition des besoins, ressources durables, conception, fabrication, porté des vêtements, rapport au corps dans ce contexte ....
Quand le problème va se poser de manière imminente, on va classiquement aller chercher des solutions déjà expérimentées et perdre ainsi beaucoup de temps. Pourquoi ne pas essayer dès à présent de rechercher les solutions ou présenter les personnes qui sont dans ce mode de pensée? le sujet est très complexe et difficile et ... excitant, non?
Que cela ne m'empêche pas de vous souhaiter une très bonne année !
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
C'est une réflexion qui est en cours :)
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MathildeIl y a 6 mois
Chère Lise,

Cet article m'a vraiment touché, et je pense beaucoup aux mêmes sujets en ce moment.
Concernant l'impact environmental de l'industrie de la mode, dont parle MF Aron, connais-tu le site Wonder Wardrobe? Le principe de "capsule wardrobe" que Daria propose me paraît infiniment plus faisable et satisfaisant que beaucoup d'autres solutions telles que n'acheter que du vintage, etc.
Je sais que ce n'est pas forcément pour tout le monde, mais en regardant ses vidéos sur YouTube je suis très impressionnée par le nombre de tenues et la variété des dites tenues avec seulement 16 "pièces".
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
C'est vrai que c'est un concept très intéressant :)
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LaetitiaIl y a 6 mois
Si tu savais combien cela me parle ! Pareil, quand j’étais jeune, je voulais avoir une vie de bourgeoise / business woman.
Puis le temps passant, mes boulots sur le web ne m’apportant aucune satisfaction ! Je suis en train de revoir un peu mon curseur.
1ère étape : déménagement ( mon mari commence un boulot à la campagne ).
2nd étape : accepter de gagner moins mais être plus épanouie.
Pas si facile.
En tout cas, ton texte m’apaise !
Je t’embrasse
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Je me doute que cela ne doit pas être facile... Mais je crois que tu vas vers un mieux être certain en remettant en question les choses et en suivant ton mari à la campagne :)

Tu nous raconteras ta nouvelle vie au vert ?
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Il y a 6 mois
Cette chronique est passionnante Lise, et les commentaires le sont tout autant ;-) Ces 20 dernières années en famille, nous avons avancé pas à pas vers un mode de vie de plus en plus "simple" : nous avons vécu dans plusieurs pays ce qui nous a grandement aidé en nous ouvrant à d'autres cultures et nous a obligé à nous adapter. Nous consommons très peu de biens matériels et nos enfants depuis qu’ils sont petits y ont été habitués, ce sont maintenant de jeunes adultes entre 20 et 25 ans. Les repas sont très simples, faits à la maison, nous n’achetons aucun produit transformé. Nos vêtements et appareils divers sont systématiquement de seconde main achetés le plus souvent en dépôts vente (on y trouve maintenant des trucs très chouettes, quasiment neufs et de très bonne qualité), ou troqués avec des amis ou des connaissances. Pas de télé à la maison, 2 ordinateurs Chacun a son tel portable, nous n’avons plus de voiture.
Il y a environ 10 ans mon mari et moi avons divisé nos salaires respectifs par 2,5 en quittant en même temps des postes bien rémunérés (là il a fallu gérer l'incompréhension et l'angoisse de nos familles respectives)
Nous avons donc aussi emménagé dans un quartier " populaire " qui a échappé à la boboïsation ( là on croise fort les doigts!) ce qui nous a permis d’avoir plus d’espace tout réduisant beaucoup nos charges. Le fait d’avoir considérablement réduit nos besoins matériels et de ce fait nos dépenses nous permet de fréquenter toujours assidûment musées, expos etc.
Ce mode de vie est assez jouissif parce qu’il donne une immense liberté et beaucoup de calme intérieur.
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Chère Dô,
Merci pour ton témoignage extrêmement intéressant ! Il nous a fait beauoucp réfléchir avec Julien. On aurait aimé t'avoir dans la pièce pour te poser plein de questions ;) En voici quelques unes si cela ne te déranges pas...
Lorsque tu dis que tu n'achètes aucun produit transformé, cela veut dire que tu fais ton pain, tes yaourts, tes confitures, tes pâtes ?
Vis-tu sur Paris ou en Province ?
"Réduire nos besoins matériels" : dans la pratique, cela consiste en quoi?

Merci :)
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Il y a 6 mois
Pardon pour la tartine
;-)
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SylvieIl y a 6 mois
Débat très intéressant .
Tu es un peu comme Houllebecq Lise, un sismologue qui sent les plaques bouger avant le tremblement de terre ! ( la compaison s’arrete notre écrivain iconoclaste national adore détruire la planète !!! )
La consommation à outrance couple à une ambition professionnelle purement matérialiste font le lit du vide existentiel et participent au désastre écologique . La tendance à la slow life et à une forme de retour aux sources est bien la. Apres, il faut se garder des comportements excessifs. Le boycott systématique de la modernité me semble une utopie. Je pense que personne n’a envie de se priver de son iPhone et de Google aujourd’hui. La vraie question est de savoir comment utiliser ces outils sans en devenir l’esclave , en restant maître de nos désirs , ne pas subir, toujours garder notre libre arbitre.
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Trouver le juste milieu, là est à mes yeux tout l'enjeu ;)
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GranpiIl y a 6 mois
Chère Lise, je te remercie pour cet inventaire à la Prévert concernant ces moments privilégiés.
Je remercie également les commentaires que je lis avec attention car je commence à connaître quelques-uns des intervenants sur ce blog et je constate avec joie que ce sont des personnes remplies de qualités que j'affectionne: respect, empathie et authenticité.
Pour ma part, j'ai décidé de réaliser, d'oser certaines choses que je me suis toujours empêché d'accomplir par manque de confiance en moi (j'en ai déjà parlé ici, au moins en ce qui concerne mon métier).
A l'aube de ma cinquantaine j'ai envie de croire en moi ;))
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Je pense que nous sommes nombreuses ici à déjà croire en toi ! Alors n'hésite pas à faire de même ;)
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GranpiIl y a 6 mois
Merci chère Lise pour ce gentil commentaire
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Il y a 6 mois
Nous habitons Paris pour le moment. Pardon, il manque un mot dans mon post précédent: nous n’achetons aucun produit « INDUSTRIEL » transformé. Nous faisons notre pain oui mais sans parvenir à couvrir la totalité de nos besoins -loin s’en faut - pour cause de…. Flemme^^ mais le plus souvent par manque de temps. Nous faisons notre yaourt très facilement sans yaourtière, nos pickles et légumes fermentés, nos confitures et pâtes de fruits ( mais consommons très peu de produits sucrés). Nous avons aussi un déshydrateur ce qui est très pratique. Le dimanche matin est consacré au batch cooking, c’est-à-dire que nous préparons au moins 5 ou 6 plats variés à réchauffer dans la semaine ce qui nous libère beaucoup de temps, et aussi des purées de légumineuses à tartiner. Nous achetons tous les fruits et légumes de saison chez 2 maraichers de notre marché de quartier, car nous préférons - et de loin- des produits du secteur fraichement cueillis plutôt que du « bio » venant souvent de l’étranger, ayant trainé des jours entiers sur les étals. Les seuls produits en « bio » que nous achetons sont les huiles, le gros sel, le shoyou , les céréales en vrac.
Réduire nos besoins matériels…. vaste sujet ;-) nous avons considérablement réduit nos charges : changement de quartier beaucoup moins cher, plus de voiture = plus de garage, en cas de nécessité nous louons un véhicule, plus d’inscriptions en salles de sport. Gros lecteurs nous sommes inscrits dans des bibliothèques et médiathèques, nous ignorons les restaurants et autres Starbucks mais nous sortons fréquemment et recevons régulièrement des amis, ces derniers ne vivent pas du tout comme nous ! Mais ils nous comprennent et…. inversement. Nous avons choisi de donner la priorité à « l’immatériel »: musées, expos, concerts, randonnées, nature etc….. nous ne sommes inscrits sur aucun réseau social (mais les enfants, si) et ce site est désormais le seul que je suis.
Nous avons tout le confort « moderne » heureusement! Nos appareils, téléphones compris, proviennent tous de soldes ou d’occasions ce qui nous convient parfaitement. Nous n’achetons jamais d’objet de « décoration pour la maison» car nous n’en voyons pas l’utilité. Nos objets du quotidien sont réduits à l’essentiel, ils sont beaux ( en particulier de la vaisselle en grès et en bois provenance du japon), mais chacun doit avoir son utilité..
Mon dressing est minuscule mais j’aime tout et porte absolument tout. Mis à part les chaussures ( 3 paires hiver 3 paires été et 2 paires de baskets), tout provient de dépôts vente ou de troc. Même chose pour mon mari. Mon seul maquillage , un beau rouge à lèvres. Produits de toilettes réduits à l’essentiel. Nos cadeaux lors des occasions festives : des billets d’expo, de concerts, de théâtre, des vacances en pleine nature. Nous ne nous offrons jamais « d’objets » et nous n’en offrons pas non plus. (une fois nous sommes fait traiter de radins ce qui nous a fait sourire^^ mais a été l'occasion d'un échange assez passionnant….) Mes 2 luxes personnels : une coupe de cheveux régulièrement chez un bon coiffeur et une séance d’acupuncture avec massages sur les méridiens 2 fois par mois (prévention santé).
Au fil du temps ce mode de vie nous est devenu complètement naturel
.
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EmmaIl y a 6 mois
Merci beaucoup pour ce descriptif très détaillé qui m'inspire.
Je suis très impressionnée par votre cohérence et votre constance.
J'avoue que j'aurais énormément de mal à vivre avec aussi peu de diversité vestimentaire, mais je pense que c'est très surfait et qu'une fois la décision prise, en fait on doit rendre compte que l'on en a plus besoin.
J'avoue que ça me fait réfléchir, et me donne envie d'essayer, c'est un petit pas, le challenge 10 pièces de vêtement 10 jours.
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Il y a 6 mois
Emma, ce mode de vie s’est construit petit à petit depuis une vingtaine d’années. Je pense que cette réussite vient du fait que la culture tient une place essentielle qui remplit nos vies, et que nous ne nous sommes jamais « forcés » à quoi que ce soit: chaque pas s’est accompli en son temps, aucune décision radicale a été prise ce qui a certainement permis d’éviter des frustrations. Les enfants ont toujours été associés à nos choix sauf lorsqu’ils étaient tous petits.
Ce que nous aimons, c’est le raffinement de cette simplicité, c'est savourer le peu que nous avons comme des biens précieux . Tout ça nous permet de respirer légèrement, de nous sentir libres, d’avoir des ailes, de pouvoir aussi nous inspirer de l’inabordable si d’aventure nous avons besoin, par exemple d’un objet nécessaire à notre quotidien ou d’un nouveau vêtement.
C’est aussi pour ça que j’aime beaucoup regarder les très beaux vêtements et les « comprendre » ( ou du moins essayer…) car je peux selon les cas les voir comme œuvre d’art une sculpture, ou même un tableau.
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Merci Dô : tu me fais un vrai cadeau en nous livrant un témoignage si détaillé. Merci du fond du coeur :)
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ChristineIl y a 6 mois
J'ai beaucoup apprécié votre témoignage très inspirant.
Merci
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jickyIl y a 6 mois
"Faire plusieurs kilomètres à vélo - et ce quelle que soit la météo - pour aller faire nos courses alimentaires"
ça, je le fais depuis plus de 2 mois: ça change tout!!! rien qu'aller acheter 1 salade à vélo par -4°C me redonne la pêche!
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jickyIl y a 6 mois
Pour les voyages, rien ne remplace une chaumière paumée aux sources de la Loire, entre Ardèche et Haute Loire:
https://www.instagram.com/p/Brp6MqHFtNr/
le MEILLEUR Noel que j'aie jamais passé... (je pense que tu comprendras :-)
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Oh cette cabane !!!
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JickyIl y a 6 mois
Chaumière a toit en genets
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GranpiIl y a 6 mois
Géniale cette petite maison de poupée!!
Sur l'île de Groix, l'été dernier il y avait une petite maison d'hôte toute simple dans laquelle j'aurais bien passé quelques jours...
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ChristineIl y a 6 mois
Comme je l'ai savouré ton article sur lequel je partage beaucoup de points.
Les choses les plus simples de l'existence sont effectivement les plus savoureuses, entourées de ceux qu'on aime.
On est de plus en plus nombreux je crois à nous rendre compte de la vacuité de notre mode de consommation.
J'aspire à revenir de plus en plus à l'essentiel.
La vidéo que tu as mise en lien est superbe. Tout parait si simple, même si on ne voit pas tout le travail qu'il y a derrière.
J'espère que tu nous montreras ta robe ! ♥
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
Je pense qu'effectivement nous sommes de plus en plus à ressentir ce besoin vital de retrouver du sens au sein de nos actions quotidiennes.

Je t'embrasse :)
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Mrs TIl y a 6 mois
Merci mille fois, Lise, de partager tout cela avec nous.
C'est rassurant de voir que nous avons tous/toutes ici, bien que sur des modes et avec des caractères différents, la même aspiration à la fois au beau et au vertueux (pas au sens hypocrite, hein, au sens plein), même si on galère et qu'on s'empêtre parfois dans nos contradictions. Je n'en suis pas aussi loin que certaines (Dô, chapeau!) mais je crois que tout doucement, l'idée de vivre autrement fait son chemin.
C'est marrant que tu parles de vélo : moi qui sais à peine en faire, je marche, beaucoup, pour mes déplacements quotidiens. Je traverse tous les jours ou presque le grand pont de Göteborg, je m'arrête deux secondes pour regarder le port industriel et la ville qui travaille, et c'est bête, mais ça me fait un bien fou, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente (et il pleut / neige / vente pas mal, quand même). Et comme toi, je couds. Prosaïquement, des genouillères pour les pantalons de mon fils aîné (marre de jeter les pantalons après 15 jours) et peu de choses me détendent autant.
Certes, on est loin des ambitions de wonder women, mais je crois que c'est précisément dans ces moments-là que je me réconcilie le plus avec la vie que j'ai et que je me demande le mieux ce que je veux en faire sans être polluée par des signes extérieurs de richesse / succès / attentes des autres. C'est un travail en cours, mais me ménager ces moments-là m'aide infiniment.
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FlewellIl y a 6 mois
"Il en faut peu pour être heureux"
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LucieIl y a 6 mois
Bonjour TDM :D

Un article et une discussion très forts et riches. J'avais l'impression d'avoir rejoint un salon de thé entre copines :)

Une question me brûle mes doigts (ils tapotent sur mon petit clavier x)

Ça existe des moments de révélation aussi forts quand on travaille dans "le digital"?

Moi j'ai commencé sérieusement cette année; je découvre les arcanes des GAFAS et du webmarketing. Parfois, la vie d'avant la découverte de cet univers me manque. C'était le temps où les personnes et les choses étaient "plus tangibles" xD

Je reste toutefois persuadée que la vie digitale a son lot d'épiphanies. Comme vous aviez le recul, l'expérience et la plume pour l'exprimer, je me suis permise de poser cette question ici :)

En tout cas, merci pour votre blog. Je le suis depuis longtemps. C'est un plaisir de suivre son évolution (les articles "Chronique" sont devenus mes préférés)
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Lise (TDM)Il y a 6 mois
En ce qui me concerne, les échanges avec les lecteurs via les commentaires me procurent un plaisir infini. C'est de l'humain au sein du virtuel et c'est là que le virtuel prend à mes yeux tout son sens, car il permet de créer des échanges qui auraient été plus compliqués à faire naître dans la "vraie" vie ;)
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LucieIl y a 6 mois
C'est si vrai...

L'image a beau mener son empire sur internet, j'ai bien en tête quelques plumes qui m'ont marqué sur le web. Je le dis en tant que lectrice: sans même passer par l'échange on pénètre dans l'univers d'un autre.

Mercis pour ces chroniques. Je viens de lire la nouvelle, toujours chargée de force et de style. Elles font toujours autant de "remous émotionnels" :)
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rorococoeugvicIl y a 5 mois
Coucou !
Je lis avec un peu de retard ces échanges ... certains sont impressionnants !
Mais, il me semble que tous ou presque font suite à une vie dite "classique" plutôt aboutie comme on peut l'entendre traditionnellement (études, boulot, voyages ...) Comme si le tour de touuuuut ça avait été fait et que le besoin de passer à autre chose se faisait sentir ...
Même si cette démarche doit être peu répandue au final, elle va à la fois à contrecourant (en cette période de fashion-weeks et de soldes par exemple !) tout en étant dans l'air du temps (transition écologique et autre décroissance et/ou véganisme)
J'utilise évidemment des raccourcis et approximations ... mais j'espère que tu vois ce que je veux dire !
Donc, les dits "gilets jaunes" et les pays émergents (Chine, Inde ...) qui peinent à joindre les deux bouts ou tout simplement à survivre n'aspirent qu'à vivre conventionnellement et sont à mille lieux de ces questionnements, enfin je crois ...
Bref, sinon je trouve qu'avec Julien et Charles vous avez déjà fait un choix de vie drôlement novateur et "extraordinaire" dans le fait qu'il sort de l'ordinaire pour un jeune couple !!
Alors le reste suivra et vous le trouverez ce 'juste milieu" idéal, car c'est déjà dans votre façon profonde d'appréhender la vie ... j'en suis incapable malgré mon grand âge alors bravoooooo et très belle et sereine année (il est encore temps je crois !)
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Lise (TDM)Il y a 5 mois
Merci :) Très belle année à toi !
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