Chronique #122 : Les soeurs Brown

1130
Certaines oeuvres d'art sont à mes yeux plus efficaces que n'importe quelle séance de   psychanalyse. Je pense tout particulièrement à la série intitulée "The Brown Sisters", qui se compose de portraits de quatre soeurs pris chaque année pendant 43 ans…
The Brown Sisters
En 1975, le photographe Nicholas Nixon photographie sa femme entourée de ses 3 soeurs. L'idée lui vient alors d'instaurer un rituel consistant à reprendre une photo similaire chaque année. De cette décision naîtront des images à la fois fortes et familières, documentant la course folle du temps sur le visage et les corps de ces femmes pour qui il éprouve une grande tendresse. Une démarche qui nous renvoie à notre propre existence, tant ce qui se joue derrière l'intimité de ces photographies s'avère universel.

Voici les quelques réflexions que m'inspirent cette série :
Les visages lisses de la jeunesse ne racontent pas d'histoire. On y perçoit un caractère, une force, un élan, mais rien n'y est encore réellement inscrit. Les traits sont légèrement arrondis, l'enfance tarde à s'effacer… Je ne pense pas être nostalgique de cet état, même si celui-ci est synonyme d'épiderme sans ridules.
La manière de se vêtir et de se coiffer peut considérablement accélérer ou au contraire inverser le phénomène de vieillissement visuel d'une silhouette. D'une année sur l'autre, il arrive ainsi que les soeurs apparaissent plus jeunes ou beaucoup plus âgées que sur le cliché précédent, suite à un changement de coupe de cheveux ou à un choix vestimentaire plus ou moins heureux. À l'heure où l'on se fait combler une ride aussi facilement que l'on s'achète une nouvelle paire de mules, se rappeler que certaines teintes/coupes peuvent être plus efficaces que la toxine botulique ne fait pas de mal...
Au fil des clichés de Nicholas Nixon, on perçoit peu à peu les personnalités des unes et des autres. Or, loin d'être un ennemi, le temps semble affûter ces dernières : les expressions se font plus intenses, plus profondes, parfois plus douces ou plus dures. On oublie trop souvent que jeunesse rime avec tourments et incertitudes ; vieillir au contraire solidifie, ancre, densifie.
En observant les photographies des soeurs Brown, je ne peux m'empêcher d'examiner la manière dont chacune à traversé les années. J'essaie notamment de déceler les raisons faisant que Laurie (née en 1954 et placée toujours sur la droite) me semble être celle qui a le plus subi les outrages du temps. Je comprends assez vite : pour une raison que j'ignore (maladie, deuil, problèmes hormonaux...), Laurie a changé de silhouette. Alors qu'elle avait toujours été svelte, elle s'est arrondie. Et si peu importe en soi la prise de poids, cela marque néanmoins un décrochage avec celle qu'elle était auparavant et c'est personnellement ce décrochage qui me fait peur. Certaines personnes vieillissent en restant les mêmes. D'autre n'ont pas cette chance et deviennent une autre. Je me moque des futures lignes qui sillonneront mon visage, mais j'espère sincèrement réussir à conserver un corps svelte me permettant de garder un lien avec la Lise d'aujourd'hui.
The Brown Sisters
4 soeurs… Étant issue d'une famille comprenant 5 filles et 1 garçon, je sais qu'il n'est guère aisé de trouver sa place au sein d'une fratrie. Il est cependant rassurant de voir qu'en dépit des jalousies (potentielles) de l'adolescence, des incompréhensions (supposées) jalonnant les réunions de famille et de l'éloignement généré par la fatigue de maternités successives, l'affection des soeurs Brown ne semble que s'accentuer de cliché en cliché (voir ici, ici et ). Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec ma propre fratrie, où le temps ne fait qu'accentuer la profonde tendresse que nous nous portons mutuellement (et ce même si les années post mariage/premier enfant de chacune ont légèrement distendu la fréquence de nos communications).
Les années 70 sont définitivement mes préférées : pantalons larges taille haute, robes imprimées… (voir ici, ici et )

Entre étreintes protectrices, force vitale, bravoure tacite, visages sculptés par les aléas de l'existence et liens semblant indestructibles, ces photos me donnent envie pêle-mêle d'appeler mes grandes soeurs, de m'aimer, de poser un regard serein sur l'avenir, d'accepter les cheveux blancs que j'ai renoncé à teindre, de percevoir le fait de vieillir comme le seul moyen de gagner en sérénité et de me replonger au sein de nos albums photos de famille...

Voir toutes les photos : https://artsandculture.google.com/4wKyddPLBQrELQ
Partager l'article
Par Lise Huret, le 26 avril 2019
Vous aimerez également
Chronique #132 : Le pouvoir du pull rouge
Il y a 2 jours - 31
EN SAVOIR PLUS
Chronique #131 : Ne plus remettre à demain
Il y a 24 jours - 41
EN SAVOIR PLUS
Chronique #130 : Vacances familiales
Il y a 1 mois - 58
EN SAVOIR PLUS
30 commentaires
Tous les commentaires
cecileIl y a 4 mois
J'avais vu toute la série de photos l'année dernière et je m'étais fait la réflexion que dans les changements physiques des unes et des autres se voyait aussi les vicissitudes de leurs vies : on pouvait deviner des bonheurs, amours ou divorces, peines ect
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 4 mois
C'est très vrai : derrière chaque ride, on peut facilement imaginer les heurts et les joies ayant jalonné leur existence ...
RÉPONDRE
FrancoiseIl y a 4 mois
>> j'espère sincèrement réussir à conserver un corps svelte me permettant de garder un lien avec la Lise d'aujourd'hui.

Eek moi aussi. J'ai la sensation forte que mon identite vraie est celle d'avant la pression de la societe et du preconditionnement qui nous est impose. Donc, vers 10 ans d'age. ;) Je plaisante a peine. Pour moi ca a aussi a voir avec une legerete mentale, if that makes sense. Bisous.
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 4 mois
Tu veux dire qu'idéalement tu aimerais correspondre éternellement à l'image de celle que tu étais lorsque tu avais 10 ans ?
RÉPONDRE
FrancoiseIl y a 4 mois
Oui ! Celle qui se fichait de son poids (tout en etant androgyne comme j'aime), celle qui avait des reves sans limites, celle qui se sentait plutot bien dans sa peau avant l'adolescence. Ai-je peur de vieillir? Non, as long as I can still dress the way I want, that I have the energy that I need to do what's on the list, and that I can thrive in creativity!
RÉPONDRE
OliviaIl y a 4 mois
Je partage la même peur, sans doute irrationnelle et absurde: "je m'en fiche de vieillir mais je ne veux pas grossir". Et pourtant, quand j'observe celles autour de moi dont c'est le cas, ma mère, des cousines, des amies, je n'ai pas l'impression qu'elles vivent à l'intérieur ce "décrochage" selon tes mots. Comme tu dis, une séance de psychanalyse...
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 4 mois
Tu as raison ce "décrochage" se situe sûrement bien plus dans mon regard que dans la vie de Laurie Brown et c'est bien mieux ainsi ;)
J'analyse ces photos par le prisme de mon expérience personnelle, qui n'a pour le coup rien d'universelle :/
RÉPONDRE
matchingpointsIl y a 4 mois
En regardant cette série de portraits passionnants on se projette dans sa propre vie et son propre visage - nous sommes des sexas avec les rides bien sûr.
Nous partageons malgré notre différence d'âge avec vous les dernières phrases !
RÉPONDRE
MarieIl y a 4 mois
Chère Lise, j'entends ta crainte et c'est vrai qu'en vieillissant la plupart d'entre nous prennent du poids. Mais il me semble que ce n'est pas inéluctable. Je n'ai jamais eu confiance en moi mais une de mes satisfactions, c'est d'avoir conserver une silhouette de jeune, sans graisse, sans ventre et avec une taille (dixit mon mari) malgré 3 grossesses rapprochées - j'ai 63 ans-. Mais il n'y a pas de surpoids dans ma famille et j'ai tendance à moins manger quand je suis stressée ; en fait j'ai toujours trouvé cela naturel jusqu'à ce qu'on me le fasse remarquer avec insistance, certains se demandant même si je n'avais pas des tendances anorexiques ! Mais j'ai d'autres complexes et avec l'âge je pense qu'il faut "tendre" à s'accepter ; surtout que d'autres problèmes apparaissent (douleurs, réduction de la mobilité, etc...) et l'apparence finit par passer au second plan.
RÉPONDRE
christineIl y a 4 mois
Nous aurions du faire de même, je suis issue d'une fratrie de 4 filles et 1 garçon. ces photos me parlent énormément.
RÉPONDRE
GaranceIl y a 4 mois
J'avais déjà vu ces photographies, elles me parlent également, alors que je n'ai qu'un frère. J'aime regarder le visage de chacune en me demandant quel caractère elle a, quel rapport elle entretient avec les autres soeurs, avec laquelle de la famille elle s'entend le mieux... Mais il y a aussi quelque chose d'un peu angoissant dans ces photos, qui mettent en relief le passage du temps, je ne peux m'empêcher de me dire qu'un jour, tout le monde ne sera plus sur la photo, justement.
Sinon, pour la prise de poids : je me sens concernée par tes propos, j'ai 43 ans, et j'ai longtemps été très mince, et même maigre. Et j'ai pris ces dernières années en arrêtant la course à pied en raison de blessures 8kg. Je suis toute petite, autant dire que cela se voit... En fait, après m'être désolée, je suis dans une phase d'acceptation, et je me dis que cela fait finalement partie de la vie, que la silhouette change. (Ou pas, ça dépend des gens, bien sûr.)
RÉPONDRE
lilaIl y a 4 mois
Tiens, de mon côté je préfère les femmes qui murissent en prenant un peu de poids justement, je trouve que ça lisse les traits, rajeunit, etc ;)
RÉPONDRE
isabelleIl y a 4 mois
Bonjour,
ce qui me frappe dans l'évolution de ces dames, bien plus que les rides ou la corpulence, c'est la dureté des expressions. Bien sûr, je ne connais ni leurs joies ni leurs peines mais franchement, cela me fait peur. Ces expressions dures, parfois mesquines, souvent amères (et je ne parle pas des rides) je les retrouve chez nombre de mes contemporaines (j'ai 63 ans). Quand je souris à quelqu'un dans la rue, c'est toujours à des personnes jeunes qui ont une ombre de douceur et de gaieté dans le regard. Moi aussi, je surveille mon poids (névrose...) mais surtout j'espère échapper à ce nimbe d'avidité et d'amertume. Mais pas pour le remplacer par la béatitude new age !
RÉPONDRE
Il y a 4 mois
Je pense que la "dureté" des expressions qui tu ressens, isabelle, est peut être (?) donnée par le parti pris d'éclairer les visages de façon "brute" (le noir et blanc accentue beaucoup les contrastes), sans aucun artifice, sans chercher à adoucir les traits et les contours. Il est manifeste que nous avons vraiment perdus l'habitude de regarder des photos non retouchées .... Ce qui est étonnant, c'est la façon dont nous percevons les autres: est ce par rapport à l'image que nous nous faisons de nous même (??), je ne sais pas. Je me rends compte que je souris d'instinct beaucoup plus souvent à des personnes plus âgées, voire très âgées, et le sourire systématique qu'ils me rendent en retour est toujours d'une telle luminosité!
RÉPONDRE
CesomuIl y a 4 mois
C'est dingue la façon que chacun a de percevoir ca ... je connaissais deja ces photos.je ne pensais pas les revoir. Je suis comme Garance qd elle dit que certains manqueront a l appel un jour...c' est plus cet inéluctable qui me fait mal que le fait des kilos en plus ou en moins(souvent en plus ,c'est un peu physiologique). Et voila j'ai donc pleure a nouveau ....Lise et Julien vous n êtes pas raisonnable 😥 ces photos et l 'idée conductrice sont géniales
RÉPONDRE
Lise (TDM)Il y a 4 mois
;)
RÉPONDRE
V.Il y a 4 mois
Je suis pas spécialement fan de la série de photos, mais j'aime beaucoup lire ton regard là dessus, et sur le temps qui passe
RÉPONDRE
EmaIl y a 4 mois
Celle toute à gauche vieillit hyper harmonieusement. Celle à côté et d’emblée très mince, ses traits se durcissent. La jeune femme blonde - rousse a une peau qui s’empâte très vite, comme celle toute à droite dès sa prise de poids.
Ne pas trop maigrir ni grossir, la seule issue !
RÉPONDRE
Il y a 4 mois
Depuis 32 ans une fois par an, un de mes oncles nous photographiait, mes soeurs et moi, de façon similaire ( chacune a la même place sur la photo). A sa disparition il y a 3 ans ma tante a repris le flambeau. Lise, J'ai trouvé ton analyse et ta vision du temps qui passe, touchante, très intéressante, de même les commentaires. La seule chose qui compte dans notre fratrie et je m'y associe pleinement, c'est de nous maintenir en santé, de conserver notre curiosité du monde, notre attention aux autres. le temps qui passe façonne nos âmes, nos corps et nos visages n'en sont que le reflet. Pour nous peu importe les rides, peu importe l'apparence: cette photo annuelle qui fixe les transformations issues du temps qui passe, nous révèle notre impermanence. Elle est notre force, elle nous rend invincibles...ou du moins, nous en donne l'illusion.
RÉPONDRE
ElsaIl y a 4 mois
Je connaissais cette série et je la trouve magnifique. À vrai dire je ne m'étais pas tellement fait la réflexion autour du poids... en fait, j'avais plus peur qu'à un moment l'une d'elles puisse manquer à l'appel. Et aussi je trouve merveilleux ce rendez-vous de chaque année qui a été tenu si longtemps.
Oui les rides sont là, évidemment, ces femmes changent.
Ce qui est superbe c'est qu'il est possible de percevoir au travers des photos cette fameuse évolution. Constante, graduelle.
Je pourrais rester des heures à observer cette série, faire des allers retours, me concentrer sur l'une, puis l'autre, puis sur le groupe, etc.
RÉPONDRE
ColineIl y a 4 mois
Quelle belle découverte ! Je trouve cette série de photos sublime et réellement touchante. Personnellement, ce qui m'émeut le plus c'est de voir cette fratrie (sororel?!) réunie chaque année, sans que les différends ne les séparent... Au moins le temps d'une photo. Ce qui est impensable pour d'autres.
RÉPONDRE
Corine Il y a 4 mois
Oooh quelle découverte passionnante et émouvante merci je ne connaissais pas ... et ça me touche certainement parce que j'arrive au bout de la chaîne ... c'est à la fois beau et tellement dur ce temps qui passe !!
Et tes mots sont si sincères mais si douloureux pour toutes celles chez qui le surpoids est difficile à vivre ! J'en suis un peu épargnée même si mon bidon n'est plus aussi conciliant qu'avant ... mais je ne fais aucun sport alors tant pis pour moi et étant plutôt grande et élancée je fais illusion ... la génétique et les hormones et le mode de vie et les maladies voire leurs traitements sont parfois terriblement assassins !!
Et puis les rides et surtout le relâchement cutané on s'en passerait bien aussi ... je vais filer cliquer sur le lien que tu donnes merci encore !!
RÉPONDRE
CarolineIl y a 4 mois
J'ai également 3 soeurs, mais on a des physiques tellement différents (même si nos visages ont des traits communs) que je doute que ce type de photos marcheraient bien pour nous... Ce qui me frappe ici, c'est à quel point les soeurs se ressemblent et se confondent.
Je trouve cette série très belle parce que les regards sont un peu durs, justement, sans complaisance. Les soeurs ne cherchent pas à plaire. Personnellement, ma peur de vieillir est liée à ma peur de voir ma peau se flétrir, surtout que tout le monde a l'air jeune, voire très jeune dans ma famille...
RÉPONDRE
TitiIl y a 4 mois
👋
Merci pour ce magnifique article
J’ai 4 sœurs, je ne les vois pas souvent le travail nous menant de régions en régions mais les aime de tout mon cœur ...
Je penserai autrement quand je les prendrai en photo
🙏
RÉPONDRE
DirtyraphyIl y a 4 mois
C’est inspirant de voir comme la soeur qui apparaît en seconde en partant de la gauche sur les clichés à toujours eut et conservée ce côté STRONG/SOFT !!
de la photographie la représentant au plus jeune âge jusqu’au derniers présenté elle dégage une force et une identité qui semble être versatile mais de plus en plus marquée et personnelle au fur et à mesure du temps.
Merci pour l’article ;)
RÉPONDRE
GaranceIl y a 4 mois
J'aime aussi beaucoup son expression, je crois qu'elle provient essentiellement de l'intensité de son regard.
RÉPONDRE
L'autre LéaIl y a 4 mois
Cette série de photos est belle, à n'en pas douter, mais elle me donne une sorte de vertige. Comme disent Garance et Cesomu, il y a cette crainte de voir apparaître un vide en faisant défiler les photos...

Ce que tu écris sur la prise de poids liée à la vieillesse comme un décrochage me rappelle ce que Géraldine Dormoy avait écrit dans sa série d'articles sur son cancer : qu'elle s'accommodait très bien de n'avoir plus qu'un sein, du moment qu'elle restait mince. ça m'avait marqué, cette réflexion franche sur l'importance de la sveltesse dans l'image de soi.
(ce n'est pas un reproche vis- vis de Géraldine ou toi Lise, évidemment ! je trouve ça honnête de réfléchir à la texture de son regard)
RÉPONDRE
miss agnesIl y a 4 mois
Merci de nous partager cette magnifique série. Il y a tellement d'expressions dans ces regards et ces attitudes, et on sent le souci qu'elles ont les unes des autres.

Garder une ligne mince et une silhouette élancée est une préoccupation très française, et nous sommes marquées par ces normes qui n'existent pas dans d'autres pays. J'avoue que moi aussi, je considérais cela comme très important, mais à 50 ans, je dois me rendre à l'évidence. Mon corps n'est plus le même, je mange sainement sans me priver, et je ne suis pas sportive. Je pourrais certainement perdre quelques kilos avec un peu d'effort, mais pour quoi faire? Avec l'âge viennent aussi de nouveaux schémas de pensée, et les choses qui étaient si importantes avant ne le sont plus. Alors ne t'inquiète pas trop de ta future silhouette. Que Sera, Sera...
RÉPONDRE
AdèleIl y a 4 mois
Je ne connaissais pas cette série de photos, je la trouve fascinante, très émouvante aussi. Merci Lise pour la découverte !
RÉPONDRE
anneIl y a 4 mois
Vertige en regardant ces photos, comme si le temps filait beaucoup trop vite, car on découvre les quatre soeurs, sur 50 années , en 1 minutes... Ce vertige nous renvoie surement chacune a nos peurs, moi ce n'est pas au poids ou aux rides ( bien que ca ne soit pas tres loin!), mais plutot au fait de sentir ma vie bien remplie, et à la peur de ne pas le faire, ou de ne pas assez en profiter :)
RÉPONDRE
Ajoutez votre commentaire
Code anti-spam : veuillez recopiez le code numérique ci-dessus
POSTER
Instagram @tendancesdemode