6 manteaux tendance pour l'automne/hiver 2026-2027
Et si un manteau pouvait changer bien plus que notre allure ? Certains vêtements ont ce pouvoir étrange de réveiller des désirs enfouis, de nous inventer de nouvelles habitudes et de nous rapprocher un peu plus de celle que l'on rêve d'être. Voici six manteaux qui m'ont donné envie de vivre mille autres vies.

Manteau matelassé à carreaux
Parfait ersatz du plaid matelassé que mes parents gardaient à l'arrière de leur 2CV jaune, m'aurait été bien utile pour savourer mes flat whites en terrasse à Toronto, lorsque le thermomètre daignait enfin grimper au-dessus de 0 °C.
Avec sa texture délicieusement régressive et sa dégaine chaleureusement automnale, il me permettrait aujourd'hui de transformer en une parenthèse moelleuse n'importe quel petit déjeuner pris à l'une des minuscules tables rondes du café de Colares.
Oubliés alors le froid qui gèle les fesses, l'humidité perfide de l'air marin et le vent qui s'infiltre à travers le coton trop fin d'un trench. Blottie dans son rembourrage discret, enveloppée de ses carreaux façon gentleman farmer, je serais prête à écrire des heures en plein air, et ce, sans même avoir besoin de mitaines.
Et pour allier l'utile à l'esthétique, je m'amuserais à glisser dessous , à enfiler roulotté sur les chevilles et de qui tiendraient mes malléoles bien au chaud, puis à chausser .

Duffle-coat noir
J'aimerais avoir ce manteau en trois exemplaires. Un pour moi, un pour Camille et un pour Margot, mes deux meilleures amies du lycée.
À la nuit tombée, nous les enfilerions pour nous échapper en catimini de notre pension, nichée dans le Vieux-Lille. Nous nous faufilerions dans les rues pavées jusqu'au parc de la Citadelle, où nous irions lire, à l'abri d'un rempart, nos vers favoris. Sûrement ceux de Rostand pour moi, peut-être Éluard pour Camille. Et pour Margot ? Je ne sais pas.
En dessous, nous aurions gardé nos et nos . Nos refléteraient l'éclat des phares des rares voitures croisées en chemin. Dans ces duffle-coats intemporels, nous essaierions de revivre chaque nuit les aventures des élèves de Mr Keating.
Au petit jour, nous rentrerions, serrant les pans du duffle-coat croisé sur notre poitrine, grignotant la baguette encore brûlante offerte par le boulanger venant de terminer sa fournée de 4h45. Chaudement encapuchonnées, nous laisserions peu à peu la folie nocturne s'évaporer.
Ces duffle-coats seraient alors chargés de myriades d'émotions qui les rendraient plus précieux que n'importe quel 20/20 en littérature.
Plus tard, devenue adulte, je continuerais à porter le mien avec un , une jupe midi plissée métallisée et une …

Parka kaki
Les excuses viennent facilement lorsqu'il s'agit d'éviter de sortir le bout du nez dehors : une brume persistante nous tient à distance des sentiers qui longent les champs normands, des bourrasques intempestives nous convainquent de ne pas aller rendre visite aux chênes de la forêt voisine, le froid mordant nous incite à renoncer à la cueillette des champignons.
En ville, les mêmes excuses nous éloignent des parcs, des dix minutes de marche jusqu'à la bibliothèque municipale, de la promenade du dimanche matin dans les rues encore endormies autour de l'école des Beaux-Arts… Or, toutes ces occasions manquées sont autant de petites aventures avortées, autant de possibilités perdues de se frotter au merveilleux de l'inconnu.
Alors qu'il suffirait d'une armure souple et facile à enfiler pour balayer tous ces prétextes et nous ouvrir les portes de la magie des jours pluvieux.
Je pense que si je possédais cette parka, elle ferait disparaître bien des hésitations, que ce soit ici, au bord de l'Atlantique, ou lors d'escapades ailleurs en Europe. Sa longueur rassurante, son col généreux, sa légèreté et sa douceur ouatée en feraient la fidèle compagne de mes escapades.
Elle me donnerait par ailleurs presque envie de renouer avec l'une des silhouettes de ma vingtaine : , et .

Long pardessus duveteux
Vêtue de ce long manteau kaki, je roulotterais tous mes pantalons sur les chevilles, investirais dans des chaussettes rouges en cachemire, relirais tout Jack London et garnirais ma trousse de nouveaux crayons de bois. Je me ferais une frange que je laisserais dépasser d'un bonnet violet.
Il me donnerait le courage d'aller démarcher les galeries, mon book sous le bras, et l'audace de porter plus souvent des robes dont la légèreté créerait un contraste romantique avec sa laine vierge. J'oserais même pousser la porte de la boulangerie du village pour croquer dans ces croissants alvéolés dont tous raffolent.
Il réveillerait aussi sûrement en moi l'envie de fumer une cigarette (ce que je ne ferais pas), mais aussi celle de m'installer dehors avec mon fils pour regarder Les Quatre Cents Coups sur mon ordinateur portable.
Il me donnerait envie de redevenir Parisienne.

Veste d'hiver
Dans , je deviendrais cette femme qui n'a jamais froid, qui préfère transporter un parapluie plutôt que d'investir dans un imperméable et qui est capable de porter la même veste 365 jours par an, jusqu'à ce que celle-ci se mue en une véritable seconde peau.
À son contact, j'acquerrais une science innée du layering. Je saurais chaque matin quoi glisser dessous pour exprimer mon humeur du jour : deux chemises superposées (voir et ), un K-Way bordeaux associé à un tee-shirt vintage beige ou encore un gilet en cachemire à capuche sur une . Il me rendrait systématiquement imparfaitement irréprochable.
Il m'aiderait aussi à choisir la bonne vaisselle dépareillée aux puces de Vanves, le bon architecte d'intérieur pour agencer mon atelier, la bonne réflexologue pour détendre mes chevilles, le bon vin pour recevoir à dîner des voisins fortunés, le bon sourire pour signifier « Je n'ai pas envie de prendre un café avec vous » ou encore la bonne boutique vintage où dénicher le foulard susceptible de booster mon aura façon Céline…
Les jours de déprime, il me suffirait de glisser les mains dans ses poches pour y trouver un trésor oublié (Carambar, pirate Playmobil, pendentif perdu, échantillon de parfum « Very Valentino »...) susceptible de changer la couleur de ma journée.

Manteau oversize marron
me donne envie d'apprendre à mettre du rouge à lèvres, de reprendre des cours de piano, de partir vivre à Copenhague, de dénicher une paire de bottes en cuir montant très haut sur le mollet et de porter des vêtements très légers pour le seul plaisir de me réchauffer au creux de sa laine chocolat.
Peut-être même de jeter tous mes jeans pour devenir une élégante du XIXe siècle qui ne posséderait que des robes lilas, jaune pâle, vert d'eau… Ne plus vivre qu'en robe. Une folie que son ampleur quasi masculine m'autoriserait.
Sa ceinture nouée bas, sa longueur enveloppante et son lainage gratté auraient quelque chose de délicieusement protecteur. Je pourrais le porter grand ouvert, laissant s'en échapper les plis d'une mousseline vaporeuse, ou le boutonner jusqu'au cou pour affronter les bourrasques d'un hiver danois. Il aurait cette autorité tranquille des vêtements un peu sévères qui, paradoxalement, autorisent toutes les fantaisies.
Il me donnerait également envie de m'essayer au chignon plaqué des danseuses, de me faire percer les oreilles et de manger des chouquettes.
Par Lise Huret, le 19 octobre 2026
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