Shopping : les erreurs que je ne fais plus
Après des années d'errance, de tergiversations stériles, d'actes déraisonnés, de démoralisations ponctuelles et d'erreurs de jugement, le shopping est enfin devenu pour moi une activité si ce n'est agréable, tout du moins non crispante, et ce grâce à quelques prises de conscience salutaires. En voici la liste…

2 - Une robe peut être charmante, une jupe parfaitement coupée, un pantalon enthousiasmant. Mais si aucune paire de chaussures de notre placard ne fonctionne avec eux, l'affaire se complique. Avant d'acheter une pièce, je me demande donc de plus en plus : avec quelles chaussures vais-je la porter ? Si la réponse implique l'achat d'une paire supplémentaire, je sais que je suis probablement en train de me compliquer inutilement la vie.
3 - Si l'on n'est pas capable dans la cabine d'essayage d'associer mentalement la pièce que l'on vient d'enfiler à au moins deux ou trois éléments de sa garde-robe, mieux vaut ne pas passer à la caisse…
4 - Les tailles ne voulant rien dire, il est inutile de se crisper à la vue d'un chiffre plus élevé que celui correspondant d'ordinaire à notre IMC (ou de se réjouir de rentrer dans un S chez COS). Chaque griffe possède son propre tableau de gradation ; un 36 chez l'un peut ainsi correspondre à un 40 chez l'autre et inversement. On décide donc de s'en moquer et de prendre la pièce qui nous sied le mieux. Il faut par ailleurs savoir comment on aime porter ses vêtements et s'amuser avec les différences de volumes qu'offre un large panel de tailles. Un jean droit pris deux ou trois tailles au-dessus fera ainsi un super baggy, un pull aura parfois plus de chien en XL qu'en M, tandis qu'une chemise d'homme choisie en XS pourra sans mal s'intégrer à notre garde-robe. Bref, les tailles ne sont qu'un indicateur permettant de classer les vêtements entre eux et ne sont en rien un élément potentiellement démoralisateur.
5 - Pour la santé de nos finances, mieux vaut éviter d'effectuer un achat en appelant un autre : "Cette jupe est bien coupée, mais elle est peu trop chic, il va me falloir une nouvelle paire de baskets pour l'accompagner" ou encore "Ce blazer est canon, mais il le sera encore plus avec une chemise en jean (j'en ai d'ailleurs vu une très sympa dans la boutique en face...)".
6 - Ne pas acheter une pièce simplement parce qu'elle "change". L'ennui vestimentaire est mauvais conseiller. Sous son influence, on peut ainsi se retrouver à acheter une couleur qui ne nous va pas, une coupe qui ne nous ressemble pas ou un imprimé qui nous donne la migraine en moins de cinq minutes, simplement parce que "cela change". Or, changer pour changer n'a pas grand intérêt. Parfois, ce qui renouvelle vraiment une garde-robe n'est pas une pièce radicalement différente de celles que l'on porte déjà, mais une version plus aboutie de ce que l'on aime : un bleu légèrement plus profond, une jupe mieux coupée, une maille plus belle, un pantalon au volume un peu plus actuel.
7 - Si le port d'un vêtement nécessite de rentrer le ventre, d'arrêter de respirer, de réduire l'amplitude de nos mouvements ou de modifier notre démarche, mieux vaut passer notre chemin. Combien de fois ai-je en effet pu voir une toilette griffée perdre tout son fashion appeal parce que celle-ci tétanisait celle qui la portait ?
8 - On essaye souvent les vêtements de face, comme si nous vivions face à un miroir. Or, une silhouette se vit en 3D : une robe magnifique de face peut s'avérer banale de dos, un pantalon flatteur devant peut écraser les fesses, une veste peut fonctionner vue de face tout en faisant un faux pli disgracieux au niveau de la fente du dos. Je trouve donc utile de prendre quelques secondes pour observer une pièce sous différents angles. Une bonne cabine d'essayage devrait d'ailleurs toujours posséder au moins trois miroirs…
9 - La valse des tendances entraîne chaque saison dans son sillage de nouvelles teintes dites "trendy". Séduisantes sur les podiums, ces dernières gagnent rapidement les rayons de la fast fashion. Oui mais voilà, il y a probablement une raison si vous ne possédez pas encore de vert d'eau, d'orange ou de jaune pâle dans votre garde-robe. Peut-être tout simplement parce que ces teintes ne fonctionnent ni avec votre teint, ni avec votre style, ni avec les autres coloris présents dans votre dressing. Attention à ne pas succomber à une fantaisie chromatique sous prétexte que celle-ci est dans l'air du temps…
10 - Chacune possède ses intolérances vestimentaires : les manches qui serrent, les cols trop hauts, les tailles élastiquées, les boutons qui tirent, les tissus qui froissent, les ceintures à replacer, les encolures qui bâillent, les robes qui exigent un soutien-gorge particulier. Ces petits agacements ne disparaissent jamais vraiment après l'achat. Au contraire, ils prennent de l'ampleur à l'usage. Si un détail nous irrite déjà en cabine, il y a peu de chances qu'il cesse miraculeusement de nous déranger une fois à la maison.
11 - J'ai fini par comprendre qu'il était stérile d'acheter un vêtement afin de plaire à quelqu'un d'autre - mari, copines, collègues, voisins, prof… - plutôt qu'à soi-même. Se focaliser sur celle que l'on désire profondément être est selon moi le meilleur moyen de ne pas être déçue par un achat… Et, au final, se révéler plus séduisante que jamais.
Par Lise Huret, le 18 mai 2026
Suivez-nous sur , , et






Je me suis bien reconnue dans la santé de mes finances et l'achat d'une fringue "parce que ça change" : dans le passé, je me suis vue acheter le même jean en 5 coloris "pour être tranquille"... et au final n'en porter que deux parce que les autres coloris ne convenaient finalement pas à mon style.
De même que je suis en recherche active de veste/blazer toutes saisons : je peux en essayer une dizaine en une journée et repartir les mains vides parce que le "coup de foudre" n'a pas eu lieu. J'ai au moins appris à mesurer mes besoins et à mieux maîtriser mes achats avec le temps :)