Boutique vintage

Chronique #121 : Escapade vintage

3152
En quête d'une alternative à l'offre prêt-à-porter traditionnelle, je me suis récemment mise à fréquenter assidûment les friperies. Après quelques mois de pratique, voici mes premières impressions/constatations…
Boutique vintage
Croire que l'on pourra modifier la couleur peu engageante d'une robe fifties parfaitement coupée en la plongeant dans une teinture spéciale textile dénichée au rayon lessive du supermarché du coin est un fantasme pur et simple. À moins d'être une chimiste de la société Dylon et de connaître toutes les interactions possibles entre la composition du tissu, celle de la teinture et le coloris déjà présent, il y a de forte chance que vous vous retrouviez au final avec une robe certes toujours aussi bien coupée, mais dont la teinte indéfinie vous fera regretter celle d'origine...

En matière de tee-shirts de seconde main, les modèles seventies issus des universités nord-américaines et autres "campgrounds" s'avèrent être de véritables pépites d'or. Je ne sais pas si cela tient au grammage de leur coton ou à la qualité de leur tissage, toujours est-il que ceux-ci sont inusables. J'en possède plusieurs : deux modèles de Yale hérités d'un ami y ayant fait ses études au début des années 70, un "Harvard 1974" déniché à Vancouver ainsi qu'un tee-shirt "Camp Taum Sauk" datant de 1979. Ils vont avec tout et n'ont peur de rien. Attention : les modèles plus récents ne présentent pas la même qualité.

Face à l'étroit miroir d'une cabine d'essayage étriquée, les neurones embués par l'odeur si particulière flottant dans ces cavernes d'Ali Baba pour étudiante à la Sorbonne fauchée, il est facile de surestimer ses talents de couturière. Réduire la carrure d'une veste en tweed au prix modique, élargir la taille d'une adorable jupe crayon ou encore changer la fermeture éclair d'une affolante combinaison-pantalon nous semble soudainement à notre portée. Dans les faits, si l'on n'est pas une virtuose de la Singer 3232 et que le mot "aiguille" nous évoque davantage une séance d'acupuncture qu'un patron Burda, mieux vaut rester humble. Acheter une pièce demandant trop de transformations risque en effet de condamner celle-ci à rester un temps indéfini sur la pile des chaussettes à repriser. Cela étant dit, il est tout à fait envisageable d'acquérir un vêtement ne nécessitant que de légères modifications. On pourra ainsi sans risque réduire la longueur d'une jupe ou d'un pantalon  (il existe des centaines de tutos sur YouTube), couper les manches d'un tee-shirt, défaire les pinces d'un pantalon ou encore placer un élastique dans la ceinture d'une jupe ample légèrement trop grande…

Après avoir glissé mon pied dans bon nombre de paires de souliers de seconde main, j'ai tendance à en conclure que porter les chaussures d'une autre n'est pas souhaitable, celle-ci les ayant faites à la forme de son pied.

Lorsque l'on pénètre dans une friperie, la masse de vêtements à examiner peut vite apparaître décourageante ; d'où la nécessité de mettre en place un modus operandi qui nous permettra de passer un moment aussi agréable que fructueux. En ce qui me concerne, j'ai fini par comprendre qu'il fallait que je me laisse guider par mon regard. Ainsi, avant de toucher quoi que ce soit, je balaie tranquillement des yeux les enfilades chamarrées de chemises, robes et autres blousons. Lorsque quelque chose attire mon attention (à savoir une couleur, un imprimé ou une matière), je m'approche, l'extrais de l'amas compact formé par ses congénères et l'observe. Au lieu de compulser en vain des portants trop serrés, cette manière de faire me permet d'aller directement vers un produit susceptible de me plaire.

Un vêtement trop petit le restera quoiqu'il arrive. Autrement dit, inutile d'acheter un somptueux manteau sixties dont la carrure bien trop étroite empêchera la moindre tentative de free hug ou encore de craquer pour une marinière aux rayures parfaitement espacées, mais dont les poignets des manches flirtent avec le milieu de notre avant-bras : un vêtement trop petit se doit d'être reposé sur le portant.
À l'inverse, un vêtement trop grand pourra se révéler particulièrement intéressant. Une robe chemise au pimpant imprimé fleuri dans laquelle nous flottons deviendra ainsi un kimono d'extérieur tout à fait seyant, tandis qu'une longue chemise d'homme pourra se porter les manches roulottées à même une peau bronzée. On pourra également ceinturer taille haute une robe housse choisie quelques tailles au dessus de la nôtre ou encore nous la jouer Demna Gvasalia en déplaçant le bouton d'un jean trop large.

De nombreuses robes longues vintages difficilement adaptables à la vie de tous les jours gagneront à se voir transformées en robe midi. Passer par un retoucheur pour effectuer cette opération n'est pas forcément une mauvaise idée, et ce d'autant plus si la robe est un modèle vintage relativement onéreux.

Si en matière de vêtements de seconde main, il est n'est pas forcément aisé de parvenir à dénicher la perle rare, les boutons sont quant à eux faciles à trouver. Chiner ceux-ci est d'ailleurs un régal, tant la qualité de ces vestiges d'un art de vivre passé se révèle souvent réjouissante. Sans parler du plaisir indicible que l'on éprouvera en remplaçant les banals boutons en plastique de son caban Zara par des petites merveilles bombées provenant d'un ancien uniforme de l'armée canadienne...

Pour finir, je rajouterai qu'il est préférable de ne porter qu'une pièce chinée/vintage par look, l'idée étant de créer des mix and match entre style passé et esthétique contemporaine et non de s'adonner au plaisir coupable du total look.
Partager l'article
Par Lise Huret, le 04 avril 2019
Vous aimerez également
Chronique #130 : Vacances familiales
Il y a 12 jours - 58
EN SAVOIR PLUS
Chronique #129 : Mes Birkenstock Arizona
Il y a 23 jours - 36
EN SAVOIR PLUS
Chronique #128 : Moments de vie
Il y a 1 mois - 23
EN SAVOIR PLUS
52 commentaires
Tous les commentaires
MarmIl y a 4 mois
Merci pour les conseils Lise, encore un plaisir de te lire !
Je vais opter pour ta méthode de fouille, et retenter certaines friperies de mon quartier, délaissées faute de courage :)
RÉPONDRE
GranpiIl y a 4 mois
Après l'épisode du Starbuck où mon chum et moi nous faisons appeler par nos prénoms de scène, à savoir: Gigi et Jean-Claude, nous filons dans les boutiques vintage qui fleurissent à Saint Mich-Mich à Paris ou pas loin de la rue de Rivoli.
Et alors là, on s'é-cla-te!! Nous sommes des nostalgiques des eighties et on essaye tout: des vestes léopard en fourrure, des survêt' bariolés, des vestes d'aviateur, des vestes en tweed, des cravates à Papy Georges, des couvre-chefs en tous genres... bref, on se marre comme des baleines.
Cependant, j'ai du mal à acheter dans les friperies, car comme tu le dis si bien, il faut avoir du talent et j'en suis fort dépourvue, du coté des travaux manuels!!
"si l'on n'est pas une virtuose de la Singer 3232 et que le mot "aiguille" nous évoque davantage une séance d'acupuncture qu'un patron Burda, mieux vaut rester humble": cette phrase est bien tournée et me fait rire ;)
RÉPONDRE
EmmaIl y a 4 mois
Ahh la joie d'avoir des mensurations "normales" ! Avec mon quasi mètre 80 et mes larges épaules, le vintage n'est pas pour moi : mon gabarit n'existait pas à l'époque ;-)
Je me rabats sur les accessoires et quelques pièces de workwear. J'ai juste une superbe fourrure années 80 genre Dynasty manches chauve souris, payée 100 €, que je n'ose finalement pas mettre (un peu de mal avec la fourrure, j'aurais préféré de la fausse bien faite).
Mais pour avoir chiné avec des copines, je suis tout à fait d'accord avec ta méthode : laisser trainer ses yeux et suivre son envie.
RÉPONDRE
krystelleIl y a 4 mois
La joie des mensurations quand tu fais 1m54 et que tout est trop large et la plupart des robes et jupes sont biens sous le genou.
RÉPONDRE
EmmaIl y a 4 mois
La joie d'être dans les extrêmes ;-)
Ayant près de 50 ans, je me rappelle douloureusement l'absence de chaussures de femmes en 41...
Et aujourd'hui apparemment c'en est fini du 35.
RÉPONDRE
ZeilaIl y a 4 mois
Tes looks chinés! des photos! Vite!
RÉPONDRE
EmaIl y a 4 mois
Je l’ai tellement fait à 20 ans. J’aime plus. Je trouve ça cool mais ça ne m’attire plus. En revanche j’adore les dépôts vente et vide dressing et Vinted.
RÉPONDRE
krystelleIl y a 4 mois
Adepte chez aliexpress(enfin je trouve des vêtements peu cher et étroit face à la mode de l'oversize, mon 1m54 est contente) je me répercute sur vinted ma conscience va mieux.
RÉPONDRE
PsycheIl y a 4 mois
J'adore dénicher des pépites dans les friperies depuis peu : pulls années 80 restant portables, chemises autrichiennes en dentelle, top en lurex, superbe manteau années 60 manches 3/4 col en fourrure...Et je les mixe avec des vêtements contemporains !
RÉPONDRE
PsycheIl y a 4 mois
La fameuse chemise autrichienne n'a rien à envier aux blouses victoriennes sandro et autres que l'on voit depuis quelques années. Ces vêtements des décennies passées sont, comme le dit Lise, souvent de bien meilleure qualité que ce que l'on trouve aujourd'hui, même à prix d'or dans les boutiques de créateurs !
RÉPONDRE
Moule FripeIl y a 4 mois
Ma règle d'or: toujours une pièce vintage dans la composition de ma tenue. Les accessoires comptent! :)
RÉPONDRE
violette.bIl y a 4 mois
D'accord avec toutes tes remarques , je chine et porte du vintage depuis des temps antédiluviens ( ado et à 25 ans ma copine travaillait chez Kiloshop comme on a ri ... )( au boulot je disais que c'était à ma mère)
La teinture cuit le tissus qui ensuite te déteint dessus aux points de sudation ...
Le coût de remplacement d'une fermeture éclair sur un blouson 50 atteint celui d 'une veste ZARA
Rien ne tombe parfaitement , donc ajustement et inventivité et ....singer.
Pièces un peu fatiguées , sinon hors de prix , je pense aux sacs
Rigolade assurée par contre
Au final ce n'est pas du tout économique ( sauf à 20 ANS ), beaucoup de pertes pour arriver à la pièce qui va Vraiment bien , daté , connoté , donc réservé à des moments clés .
L'odeur je peux plus
A part une robe sans retouche DVF à Brooklyn pour 30$ où je chinais avec mon fils (l'offre me semblait plus qualitative pour des prix très bas j'ai pensé que la tradition caritative outre atlantique était différente ) , on l'a compris j'ai presque arrêté , sauf les bijoux , foulards mais je suis vintage moi même, j'ai par contre gardé des perles de mes frasques d'antan , en mode collectionnite .
RÉPONDRE
GranpiIl y a 4 mois
Violette moi aussi je suis vintage et j’en suis ravie 😂😜
RÉPONDRE
MilaIl y a 4 mois
Tu as l'air de bien connaitre tout çaViolette b. J'ai une envie folle de passer 1 journée entière à Paris rien que dans les friperies. D'après toi lesquelles sont les plus intéressantes ? Merci Violette 🤔
RÉPONDRE
violette.bIl y a 4 mois
Mila , je suis lyonnaise .....j'espère qu'une parisienne te viendra en aide .
En province ( perdue lol ) l'armée du salut ou secours populaire sont top et pis c'est le baptème du feu .....il y a de tout ....mais tu te trompes pour 3 eur .(cet été au Puy jupe en façon soie léopard marque 1.2.3 ...parfaite 2 € )
A Paris j'ai toujours été impressionnée par le chic de certaines friperies sélectives avec les prix qui vont avec et la vendeuse assortie qui te file des complexes ( enfin Paris quoi ...rire ) .....maintenant je suis .....plus âgée , j'en connais un rayon je ne me fais pas désarçonner 😉
RÉPONDRE
MilaIl y a 4 mois
Merci beaucoup Violette b. Tu es adorable de repondre je prends bonne note de tes conseils 😃
RÉPONDRE
CarolineIl y a 4 mois
A Paris, j'aime beaucoup Episode rue Tiquetonne - vraiment pas cher et avec beaucoup de choix (j'y ai acheté un manteau en cachemire et un sublime kimono en soie, chaque fois à 45 euros chacun). En plus, ça ne sens pas trop mauvais.
Sinon, tu as Killiwatch, un grand classique, aussi rue Tiquetonne. Grosse sélection.
Mamie Blue, rue de Rochechouart. Plus pointu.
Mad Vintage, un peu partout - pas très pointu.
Enfin, les Puces bien sûr.
Mais tu trouveras sûrement plein d'autres adresses, il y a beaucoup de friperies/ boutiques vintage/ boutiques de fringues d'occasion à Paris!
RÉPONDRE
MilaIl y a 4 mois
Magnifique ! Merci beaucoup Catherine C'est vraiment sympa et je vais me débrouiller avec tes adresses . 🤗
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 4 mois
Mamie Blue ! :)
RÉPONDRE
MilaIl y a 4 mois
Merci merci Lise 😃 🌻
RÉPONDRE
CarolineIl y a 4 mois
J'ai beaucoup écumé les Emmaüs et consorts ado, dans les 90s - ma grande soeur était fan, mais à l'époque tu te prenais des regards un peu méchants quant tu n'étais pas assez pauvre pour y faire des achats.
Bref, j'ai quelques merveilles (un sac en croco à 2 euros, un smoking Lapidus à 10, un trench Burberry à 40 francs) et aussi beaucoup de souvenirs désespérants.
Aussi, adepte du tweed, j'ai fait l'erreur d'acheter d'acheter une veste à la carrure trop grande et j'ai une jupe Chloé superbement bien coupée dont je déteste la couleur (envie de l'amener chez un teinturier haut de gamme).
Je chausse du 37 et le vintage me ravit (choix infinis dans ma taille).
Bref, des années de recherche de la perle rare (ma soeur sus-citée a, quant à elle, une garde-robe de maboule, toute vintage) et d'angoisses devant les odeurs, les vêtements improbables.
Dernier achat en date, un très beau kimono en soie brodé. Ca m'a pris 3 mois pour faire partir son odeur de vieux...
RÉPONDRE
JoséphineIl y a 4 mois
Merci Lise pour cet article, tes conseils sont précieux. Je me demandais, que penses-tu de l'offre vintage à Toronto ? Moi ça m'avait pas mal plu mais je n'y étais qu'en vacances, je n'ai pas vraiment creusé.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 4 mois
Je dirais qu'elle est correcte ;) Mais il y a plus de magasins de fripes que de réelles boutiques vintage (ou alors je ne les ai pas encore toutes trouvées ;).
RÉPONDRE
matchingpointsIl y a 4 mois
Nous avons du mal à nous faire à l'idée de porter un vêtement d'une inconnue, question de génération ?
RÉPONDRE
KrystelleIl y a 4 mois
C est aussi un intérêt écologique, jai grandi avec une mère qui consommait de la récupération
RÉPONDRE
matchingpointsIl y a 4 mois
Votre remarque est juste et justifiée par rapport au gaspillage que nous avons connu ! Consommons moins et mieux - nous n'avons pas besoin d'avoir 36 paires de basket ! Nous "pratiquons" les supersoldes, les destockage d'usine, et nos vêtements portés partent vers le recyclage, parce que vraiment portés et usés !
RÉPONDRE
OlagIl y a 4 mois
Merci chouette article ! :-)
Je m'y suis aussi remise assidument depuis une paire d'annees....ainsi qu'aux patrons vintage et sites 2de main non vintage....je suis particulierement fan des deadstocks 70s et 80s, surtout pour les chaussures--donc jamais portees du coup --les couleurs introuvables maintenant et les petites tailles qu'on ne trouve plus que dans les magasins pour ados....et les boutiques type episode avec leurs series :-)
RÉPONDRE
CibouIl y a 4 mois
Ce n'est pas une question de génération... (pour les Matchingpoints) J'ai 60 et quelques et je chine depuis plus de 40 ans ("le mouton à cinq pattes" existe-t-il toujours à Paris ?).
On finit par développer un radar spécial pour détecter "la" pièce n'attendait que nous pour une seconde vie (genre le vêtement fait main exactement à nos mesures). Et je chéris bien plus fort et bien plus longtemps ces trouvailles (parfois customisées) que les vêtements achetés neufs.
L'un de mes enfants (un garçon) a chopé le virus ;)
RÉPONDRE
CibouIl y a 4 mois
Bon, je suis intarissable sur le sujet (merci Lise d'avoir traité ce sujet) et je me permets d'ajouter quelques remarques :
- les tailles "d'avant" n'ont pas grand chose à voir avec celles d'aujourd'hui, on ne peut pas s'y fier
- si l'etiquette indique "fabriqué en France", c'est du vrai vintage
- si l'on sait coudre, ne pas hésiter à prendre une pièce qui ne va pas juste pour le tissu ou la dentelle et on recrée une nouvelle pièce
- le cuir a plus de mal à perdre l'odeur de "vieux"
- pour les chaussures, nettoyage intérieur à l'alcool...
RÉPONDRE
CarolineIl y a 4 mois
Oui, 100 fois oui. Le 38 des années 50... comment dire, aujourd'hui c'est plus compliqué à la taille. Et le "fabriqué en France", quel bonheur.
J'aimerais juste savoir coudre (en attendant, je fais faire plein de choses inédites à mon tailleur).
RÉPONDRE
CatherineIl y a 4 mois
C'est clair, j'avais trouvé une super robe des années 70 sur vinted, à ma taille, a priori, et en fait, pourtant j'ai la taille fine, bah j'aurais dû faire retirer une côte pour pouvoir y entrer. J'ai fini par la donner, apres des mois à me dire 'peut-etre qu'en la raccourcissant et en utilisant le tissu pour élargir à la taille...'.
RÉPONDRE
ElsaIl y a 4 mois
Je suis une inconditionnelle de la "Ressourcerie" et des vide-grenier de ma campagne. Mon conseil c'est de partir sans attente particulière, sinon c'est la frustration assurée. Juste flâner pour le plaisir, et jouer à se déguiser. Et quelle joie de tomber par miracle sur la perle rare que tu ne peux plus quitter !
RÉPONDRE
SabineIl y a 4 mois
Je fais la même chose que vous, et cela fonctionne.
La fripe, le vintage c'est la liberté, un univers entier.
Merci pour cet article !
RÉPONDRE
Il y a 4 mois
C’est (presque^^) du vécu : tu entres dans ta friperie de quartier où tu peux emmener personne, vu que tes copines snob te font les gros yeux, et qu’en plus elles refusent de mettre les pieds dans un endroit qui «pue ».
Comme par hasard, tu dégottes en 5 mn LA robe qui te va nickel, imprimé ravissant, aucune retouche à faire, même pas l’ourlet !
Dans l’enthousiasme ton mental évacue vite fait que l’objet du désir est dans une espèce de nylon mâtiné d’acétate....
Une fois sur le trottoir tu te demandes si tu n’as pas fait une co****** : à travers le sac l’achat dégage une odeur qui te rappelle l’appart de ta voisine du dessous (98 printemps).
Dans un sursaut d’optimisme tu considères qu’un bon lavage va tout arranger.
3 lavages plus tard (40° avec prélavage, vinaigre blanc + bicarbonate + après-lavage atrocement parfumé acheté tout exprès)..... ça SENT toujours.
tu réalises 1) que le parfum chimique n’adhère pas à la fibre « nylon/acétate »…2) que tu te retrouves avec un bidon de 5L « fraicheur de printemps » sur les bras.
En désespoir de cause, tu suspends la robe à ta fenêtre plusieurs jours. Quand tu la récupères, tu t’aperçois avec incrédulité que les pigeons de la cour ont pris le cintre pour un perchoir et ont déshonoré la robe.
Re-lavage. Re-séchage : à ce stade, le découragement ( ou l’acharnement ?) t’a fait perdre tout sens commun et bousillé tes capacités olfactives : tu interroges l’entourage : « SINCEREMENT est ce que tu sens quelque chose » ? Fille ainé fait « mouais… », la cadette : « beuurk », le mari (hors sujet) :« tu vas sortir avec ça » ? La concierge diplomate: « on dirait presque que ça sentirait encore un chouïa Mâme DO ».
A ce stade tu décides de lâcher du lest : tu entreposes la robe dans un placard et tu décides de l’oublier, le temps que ton espace mental retrouve sa plasticité.
Quelques mois plus tard, une exclamation de ta sœur en visite te rappelle douloureusement le sujet:« Whaa…mais pourquoi ça sent la friperie comme ça dans ce placard ?? ».
RÉPONDRE
CatherineIl y a 4 mois
L'anecdote a le mérite de m'avoir bien fait rire en tout cas (surtout les pigeons qui déshonorent la robe).

Mais point de vue odeurs, justement j'adore me fournir sur Vinted ou Videdressing, parce que sauf exception (je crois que deux fois j'ai reçu une fringue qui puait la clope et autant de fois quelque chose qui sentait le renfermé) en général on reçoit quelque chose qui a été chouchouté et apprécié par son propriétaire et qui sent bon la lessive, souvent avec un petit mot, voire des bonbons, voire même un petit cadeau du style bonbons, vernis à ongles ou miniature de parfum.

Par contre ce que je déteste en commandant neuf, chez Zalando ou Asos, c'est justement l'odeur. En fait les fringues voyagent tellement loin qu'ils doivent y ajouter toutes sortes de produits pour qu'elles ne moisissent pas en cours de route, et même si ce n'est pas une odeur sale en soi, c'est quand-même super désagréable. Combiné avec les finitions et les matières pas terribles permises par mon budget, j'avais toujours l'impression d'avoir jeté de l'argent par les fenêtres en achetant du neuf.
RÉPONDRE
Il y a 4 mois
La fille d'une amie qui a travaillé dans la vente fast fashion m'a dit que lorsque les salariés ouvraient les cartons de fringues, l'odeur chimique était telle que certains faisaient des malaises et des allergies :(
RÉPONDRE
violette.bIl y a 4 mois
Excellemment bien raconté .....cela rejoint mon avis sur la vérité sur la bonne affaire ..... et pis les vieux vêtements ils aiment pas bien la super machine à 1200 tours d'essorage ..... ils finissent désintégrés.
Le caoutchouc aussi ne passe pas les décennies , les chaussures partent en plusieurs morceaux , une fois pas de chance c'était moi la vendeuse ....remboursement
Je parle de vintage pas de VINTED , la robe ZARA de l'an passée , un tour de machine et hop
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 4 mois
Je me suis régalée à lire cette savoureuse anecdote ! Merci :)
RÉPONDRE
Moule FripeIl y a 4 mois
C'est marrant, moi j'adore cette odeur de vieux!
RÉPONDRE
CatherineIl y a 4 mois
Je me fournis très rarement en friperie, j'y passe au cas où il y a quelque chose de bien. Le problème c'est que si on y va en se disant "j'ai besoin de telle ou telle pièce pour ce besoin dans ma garderobe", on risque d'en sortir avec n'importe-quoi. L'idée de promener d'abord son regard et de se diriger vers ce qui l'attire est juste, la différence sur les sites de seconde main c'est qu'on fait ça, après avoir appliqué un certain nombre de filtres, et on a quand-même 142 résultats de recherche parmi lesquels choisir.

L'inconvénient des sites comme Vinted par contre c'est l'empreinte écologique du fait de commander un foulard à 5 balles qui viendra en camion depuis Marseille, voire en avion depuis l'Espagne.
RÉPONDRE
Il y a 4 mois
C'est vrai : l'empreinte écologique pour le foulard à 5€ qui a parcouru des centaines ( voir des milliers de km)....ça demande réflexion
RÉPONDRE
HeLNIl y a 4 mois
Merci pour cet article Lise !
Comme d’autres j’ai écumé les friperies et kiloshop dans les années 90, oú mon petit budget confié très tôt par mes parents, ne me permettait pas d’acheter un Lévis neuf. A l’époque j’ai fait de super affaires et de moins bonnes (notamment avec une magnifique veste en cuir dont l’odeur, citée plus haut, n’a jamais disparu et que je n’ai jamais portée...)
Je reviens aussi maintenant au seconde main avec Videsressing et Vinted, sur lequel je vends d’abord et j’achète ensuite avec le budget des ventes. Certes l’empreinte ecologique des envois peut faire réfléchir, mais difficile de savoir ce qui est pire entre un vêtement porté une fois qui finit à la benne (ou donné dans des containers de récupération de vêtements dont on ne sait quand même jamais trop ce qu’ils deviennent, et s’ils seront réutilisés à bon escient) ou un vêtement envoyé à l’autre bout de la France qui sera réutilisé et aura réellement une seconde vie. Bien sûr la qualité du seconde main d’aujourd’hui reste celle des confections actuelles qui n’ont quand même rien à voir avec celle des années 90. Un jean, un t-shirt ou un pull vieillissait tellement mieux dans le passé, ça m’incite à n’acheter en seconde main que des produits très peu ou pas portés du tout (le nombre de truc NEUF à vendre sur Vinted est impressionnant.)
Quant aux vraies friperies à l’ancienne, effectivement il faut user de bonnes tactiques dans ces cavernes d’alibaba ! Et pour l’odeur, à part le cuir, j’ai constaté plusieurs fois qu’un passage au pressing est nettement plus efficace que mille passages en machine (et sans doute moins mauvais aussi pour l’empreinte écologique 🤔)
Bon dimanche 🥰
RÉPONDRE
CatherineIl y a 4 mois
C'est clair pour l'empreinte écologique, c'est juste moins bon qu'une friperie.

Y a pas mal de vintage aussi sur vinted, d'ailleurs, mais faut vraiment s'assurer sur la matiere et la taille. Souvent d'ailleurs les vetements sont montrés sur un mannequin taille 34, avec 'peut aller du 34 au 40' du coup faut poser des questions à la vendeuse. Mais j'ai trouvé des trucs sympas. Sinon y a pas mal de lituaniens et d'ukrainiens sur Etsy qui vendent souvent du vieux Marimekko, mais c'est un peu plus cher alors j'ai encore jamais tenté.
RÉPONDRE
jickyIl y a 4 mois
moi j'ai souvent un pb avec l'odeur qui règne dans les friperies... je tiens rarement plus de 10 mn (comme chez Zara, par ailleurs, où c'est une autre odeur qui me gêne: celle du plastique!!!)
RÉPONDRE
CarolineIl y a 4 mois
Oh oui, ça sent terriblement mauvais chez Zara!
RÉPONDRE
VIl y a 4 mois
Ayant un odorat fortement sous-développé - surtout pour les mauvaises odeurs, les parfums et autres fragances agréables je les sens très bien - je n'ai aucun problème avec les friperies. À un point que ça m'inquiète. Si ça se trouve j'achète des fringues qui même après passage à la machine puent et je n'en ai même pas conscience :S

Un manteau Comptoir des Cotonniers neuf avec étiquette à 20 euros, prix neuf sur le net 275... Je ne vois même plus pourquoi investir dans du neuf. La quantité d'invendus et de vêtements donnés voire jamais portés est tellement colossale qu'on pourrait dès maintenant arrêter toute production de vêtements, on pourrait habiller la planète pendant plus de 30 ans...

Alors oui on serait parfois fagotées comme l'as de pique, mais c'est pour la bonne cause... :)

Bon je reviens, je vais devoir sniffer mes dernières trouvailles pour savoir si elles schlinguent ;_; et prendre rdv avec mon ORL...
RÉPONDRE
SpunkyIl y a 4 mois
Il fut un temps où j'écumais les friperies, bien avant j'allais aux Puces de Clignancourt, j'y ai dégotté une robe Nina Ricci Vintage, un trésor. Mais j'ai changé je ne trouve plus rien à mon goût et je trouve que l'hygiène dans les friperies n'est pas toujours au rendez-vous. Il m'arrive de craquer sur une pièce de créateur dans une boutique de fringues de créateurs de seconde main. Ainsi, j'ai pu m'offrir une jupe Issey Miyake des années 80.
Ma dernière lubie, c'est de faire les ventes aux enchères. Il y a eu la liquidation judiciaire de la marque Vionnet, donc tout le stock était à vendre pour une bouchée de pain, j'ai pris un sac et une robe, les deux neufs ! Je renonce aux friperies pour écumer les ventes presse, ventes privées et ventes aux enchères. J'ai apprécié ton récit et tes conseils avisés. Il faut éviter le total look friperie, d'ailleurs cela se remarque parfois. Finalement, en lisant ton post, je me rends compte que je suis surtout à la recherche de pièces vintage de créateurs, e qui n'est pas ton cas et j'aime bien ça aussi. Et, comme toi, je fais l'impasse sur les chaussures !
RÉPONDRE
Il y a 4 mois
Oh oui ! On peut trouver des pièces "couture" merveilleuses et en parfait état dans certaines ventes aux enchères: il y a quelques années j'ai pu acquérir pour un prix dérisoire une robe Balenciaga , une pochette et un petit tambourin à voilette Schiapparelli <3<3
RÉPONDRE
samIl y a 4 mois
adieu TDm, très déçue par cette censure sélective, les lecteurs ne pourront pas trancher puisque que les com sont effacés.
RÉPONDRE
Julien (TDM)Il y a 4 mois
Non les commentaires ne sont pas effacés cette fois, j'ai juste supprimé ton message franchement agressif envers une autre lectrice. C'est pour nous la limite à ne pas franchir sur TDM.

Merci de ne pas continuer la conversation ici, les messages tentant de continuer la polémique seront systématiquement supprimés.
RÉPONDRE
samIl y a 4 mois
et comme visiblement mes coms ne passent pas, ok , Mila , à qui je ne peux pas répondre dans les brèves, bulle de légèreté, soyons légers, rions entre filles.
Enfin, riez, parce que là j'ai eu une belle démonstration de s limites d'ouverture . Quand ça venait des lecteurs, je faisais avec, je me dis bien que c'st un site qui brasse large et je suis respectueuse depuis des années. Après censure les iattaques perso, quand on se défend, sans retirer le com auquel on répond, c'est limite. je comprends que certaines icônes sont intouchables mais voilà, BB c'est comme la colonisation, on ne peut pas à un moment se dire qu'elle a eu un rôle positif et donc excuser le reste. ça sera ma dernière intervention, donc les filles , vous pouvez vous lâcher conte moi ( comme l'ont fait deux filles) , de toute façon, le bouton " supprimer" va bientôt arriver je le sens , avec un message derrière sous-entendant que j'ai été " grossière".
RÉPONDRE
CatherineIl y a 4 mois
Je voulais juste répondre à sam pour qu'on voie qu'elle n'est pas seule sur cette position (donc ce serait sympa de ne pas effacer si possible).

C'est sympa de vouloir rester léger, c'est un site de mode, particulièrement agréable en général. Mais bon voilà, cet incident m'a bien fait comprendre que mon malaise face aux slogans du style "la France aux français", que j'ai vus enfant dans les années 80, ne fera jamais le poids contre le fait de vouloir maintenir une atmosphère calme et feutrée qui a le recul pour parler de la coiffure de Brigitte Bardot. J'ai zéro recul face à la xénophobie, je ne peux pas juste "péter un coup" et l'accepter dans la bonne humeur. Alors, quelqu'un d'autre en aura et pourra toujours nous faire passer pour des petits flics (alors que ce n'est pas nous qui parlons de batailles et de guerres gagnées ou perdues). Julien, tu as bien fait savoir ta position sur la brève, au-delà du fait tout à fait compréhensible de vouloir modérer ce qui est posté ici, ainsi que plusieurs commentatrices qui m'ont pas mal déçue. Si mon commentaire est supprimé, au moins sam verra que j'ai tenté de lui répondre.

Et j'arrête là cet épisode un peu ridicule...
RÉPONDRE
Ajoutez votre commentaire
Code anti-spam : veuillez recopiez le code numérique ci-dessus
POSTER
Instagram @tendancesdemode