Mode

mer 23 jan 2008

Défilé Givenchy - Haute Couture, Printemps-Eté 2008

23 01 2008

Chez Tisci, point d'ornementation superflue ou d'exagération stérile, sa haute couture est aussi précise, pointue et portable que son prêt-à-porter. De par le génie qui est le sien, mêlant rigueur calviniste et fantaisie créative, il nous offre un vestiaire en négatif, où costumes révolutionnaires et toilettes issues du Directoire s'entremêlent de la manière la plus moderne qui soit…

Défilé Givenchy - Haute Couture, Printemps-Eté 2008

Du noir, du blanc, une pointe de rouge… Ricardo Tisci, comme à son habitude, dessine dans une palette chromatique minimaliste un discours fort, marquant et envoûtant. Si les premières silhouettes toutes de noir vêtues nous immergent dans l'univers gothique qu'affectionne le créateur, la justesse des coupes et leur intelligence novatrice ont tôt fait de laisser les effluves goth' au second plan.

Redingote corsetée, veste à la hussarde, gilet masculin et volutes aux revers de dentelles se mélangent ainsi, afin de créer un ensemble dont la rigidité première se révèle néanmoins sexy. Les cols amidonnés effleurent le menton, les lavallières se délient, tandis que le sarouel de la collection prêt-à-porter vole par intermittence la vedette au slim de cuir fuselé, le tout formant un néo-costume, entre pudeur protestante et faune urbaine...

La première partie qui - si l'on suit les références historiques de Tisci - s'inscrirait dans l'ère post-1789, laisse place à une suite logique, où les tenues plus féminines semblent issues d'une gravure de Heideloff, illustrateur prisé de la période du Directoire. Robes fines et transparentes, absence de corset et plumages sont autant de codes qui furent chers aux jeunes gens sortant de la révolution. Roberto Tisci semble s'en être gorgé afin de les retranscrire à sa manière, entre concept et détails.

Fraises détournées, plumes emprisonnées sous des cloches de voile translucide, taille empire… Un véritable origami de références et de matières compose une deuxième partie très couture, tout en restant lisible.

Certes Tisci fait du Tisci, mais en usant d'une telle grâce, d'un tel sens de la ligne et d'une telle liberté que nous ne pouvons que souhaiter que son nom reste encore longtemps associé à celui de Givenchy.

Par Coco dans Les Défilés -

Articles Similaires :

6 commentaires à Défilé Givenchy - Haute Couture, Printemps-Eté 2008

23/01/2008
Mazelle (13:32)

Article bien rédigé :)
L'idée de goth' décalé me plait ^^ Par contre le mannequin du milieu devrait manger un peu

23/01/2008
strossus (19:35)

je la trouve pas plus maigre que celle de gauche si on regarde les jambes et les bras avec plus details

23/01/2008
claire (21:31)

je trouve que celle de gauche paraït encore plus maigre avec cette couleur noire ça la rend squelettique.... bouh

24/01/2008
anna (09:30)

j'adore la silhouette de maria carla. Merci pour l'article

24/01/2008
strossus (17:44)

c'est laquelle? (excuse mon ignorance ^^)

25/01/2008
joli félin (19:03)

Malgré toute les qualités de la collection, ce noir à profusion au debut de la collection devient ennuyeux, et certains modeles ressemblent beaucoup à ce que Tisci nous avait déjà proposé dans une de ses précédentes collections.
Même s'il semble avoir trouvé ses marques au sein de la maison Givenchy je ne peux m'empêcher d'être un peu déçu par ce défilé.

Ajouter un commentaire

  • Si vous recherchez un conseil, posez votre question dans la section Les Conseils de Coco
  • Attention à l'orthographe ! Les commentaires écrits en style SMS seront supprimés.